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    Ndiouga Sakho (Parti démocratique sénégalais): «A.Wade incarne le renouveau»

    Ndiouga Sakho est membre du comité directeur du PDS, le Parti démocratique sénégalais. RFI/Guillaume Thibault

    Mais qu'est ce qui fait encore courir Abdoulaye Wade ? À 91 ans, l'ancien chef de l'Etat sénégalais repart à la bataille, comme tête de liste d'une coalition de l'opposition aux législatives à un tour de dimanche prochain. Mais Abdoulaye Wade remonte-t-il au front pour lui-même ou pour son fils, actuellement retiré au Qatar? Ndiouga Sakho est membre du comité directeur du PDS, le Parti démocratique sénégalais, que préside Abdoulaye Wade. En duplex de Dakar, il répond aux questions de RFI.

    RFI : Sur l’une de vos affiches de campagne, on voit la tête d’Abdoulaye Wade à côté du slogan « Pour un Sénégal debout et un indépendant », pas un mot sur l’économie. Est-ce à dire que sur le terrain de l’économie le président Macky Sall a réussi ?

    Ndiouga Sakho : Vous n’avez peut-être pas dû voir les autres affiches où l’on parle d’économie et d’emploi, surtout d’emploi, et de la demande sociale. Vous savez que maître Wade est un grand économiste et donc il constate qu’aujourd’hui Macky Sall est en train de suivre un peu le train des infrastructures que Wade avait initiées, en oubliant – en laissant de côté – toute la partie demande sociale et l’emploi, surtout l’emploi des jeunes, et donc il faut absolument une relance en termes d’emploi.

    Il y a pourtant ce plan Sénégal émergent et ces nombreuses contributions des bailleurs de fonds ?

    Les inspections de Bretton Woods ne sont pas d’accord sur certains choix économiques. Je vous donne un seul exemple, c’est le TER qui nous coûte 568 milliards pour faire un train pour desservir l’aéroport de Diass, ou Blaise Diagne, si vous voulez, alors que tout le monde ne prend pas l’avion. Donc il y a des choix qui sont incompréhensibles, alors qu’il y a des attentes dans beaucoup d’autres secteurs : le tourisme, la pêche, l’agriculture aujourd’hui qui est en panne.

    Il y a deux mois, vous avez tenté de monter une liste commune avec le mouvement du maire de Dakar Khalifa Sall qui est actuellement en prison, mais les négociations ont échoué. Pourquoi ?

    Ce qui se passe, c’est que son groupe a considéré qu’il était opportun qu’il soit tête de liste. Je rappelle que monsieur Khalifa Ababacar Sall est quand même encore membre du Parti socialiste, qui officiellement est supposé être dans la coalition de Macky Sall. Alors c’est quand même incompréhensible que l’opposition soit dirigée encore par un représentant d’un parti au pouvoir. Quand bien même Khalifa Sall n’est pas en odeur de sainteté avec son parti, c’est quand même assez troublant qu’il soit quand même tête de liste de l’opposition.

    C’est vrai que vous vous êtes disputés – Abdoulaye Wade et Khalifa Sall – la tête de liste de cette éventuelle liste commune, mais est-ce que ça n’apparaît pas comme une querelle d’ego ?

    Je ne pense pas que ce soit la bonne formule. Il n’y a pas de dispute entre Abdoulaye Wade et Khalifa Sall. Si Khalifa Sall pouvait imaginer une seconde qu’Abdoulaye Wade allait diriger cette liste, il allait – j’en suis certain – se ranger. Mais il pensait que c’est Oumar Sarre qui devait diriger la liste. Alors que l’un ou l’autre peu importe, pour nous le Parti démocratique sénégalais est quand même la première force politique d’opposition du Sénégal.

    En fait, vous trouvez que Khalifa Sall et ses partisans ont été trop gourmands ?

    A mon sens.

    Khalifa Sall est un socialiste, Abdoulaye Wade et vous êtes des libéraux. Qu’est-ce qu’il y a de commun entre vous ?

    Ce qu’il y a de commun c’est qu’il faut absolument que l’Etat sénégalais soit un Etat de droit. Khalifa Sall a été arrêté arbitrairement, tout le monde l’a constaté. Hier, c’était Karim Wade avec un tribunal, une juridiction que personne ne connaît, qui ne respecte pas les fondamentaux du droit avec le renversement des charges de la preuve, etc.

    Vous êtes ensemble, mais vous ne faites pas liste commune. Si vous partez en ordre dispersé, est-ce que vous n’êtes pas certain de perdre face à la majorité présidentielle de Macky Sall ?

    Je suis convaincu que vous avez suivi un peu tout ce qui s’est passé depuis le retour de Wade au Sénégal. Il y a une effervescence extraordinaire parce que Wade aujourd’hui suscite, inspire quelque chose. Il y a un déclic. Et j’ai bien apprécié ces derniers jours la sortie de du journaliste Adama Gaye, qui n’est quand même pas un des grands amis de Wade et qui dit qu’aujourd’hui le vote utile c’est Abdoulaye Wade. Parce qu’il incarne le renouveau. C’est quand même paradoxal, mais c’est cela. L’alternative, aujourd’hui, c’est Abdoulaye Wade.

