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    Abdleslam Benzitouni: «Il y a une augmentation du tourisme asiatique» en Afrique

    Deux jeunes Rwandais se prennent en photo devant le «Kigali Convention Center», le palais des congrès de Kigali. Le Rwanda mise sur le développement du tourisme d’affaires et de conférence pour stimuler sa croissance économique. Stéphanie Aglietti / RFI

    L'Afrique a connu une forte hausse de ses visiteurs en 2016. Selon l'Organisation mondiale du tourisme (OMT), une agence de l'ONU, le continent a attiré 4,4 millions de touristes de plus qu'en 2015, soit une hausse de 10%. Le pays le plus visité reste l'Afrique du Sud, mais Madagascar est celui qui enregistre la plus forte hausse avec une augmentation de 20% après quelques années décevantes. Abdesslam Benzitouni est le responsable des relations publiques et de la communication de la société Jumia Travel, une centrale de réservation hôtelière en Afrique qui a effectué une étude sur tourisme en Afrique. Il analyse les données de cette nouvelle étude pour RFI.

    RFI: L’Afrique subsaharienne a vu le nombre de ses visiteurs bondir de 10% en un an, entre 2015 et 2016. Une croissance qui semble profiter surtout à l’Afrique du Sud, au Kenya et à la Tanzanie qui sont, depuis longtemps, des moteurs du tourisme en Afrique. Comment peut-on expliquer cette croissance dans ces trois pays phares ?

    Abdesslam Benzitouni: En Afrique de l’Est il y a eu pas mal de développement du tourisme d’affaires, de conférences et l’arrivée des compagnies du Golfe a énormément bouleversé l’arrivée de touristes internationaux. Il y a donc une augmentation de touristes, notamment asiatiques. Aujourd’hui 10 % des voyageurs chinois qui vont à l’étranger vont en Afrique.

    En Afrique du Sud, c’est notamment la chute du taux du rand qui a permis de rendre le pays accessible. Accessible au niveau international, bien sûr, mais aussi au niveau africain. Beaucoup de gens y font leur shopping parmi les Nigérians et les Kényans. Cela a été positif pour ces pays-là.

    Ensuite, il y d’autres pays qui ont marqué cette année comme l’île Maurice par exemple, ou encore les Seychelles. L’Océan Indien a été intéressant.

    Le Kenya et la Tanzanie ont tourné la page du terrorisme qui a marqué notamment le Kenya et l’arrivée d’Obama, l’année dernière, a beaucoup joué en faveur du Kenya à cause de son image de marque.

    On évoquait l’Océan Indien. Vous avez parlé du succès des îles et de toute sa côte. Madagascar en profite énormément ?

    Oui. L’arrivée des compagnies du Golfe joue un rôle intéressant parce qu’ils ont beaucoup réduit les tarifs sur ces destinations. On voit beaucoup de law cost aussi. Il y a par exemple Precision Air, en Tanzanie, qui fait des vols sur Madagascar et qui permet de meilleurs coûts à toute la clientèle africaine qui voyage aussi à Madagascar.

    Est-ce que c’est ce qui manque aussi à l’Afrique de l’Ouest ?  Cette région semble assez absente du rapport de l’Organisation mondiale du tourisme.

    C’est vrai que l’Afrique de l’Ouest, malheureusement, a été énormément marquée, ces dernières années, par le problème du terrorisme.

    Le problème de l’Afrique de l’Ouest ce sont aussi les coûts aériens, très importants. Il n’y a pas de law cost. En Côte d’Ivoire, par exemple, il y a maintenant Air Côte d’Ivoire qui développe de plus en plus de liaisons dans la sous-région.

    Il y a aussi les visas entre les pays mais aussi le manque d’informations. Si les gens veulent voyager au Bénin, par exemple, pour visiter Ganvié ou Ouidah, il n’y a pas beaucoup d’informations. Au niveau international, il y a déjà peu d’informations sur l’Afrique, mais si on cherche des informations sur des pays précis, il y en a encore moins. Ce petit cocktail ne joue pas en faveur des pays de l’Afrique de l’Ouest.

    Certains pays d’Afrique qui ont eu de gros problèmes de sécurité, avec des touristes directement visés. Je pense à l’Egypte et à la Tunisie. Ces pays semblent tout de même pouvoir rebondir. La Tunisie, en tout cas, redécolle et retrouve un petit peu le chemin du tourisme ?

    Oui, la Tunisie repart doucement. Il y a énormément d’arrivées de touristes russes, algériens et les tarifs restent toujours aussi compétitifs, même si la situation est compliquée. Ils ont réussi à trouver un nouveau marché et ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est la diversification du tourisme. Pendant longtemps, on voyait surtout des touristes occidentaux. Aujourd’hui, il y a un déplacement du tourisme international qui vient d’Asie, avec les Chinois par exemple, ou des pays de l’Est. Cela permet aussi d’avoir des alternatives intéressantes et je ne parle même pas du tourisme africain. 

    Avez-vous une idée de ce que représentent justement les touristes africains ?

    Trois à quatre personnes sur dix, au niveau du tourisme international, sont africaines. Donc, c’est vraiment un chiffre important et intéressant. Cela montre qu’il y a un développement d’une classe moyenne qui a besoin de loisirs.

    Il y a aussi un développement du tourisme d’affaires et notamment des conférences. On l’a vu par exemple à Kigali, au Rwanda. Cela continue en Afrique du Sud. A Nairobi, il y a plus en plus de créations de grands hôtels avec des conférences. Le tourisme africain est donc une chose très intéressante.

    Pendant longtemps, le marketing se faisait uniquement pour le tourisme international. Aujourd’hui, on l’a vu au Masai Mara, au Kenya, 60% des visiteurs sont issus du tourisme international et 40% sont issus du tourisme régional ou local, alors qu’il y a vingt ans, 90% des touristes étaient internationaux. Cela veut dire que les gens visitent plus leurs pays.

    Les touristes en Afrique représentent seulement encore 5% des voyageurs dans le monde. Pourquoi est-ce si peu ?

    C’est une bonne question. Je pense que les choses sont en train de changer. Je crois que l’Afrique, aujourd’hui, est la deuxième destination où il y a la plus forte croissance au niveau du tourisme, après l’Asie du Sud-Est. Pendant longtemps l’Afrique a souffert un peu de son image : famine, terrorisme… Aujourd’hui, grâce à internet, il y a plus de gens qui partagent des photos, il y a plus d’informations sur certains pays et rien que ça, ça joue énormément.

    Vous partagez donc l’optimisme de l’OMT qui table sur 134 millions de touristes, en Afrique, en 2030 ?

    Je partage cet optimisme en espérant que les Etats africains jouent aussi leur rôle. L’Union africaine, dans ses conclusions, a parlé de passeport africain pour essayer de développer les déplacements à l’intérieur du continent africain. C’est quelque chose d’intéressant. C’est une volonté politique. Si les médias internationaux jouent également leur rôle, en montrant aussi des choses positives, la perception de l’Afrique peut aussi changer dans leurs têtes.


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