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    Tunisie: ma protection, c'était d‘être assigné à résidence, explique H. Hammani

    Hamma Hammami, porte-parole du Front populaire aux côtés de sa femme, l'avocate Radhia Nasraoui lors d'une manifestation anti-corruption à Tunis en juillet 2016. AFP / FETHI BELAID

    En Tunisie, cela fait plus d’un mois que la militante de droits de l’homme Radia Nasraoui est en grève de la faim pour dénoncer le changement du dispositif de protection accordé par l’État à son mari, l’opposant et porte-parole du Front populaire Hamma Hammami, menacé par des extrémistes islamistes. Mais la mobilisation de son épouse vise aussi, plus largement, à mettre en garde contre une dégradation globale des libertés en Tunisie.

    RFI: Quels sont les changements, dans votre dispositif de protection, que vous dénoncez ?

    Hamma Hammami: Depuis l’assassinat de notre camarade Chokri Belaïd, le 6 février 2013, les hautes autorités de l’Etat ont décidé de me procurer une protection qui a été assumée, pendant quatre ans et quatre mois, par la garde présidentielle. Une protection pour me défendre contre un ennemi, vu les menaces terroristes qui, d’après les autorités, pesaient sur moi. C’est d’ailleurs grâce à cette protection que je suis toujours en vie car trois ou quatre plans d’assassinat, au moins, ont été déjoués.

    Au début du mois de juin, ils ont décidé de réduire cette protection pendant les activités, qu’ils qualifient d’officielles, tout en disant que ma situation sécuritaire n’a pas changé. Au jour d’aujourd’hui, depuis le 17 juin, je n’ai plus de protection parce que pendant les sept premiers jours du mois de juin, j’ai senti que ce n’était pas un système de protection mais plutôt une manière de faire pression sur moi et sur le Front populaire. Ils voulaient pratiquement m’assigner à résidence.

    Ce changement de dispositif a donc, pour vous, des motivations politiques ?

    C’est une décision politique prise par le président de la République qui admet de moins en moins l’existence d’une véritable opposition. Ce changement est apparu suite à des positions exprimées par le Front populaire et surtout l’appel à des élections présidentielles anticipées pour résoudre la crise politique en Tunisie.

    C’était pour me pousser, en quelque sorte, à rester chez moi ou à changer d’attitude politique, ce que j’ai refusé. C’est aussi ce que refuse le Front populaire qui a considéré cette mesure comme une menace non seulement pour moi, en tant que porte-parole, mais aussi pour tous dirigeants du Front populaire.

    Il ne faut pas oublier que le Front populaire a été la principale cible des terroristes puisqu’on a déjà perdu deux dirigeants, en l’occurrence Chokri Belaïd et Mohamed Brahmi. Donc, nous ne voulons pas de nouvelles menaces contre le Front populaire ni contre tout mouvement démocratique et progressiste parce que je dois dire qu’actuellement, le seul acquis de la révolution tunisienne à savoir la liberté politique, la liberté d’expression et la liberté de manifester, est menacé et les prémisses d’un retour au despotisme et à la dictature s’aggravent de plus en plus.

    Votre femme a entamé le 11 juillet une grève de la faim pour dénoncer cette situation. Pourquoi elle et pas vous ?

    Moi, j’ai fait face à cette décision par d’autres moyens. J’ai continué mes activités et je dirais même que maintenant, je fais beaucoup plus de déplacements que pendant la période où j’étais protégé. C’est ma manière de répondre à ce chantage politique, ce qui veut dire que je n’ai pas peur de la mort et que je suis prêt, comme je l’ai toujours fait, à assumer ma responsabilité envers le Front populaire et envers le peuple tunisien.

    Radhia, en tant qu’épouse, en tant que mère mais aussi pour alerter l’opinion publique, a choisi ce mode de résistance. D’ailleurs, ce n’est pas la première fois que Radhia Nasraoui fait une grève de la faim. En 2002, elle a fait une grève de la faim de 37 jours pour exiger ma libération et elle a eu gain de cause. En 2003, elle a fait une grève de la faim de 58 jours contre les mesures répressives prises contre elle, par le régime de Ben Ali. Aujourd’hui donc, pour elle, ce n’est pas une grève de la faim à ma place, c’est pour, en quelque sorte, lancer un cri, comme quoi le despotisme est de retour et nos acquis menacés.

    Comment va-t-elle après plus de 30 jours de privation ?

    Son état s’est beaucoup détérioré. Elle a un manque de potassium, de sodium et des problèmes de déshydratation. Les médecins vont peut-être décider de l’hospitaliser pour faire face à cette détérioration. Mais sur le plan moral, Radhia Nasraoui reste très forte. Elle attend toujours une réponse de l’Etat et considère qu’il est du devoir de l’Etat de répondre à ses citoyens lorsqu’ils posent des questions concernant leur sécurité.

    Est-ce qu’au-delà de votre seul cas, vous souhaitez, tous deux, attirer l’attention sur les menaces qui pèsent sur les défenseurs des droits, voire sur le pays tout entier ?

    Il y a la menace terroriste et il y a aussi, en même temps, la menace politique. Il y a une contre-révolution qui essaye de faire en sorte que le pays retourne en arrière. Il s’agit du retour des anciens du temps de Ben Ali qui ont surtout intégré le parti de monsieur Essebsi, l’actuel président, qui se rapprochent aussi du mouvement Ennahda et qui reviennent avec un esprit vindicatif.

    Actuellement, les acquis de cette révolution sont clairement menacés. Il y a des pressions sur les médias, la criminalisation des mouvements sociaux, le retour de la torture et, de plus en plus, une certaine appropriation de l’Etat par la famille et le parti qui sont au pouvoir. Il y a aussi un certain partage du pouvoir entre Nidda Tounès et Ennahdha, aux dépens des intérêts du peuple tunisien. Je dirai même qu’ils sont en train de bloquer tout le processus démocratique au sein du Parlement, au sein du gouvernement et même au niveau de la présidence.


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