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    Hubert Mpunga (économiste): «On exporte très peu et on importe trop» en RDC

    Centre-ville de Kinshasa, capitale de la République démocratique du Congo. CC0/Wikipédia

    L'économie de la République démocratique du Congo est en surchauffe. Tous les jours, les prix augmentent et le franc congolais perd de la valeur. Grogne chez les fonctionnaires, les médecins, les députés, les salaires de juillet sont encore en souffrance et la Banque centrale du Congo est dans le rouge, avec une réserve de change de moins de quatre semaines. Cela fait pourtant plus d'un an et demi que le gouvernement a annoncé des mesures urgentes de redressement de l'économie, mais la situation ne fait qu'empirer sur fond de crise politique et de maintien au pouvoir de Joseph Kabila. A cela s'ajoutent les derniers scandales sur la fortune du chef de l'Etat et de sa famille, sur le détournement des recettes minières qui s'amenuisent également à cause de la baisse des cours. Pour en parler, Sonia Rolley reçoit Hubert Mpunga, économiste congolais, consultant pour la coopération britannique et pour des institutions nationales.

    RFI: Pourquoi le Franc congolais perd-il de sa valeur, un petit peu toutes les semaines ?

    Hubert Mpunga: C’est suite à la fébrilité qu’a expérimentée l’économie internationale avec la chute du prix des produits pétroliers sur les marchés ainsi que d’autres ressources naturelles. Les économies qui s’approvisionnaient sur les marchés congolais comme l’Inde, la Chine et le Brésil ayant connu une régression, cela a frappé le marché congolais. On exporte très peu et on importe trop. C’est là où se trouve le problème. On ne reçoit pas assez de recettes des exportations mais on a besoin de beaucoup de devises pour importer.

    La banque centrale congolaise dit aujourd’hui qu’il lui reste moins de quatre semaines de devises pour payer les exportations. C’est une situation qui est dramatique ?

    Moins de quatre semaines, cela signifie que nous sommes maintenant en train de flotter entre deux et trois semaines. La surchauffe continue sur le marché de change. La moyenne autour de laquelle opèrent les différents points de change, tant officiels qu’au marché noir, tournent autour de 1 700 Francs congolais contre le dollar.

    Depuis le mois de juillet l’année passée jusqu’à présent, il y a une chute de 65% de la valeur du Franc congolais. 65% ! Et ça, ce n’est que le marché de change. Donc, le pouvoir d’achat des ménages continue de s’effriter au jour le jour.

    Je viens d’acheter trois oranges, ce matin, pratiquement à un dollar parce que j’ai payé 1 500 francs. Je sors, exprès, un billet de 5 dollars et le donne à la vendeuse. Elle m’emballe les oranges et me donne la différence exacte. Une vendeuse d’oranges dans la rue, informée du taux de change !

    C’est ce qu’on appelle vivre au taux du jour ?

    Effectivement.

    Concrètement, pourquoi ? Est-ce parce que la République démocratique du Congo importe presque tout et que donc, finalement, tout s’achète en dollars. C’est pour cela que les prix augmentent à ce point ?

    Oui. Nous n’exportons, en gros, que les ressources naturelles à l’état brut ou à l’état semi-brut. Donc, la création de la valeur ajoutée sur le marché local était très basse. Nous exportons les grumes pour importer les meubles. Or, quand les grumes partent sur des bateaux et que les meubles reviennent, ces derniers nous coûtent beaucoup plus cher, plus de 1 000% de la valeur des grumes exportées. Nous donnons du travail ailleurs pour multiplier le chômage à l’intérieur du Congo.

    Pourquoi les fonctionnaires sont-ils en colère aujourd’hui et pourquoi reprochent-ils à l’Etat de ne pas mettre à jour le taux de change ?

    Ils sont en colère, primo, à cause de la perte du pouvoir d’achat qu’ils connaissent et est due à la perte de la valeur du Franc congolais. Ensuite, du fait du retard qu’ils connaissent pour être payés et enfin, du fait que l’Etat ne respecte pas la promesse du dernier budget, celle d’appliquer 1 400 Francs congolais au dollar. On le paie toujours autour de 930, 940 Francs congolais.

    Cela veut donc dire qu’ils ont non seulement perdu la moitié de leur pouvoir d’achat en un an mais qu’en plus, ils ne sont même pas payés régulièrement ?

    Non.

    Donc, ils sont en train de se paupériser complètement ?

    Oui. Il faut appliquer et indexer le salaire des fonctionnaires sur le taux d’inflation. C’est celui-ci qui va sauver leur pouvoir d’achat.

    Il y a eu quand même un certain nombre d’enquêtes qui sont sorties, ces dernières semaines, sur la fortune du clan Kabila et sur le détournement ou la disparition de certaines recettes minières. Est-ce que là, il n’y a quand même pas des questions à se poser ?

    Une situation comme ça ne peut pas rester sans questions parce qu’il y a des situations graves. Les gens qui ont détourné au vu et au su de tout le monde et qui font le pied de nez à tout le monde. Cette impunité-là, la corruption et les détournements sont entrés dans la gestion de la chose publique, au Congo, et sont devenus chroniques.

    Pourtant, le gouvernement a annoncé des mesures quand on annonce une lutte contre les détournements, quand on annonce aussi le fait d’essayer, au maximum, de récupérer des recettes à la base. On ne voit pas les effets de tout cela mais au moins, est-ce que les mesures qui sont annoncées sont les bonnes ?

    C’était en janvier, février 2016. Je m’en souviens très bien. Prendre une décision c’est une chose, la mettre en application en est une autre. Il faut que les gens puissent les respecter et les mettre en œuvre.

    Mais alors, qu’est-ce qui va sauver la République démocratique du Congo, à ce stade ?

    Il faut l’assainissement de l’espace politique. C’est l’espace politique et son instabilité qui ont complètement gangréné l’espace économique.


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