    Vous parlez de renouveau, mais dans votre parti certaines voix étaient contre le retour d’Abdoulaye Wade sur la scène politique. Et ils disaient : « A 91 ans il devrait laisser la place aux jeunes ».

    Mais lesquels ? Vous avez dû comprendre que ce qu’ils disent aujourd’hui ils ne sont plus avec nous. Ils sont dans les partis-satellites autour de Macky Sall. Et la plupart de ces partis satellites ont été créés pour la circonstance pour ce combat-là.

    Mais franchement, est-ce qu’à 91 ans on n’a pas le droit de couler une retraite heureuse ?

    Vous avez parfaitement qu’Abdoulaye Wade veut qu’il y ait une nouvelle donne. Et la nouvelle donne c’est nous. Je vais vous raconter une anecdote qui est très intime. Il m’a raconté dernièrement à Versailles qu’un jour il est venu voir son père et il l’a trouvé en train de travailler à 90 ans, quelque part dans la maison. Il a dit : « Mais papa, tu ne peux pas te reposer ? Je vais t’acheter une maison, comme ça tu vas arrêter ces petits travaux ». Il lui dit : « Abdoulaye, tu veux que je meure ? ». « Mais papa, pourquoi tu me dis ça ? ». Il dit : « Mais moi si j’arrête de travailler je vais mourir ». Abdoulaye Wade ne peut pas arrêter de travailler pour la bonne cause.

    Alors vous dites que la nouvelle donne c’est vous, mais en attendant c’est lui la tête de liste. Il est certain d’être élu député. Pourquoi combat-il toujours à son âge ? Est-ce le signe finalement qu’il ne veut pas confier le parti à quelqu’un d’autre que lui-même ?

    Rien de tout cela, mais c’est extraordinaire ce qui se passe quand Abdoulaye Wade se déplace dans ce pays. Il a fait toute la verte Casamance, mais les gens l’ont suivi comme pas possible. Que voulez-vous y faire ? Il incarne l’espoir.

    Alors si Karim Wade était rentré de son exil au Qatar et avait pu se présenter à ces législatives, est-ce que son père serait revenu sur la scène politique ?

    Je ne le crois pas. Karim Wade aurait pu être notre tête de liste. Mais vous avez compris les contraintes dans lesquelles nous sommes. Il est exilé, c’est vous-même qui avez utilisé le terme. Ce qui fait que s’il était là il aurait pu être tête de liste. Mais notre candidat n’est pas là. Que voulez-vous y faire ?

    Donc Abdoulaye Wade est revenu sur la scène parce que Karim Wade ne pouvait pas y être ?

    Non. Abdoulaye Wade est revenu sur la scène parce qu’il incarne l’espoir, je vous l’ai dit et je le redis.

    Oui, mais vous confirmez que si Karim Wade avait pu se présenter à ces élections son père ne serait pas revenu sur la scène politique.

    Je préfère que vous disiez : si votre candidat était sur la scène, Abdoulaye Wade n’aurait pas eu besoin de revenir. Mais notre candidat a été exilé.

    Quand vous parlez de votre candidat, c’est Karim Wade ?

    Absolument. Tout à fait.

    Donc ce que l’on peut dire c’est que si Abdoulaye Wade est tête de liste c’est pour ne laisser à personne d’autre au PDS le soin d’être tête de liste en l’absence de Karim Wade ?

    Non, non. C’est qu’Abdoulaye Wade est capable de mobiliser comme personne. Regardez Pape Diop qui était président de l’Assemblée nationale et du Sénat après. Aujourd’hui, il s’est rangé derrière Abdoulaye Wade. Abdoulaye Wade fait le consensus.

    Si vous faites un faible score dimanche prochain, est-ce que cela ne va pas compromettre la carrière à venir de Karim Wade ?

    Je pense que c’est inimaginable que nous puissions faire un faible score. Par contre, nous avons des inquiétudes parce que le processus électoral depuis le début pose problème. D’abord le ministre de l’Intérieur qui est juge et partie. Du temps de Diouf, on avait un militaire qui était un général qui n’était pas engagé dans un parti. Aujourd’hui, vous avez vu le processus des inscriptions, il y a eu des transferts, des bureaux fictifs, des commissions qu’on appelle itinérantes ou mobiles. Donc il y a une confusion des règles du jeu. Aujourd’hui, c’est la pagaille complète dans la distribution. Personne n’a sa carte. Alors ce qui nous inquiète le plus, c’est que les zones qui sont supposées ne pas être des bastions du parti au pouvoir, les électeurs n’y accèdent pas, ne disposent pas de leur carte. Ça, c’est un souci majeur et nous avons peur pour la suite. C’est pourquoi le président Wade a appelé à une grande manifestation pour rien d’autre que de réclamer nos cartes d’électeur pour pouvoir voter sereinement.

    Dimanche prochain, ce sera le dernier combat d’Abdoulaye Wade ?

    Vous savez, comme je vous ai dit avec l’anecdote de tout à l’heure, Abdoulaye Wade, son dernier combat ce sera peut-être le jour où il sera rappelé à Dieu. Il va se battre jusqu’au bout parce que c’est cela son engagement pour l’Afrique et pour le Sénégal. Il ne renoncera jamais.


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