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    Najat Rochdi (MINUSCA): en Centrafrique, «c'est une situation catastrophique»

    Une campagne contre malnutrition en Centrafrique alors que la moitié de la population est sous assistance humanitaire. MSF/Pierre-Yves Bernard

    Ce samedi 19 août, c’est la Journée mondiale de l’aide humanitaire. En Centrafrique, la situation humanitaire est plus que préoccupante. Alors que la moitié de la population vit de cette aide, les ONG sont régulièrement attaquées et les programmes sont sous-financés. Notre invitée est Najat Rochdi, coordinatrice humanitaire en République centrafricaine et numéro deux de la Minusca.

    RFI: Quelle est la situation humanitaire en Centrafrique ?

    Najat Rochdi: Au jour d’aujourd'hui, je peux vous répondre, sans hésitation, que c'est une situation absolument catastrophique. Il y a des besoins à tous les niveaux. Des besoins en termes de vivres, d'accès à l'eau, d'assainissement ou encore en termes d'abris.

    Nous avons vu, au cours des trois derniers mois, une augmentation de 49 % exactement du nombre de déplacés internes. Nous avons également un nombre très important d'enfants non accompagnés ou, plus grave, des enfants qui ne vont pas à l'école, ce qui veut dire que c'est toute une génération d'enfants sacrifiés.

    Nous avons davantage de populations qui sont sous besoin d'assistance humanitaire et aujourd’hui, nous avons atteint les 2,5 millions de personnes, ce qui correspond à la moitié de la population totale. Et pour couronner le tout, nous avons le financement le plus bas depuis le début de la crise en 2013. Il ne dépasse même pas 26 %.

    Jeudi, le plan de réponse humanitaire 2017 a été révisé. Quelles sont les modifications apportées par rapport à celui de janvier ?

    C'est une réévaluation par rapport au nombre de personnes à assister. Nous savons qu'il y a 2,4 millions de personnes qui sont dans le besoin humanitaire et nous visons, aujourd'hui, 1,8 million personnes. Nous ciblons parce que malheureusement nous ne pouvons pas apporter l'assistance à tout le monde. Pourtant, elles en ont bien besoin. Nous nous sommes concentrés sur une priorité, celle de sauver des vies.

    Aujourd'hui, les acteurs humanitaires sont régulièrement la cible des groupes armés. Comment résoudre ce problème ?

    La réduction de l'espace humanitaire est clairement due à des conditions de sécurité et surtout d'insécurité. À partir du moment où les humanitaires ont commencé à être directement attaqués physiquement, leurs bureaux saccagés et que leurs convois ont commencé à être des cibles, il est bien évident que c’est une problématique pour les ONG et, très souvent, la décision a été de suspendre temporairement les opérations.

    Il a donc fallu revoir notre Modus operandi où, bien entendu, il est hors de question d'abandonner la population. Pour nous, en effet, il faut faire parvenir l'assistance humanitaire à la population, par tous les moyens.

    Nous avons commencé par le renforcement de la collaboration et nous assurer de la sécurisation offerte par la Minusca. Cela s’est donc fait grâce à une coordination avec la Force onusienne mais aussi avec la police et ainsi nous assurer que toutes les patrouilles sont là pour permettre de sécuriser les convois.

    Par ailleurs, nous avons également mis en place des équipes d'intervention d'urgence qui ne sont pas forcément installées, de façon permanente, dans le centre des opérations. Elles le sont plutôt à travers un centre régional où on pré-positionne l'assistance humanitaire. Les humanitaires vont faire des interventions ponctuelles de deux, trois, quatre jours et reviennent ensuite au centre régional.

    La semaine dernière, Stephen O'Brien, le patron d'OCHA, a parlé de signes avant-coureurs de génocide. Était-ce justifié ?

    Stephen O'Brien a parlé de cela, par rapport à ce qu'il a vu lui-même et par rapport à ce qu'il a lu. Dans les journaux, il a lu énormément de messages qui étaient quand même des messages de haine. Il se base aussi sur ce qu'il a vu sur place, à Bangassou, concernant toutes les rencontres qu'il a eues avec un certain nombre d'acteurs, au niveau local. Là, il s'est quand même rendu compte qu'il y avait ce désir de demander ou de mettre dehors la communauté minoritaire, à savoir la communauté musulmane. Il est dans son rôle et il est de son devoir de tirer la sonnette d'alarme d'autant plus que l’on voit, dans d'autres endroits, que c'est, cette fois, la communauté chrétienne qui est victime de toutes ces violences.

    En 2014, le niveau L3, la plus importante échelle d'urgence humanitaire, avait été mis en œuvre. Aujourd'hui, la situation est semblable. Pourquoi ne pas repasser à ce niveau ?

    Le L3 ne se fait pas juste comme ça. Le L3 se fait sur la base d’un certain nombre de critères, de l'évaluation de capacités, etc. Je n'ai vu aucune évaluation de ces critères qui soit faite de manière très sérieuse. Je sais qu'on en a parlé. Nous sommes tous conscients que la situation est très grave et que nous sommes réellement dans une détérioration très importante. Maintenant, tant que l'équipe humanitaire ne s'est pas assise, tous ensemble, pour avancer critère par critère, et que l’on puisse répondre à cette question, moi je ne peux pas vous donner la réponse. Je ne l’ai pas.

    D’ailleurs, ce n'est pas quelque chose qui est décidée ici,  au niveau de la RCA. Nous pouvons en discuter, au niveau de l’équipe humanitaire, mais cela doit aller ensuite vers l’inter-agency committee et c'est à ce niveau-là que les choses sont décidées.


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