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    Patrimoine de l'humanité au Mali: «On a réhabilité tous les mausolées de Tombouctou»

    El-Boukhari Ben Essayouti. facebook.com/benessayouti

    Un total de 2,7 millions d’euros de réparations pour la destruction des mausolées de Tombouctou par les islamistes armés en 2012, voilà le montant du préjudice subi selon la Cour pénale internationale. Cinq ans après la destruction de ce site classé patrimoine mondial de l’humanité, dans quel état sont les fameux mausolées de Tombouctou et à quoi cet argent, s’il est versé, pourra-t-il servir ? Le chef de la mission culturelle à Tombouctou et représentant de l’Unesco sur place, El-Boukhari Ben Essayouti, répond à Léa-Lisa Westerhoff.

    En 2012, quatorze des seize mausolées de Tombouctou ont été détruits par les islamistes d’Ansar Dine. Aujourd’hui, dans quel état sont ces mausolées ?

    El-Boukhari Ben Essayouti : On dit quatorze des seize mausolées inscrits sur la liste du patrimoine mondial, mais il y en a une vingtaine qui ont été rasés au bulldozer. Donc, avec l’Unesco, on a réhabilité tous les mausolées, aussi bien ceux classés sur la liste du patrimoine mondial, que ceux qui ne le sont pas.

    Dans quel sont état ces mausolées aujourd’hui ?

    Le défi qu’il y avait, c’était de reconstruire ces mausolées à l’identique. Donc il y a eu des relevés architecturaux, des fouilles archéologiques. On a interrogé les communautés pour voir comment il faut faire cette reconstruction.

    On s’est rendus compte que, bien avant les destructions de ces sites par les islamistes armés, dans les méthodes de conservation du passé, ces mausolées avaient été déformés dans leur structure primitive. Donc, on a reconstruit les mausolées tels qu’ils pouvaient l’être au 12ème ou au 13ème siècle.

    Peut-on dire que ces réparations ont, finalement, amélioré ce patrimoine culturel ?

    Les mausolées sont dans un meilleur état qu’ils ne l’étaient avant 2012.

    La situation sécuritaire à Tombouctou reste fragile. Ces mausolées sont-ils sortis d’affaires aujourd’hui, en ce qui concerne la possibilité de les détruire ?

    Hélas non, parce que ces mausolées sont pour la plupart dans des cimetières. Les cimetières sont un peu à l’extérieur de la ville, dans les faubourgs ou simplement dans les coins de rue, donc sans système de gardiennage, sans sécurité. Et franchement, on pense qu’il y a des risques de récidive si l'on ne prend pas de mesures adéquates pour les sécuriser.

    Que faudrait-il faire ?

    Il faudrait avoir des vigiles, il faudrait avoir des gardiens, il faudrait avoir un système de gardiennage. Et, surtout, clôturer ces cimetières. Les clôtures de ces cimetières sont vraiment sommaires, inexistantes. Et il faudrait même réglementer leur accès.

    Pour ceux qui n’ont pas la chance de voir Tombouctou, à quoi ressemblent ces mausolées ?

    Les mausolées de Tombouctou, ce n’est pas le Taj Mahal. Ce ne sont pas des constructions extraordinaires. Ce sont simplement des bâtisses en terre crue. Ce sont des maisons, rarement de plus de 15 ou 18 m², qui abrite une tombe et un érudit qui a fait l’histoire, qui a écrit des choses. Pas forcément des érudits, mais des personnes qui ont été des exemples dans leur comportement de tous les jours.

    La Cour pénale internationale estime à 2,7 millions d’euros le montant des dégâts suivis par Tombouctou suite à la destruction de ce patrimoine. Mais les mausolées ont été réparés. Cet argent peut-il encore servir, et à quoi ?

    L’Unesco [l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture] a estimé à 11 millions d’euros les fonds nécessaires pour reconstruire l’ensemble, pas seulement les mausolées. Je pense qu’elle a reçu trois ou quatre millions seulement. Donc, si les 2,7 millions d’euros arrivaient, cela pourrait permettre de combler ce vide-là.

    A quoi cela pourrait servir cet argent, concrètement ?

    Tous les sites se trouvent dans un rayon de 500 mètres autour des lieux des différents attentats. Et les trois mosquées qui sont sur la liste du patrimoine mondial ont beaucoup souffert. La reprise des minarets des mosquées, notamment, des minarets en terre, c’est très délicat et cela demande beaucoup plus de moyens.

    Plus largement, y at-il des choses qui sont faites pour porter le patrimoine malien à la connaissance du public, notamment à l’étranger. Je pense à la numérisation des manuscrits de Tombouctou par exemple ?

    Tombouctou, c’est une ville où il y a 300 à 400 000 manuscrits et le travail de numérisation, c’ est un travail assez délicat parce que le contenu des manuscrits, les responsables de manuscrits ne veulent pas toujours ouvrir.

    Pour protéger les manuscrits de Tombouctou, l'Unesco estime avoir besoin d'un budget total de 6 millions d'euros. Photo Alida Boye / Unesco

    C’est-à-dire que ces manuscrits doivent rester cachés ou pas consultable par tout le monde ?

    Il ne faut pas forcément qu’ils restent cachés. Mais certains manuscrits recèlent de secrets de famille. Donc, on ne veut pas mettre ça à la disposition de n’importe qui. Mais il y a des manuscrits, notamment tous ceux qui ont trait au droit, aux traditions islamiques, qui pourraient être mis en ligne.

    Ce n’est pas seulement le contenu, c’est le contenant. Il y a des manuscrits qui ont des enluminures en or, en argent, qui portent des calligraphies particulières. Tout cela, c’est à redécouvrir, à voir.

    Ce besoin de préserver le patrimoine n’est-il pas en train de se perdre avec les nouvelles générations ?

    C’est vrai que cela n’a pas la même portée qu’avant. Mais l’engouement médiatique qu’il y a eu autour de ces mausolées, a provoqué une mutation profonde au sein de la société. Parce que pour les communautés, ces sites n’étaient que cultuelles islamiques. Donc, quand on a vu toute la communauté internationale s’agripper et défendre ce patrimoine, on a compris que ce patrimoine que l’on a n’est pas seulement islamique, mais un patrimoine mondial.


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