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    Giulia Serio (Reach): «La violence à la maison pousse les enfants» à émigrer

    Tripoli, dans les bureaux de l'Autorité de lutte contre l'immigration illégale, le 21 mai 2017. REUTERS/Ismail Zitouny

    Près de 34 000 mineurs non accompagnés sont arrivés, l’an dernier, en Europe. Originaires du Proche-Orient et d’Afrique, ils sont prêts à tout pour quitter leur pays. Mais les motivations des uns et des autres varient d’un pays d’origine à l’autre. Une nouvelle étude tente de comprendre pourquoi des jeunes Africains aboutissent en Europe. Premier constat : c’est un peu par hasard. Parce que contrairement à ce qu’on peut croire, la plupart d’entre eux ne seraient pas déterminés à aller en Europe coûte que coûte. Au contraire, plus de la moitié se contenteraient de s’installer dans un autre pays africain que le leur. C’est l’une des conclusions de Reach, une coalition d’ONG qui se sont associées à l’Unicef pour interroger 750 adolescents africains après leur arrivée en Italie. L’une des auteurs de cette étude, Giulia Serio, répond aux questions de Michel Arseneault.

    RFI: Quel est l’âge des mineurs non accompagnés que vous avez interrogés, en Italie ?

    Giulia Serio: 93% des mineurs ont entre 16 et 17 ans.

    Pourquoi ne pas donner la parole à des enfants qui avaient moins de 16 ans ? On sait qu’ils sont souvent beaucoup plus jeunes.

    Dans ce type d’étude, pour des raisons éthiques, nous n’avons pas impliqué des mineurs qui avaient moins de 15 ans. C’est vrai aussi que la population qui nous intéresse ce sont les 16 et les 17 ans.

    La vaste majorité était donc des Africains. Quels sont les premiers pays concernés ?

    La Gambie, le Nigeria, la Côte d’Ivoire et le Sénégal.

    Pourquoi ne pas avoir parlé à des Erythréens ? On sait que beaucoup de migrants proviennent de la Corne de l’Afrique.

    Les statistiques officielles du gouvernement italien nous montrent qu’ il y a une énorme présence des Erythréens en dehors, surtout en Sicile, mais en fait, pendant les activités de collecte des données, nous n’avons retrouvé que 1% de mineurs de nationalité érythréenne.

    Parce qu’ils ont peur de parler à des gens comme vous ?

    En fait, nous ne les avons pas retrouvés dans les centres d’accueil parce qu’ils sont la deuxième nationalité, pour ce qui est des mineurs, qui ont disparu en Italie.

    75% des enfants disent avoir décidé de faire le voyage de leur propre initiative.

    Oui. Sans prévenir et sans même discuter, les mineurs ne voulaient pas inquiéter leurs parents.

    Si la famille n’est pas au courant, qui paye les passeurs au fil du voyage ?

    La longueur du voyage d’un enfant qui arrivait en Italie, en 2016, était en moyenne d’un an et deux mois. Cette longueur était strictement liée à la nécessité de financer le voyage. Ils s’arrêtaient pendant quelques mois dans des pays en transit pour récupérer l’argent nécessaire.

    Vous voulez dire travailler ?

    Oui. Ils travaillent au fil des mois et ils trouvent des petites occupations pour financer le reste du voyage.

    Près de la moitié des enfants gambiens disent partir parce que leurs parents sont violents avec eux. Est-ce qu’il faut conclure que les familles élargies en Gambie sont plus violentes que dans les pays voisins ?

    On ne peut pas faire ce type de comparaison. En même temps, ces données nous donnent une indication selon laquelle la violence à la maison porte les enfants à s’engager dans des parcours migratoires qui, par la suite, dans certains cas, les amène en Europe.

    En Italie, les mineurs non accompagnés provenant de Guinée, sont, eux, plus politisés. On a le tiers des enfants guinéens qui disent être partis pour des raisons politiques, religieuses ou ethniques, alors que les enfants gambiens, eux, parlent de violences familiales.

    La migration des enfants nés à Conakry est un phénomène plutôt nouveau qui s’est développé vers la fin 2016. Le phénomène était aussi très lié à la situation humanitaire et notamment la crise de l’Ebola qui a beaucoup augmenté la tension au niveau social et ethnique.

    Sur les 750 enfants que vous avez interrogés, la plupart provenaient des villes ou bien des campagnes ?

    Nous n’avons pas ce type d’information.

    Est-ce que ces mouvements de population vous font penser au système de confiage des enfants ? En Afrique de l’Ouest, on sait que, selon la tradition, c’est un peu normal de prendre des enfants des campagnes et de les envoyer chez des parents, même des parents éloignés dans des villes ou villages et même à l’étranger. Un système qui débouche souvent sur leur exploitation.

    Oui, c’est sûrement une observation intéressante. En fait, on parle toujours de migrations vers l’Europe et de routes migratoires. Nous ne pouvons pas parler du rêve européen puisque 15% des enfants ont déclaré vouloir venir en Europe au moment où ils ont quitté leur maison. Ensuite, il faut comprendre aussi la situation critique que les enfants trouvent dans les pays voisins et dans les pays en transit et qui fait qu’il y a un vrai un phénomène d’attraction poussé par les passeurs et qui est caractéristique du flux récent.

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