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    RDC: «Les Congolais debout», l'engagement «apolitique» de Sindika Dokolo

    Sindika Dokolo aux côtés de son épouse Isabel dos Santos (photo d'illustration - 2014) FERNANDO VELUDO/PUBLICO/AFP

    Le gendre du président sortant d'Angola s’engage sur la scène congolaise. Sindika Dokolo, collectionneur d’art et homme d’affaires à succès, est marié depuis 2002 à la richissime Isabelle dos Santos. Il a décidé de s’impliquer dans la crise politique que traverse son pays, la RDC. Début août, il a lancé un nouveau mouvement citoyen baptisé « Les Congolais debout ». Il fait partie des personnalités à avoir signé le « Manifeste du citoyen congolais » lancé vendredi dernier à Paris. Entretien.

    RFI : Pourquoi créer un nouveau mouvement citoyen en RDC, alors qu’il y en a déjà beaucoup ?

    Sindika Dokolo : Parce qu’il me semblait qu’il manquait un mouvement qui soit basé sur la stratégie d’une très large adhésion. Donc, un mouvement de masse, organisé non pas autour de personnes mais autour de certaines valeurs, à un moment où notre pays est vraiment en danger.

    N’est-ce pas ce que des mouvements déjà existants, comme la Lucha par exemple, essaient de faire depuis plusieurs années maintenant ?

    Oui. Et avec beaucoup de courage, ce qui représente un vrai symbole pour tous les Congolais. Mais en même temps, je pense que la plupart des Congolais n'ont pas vocation au martyre. Effectivement, ce qui est toujours difficile, c’est d’arriver à proposer une action concrète pour tous les citoyens qui se sentent indignés par ce qui est en train de se passer au Congo.

    Vous voulez dire qu’il ne faut pas aller manifester et protester comme le font régulièrement les membres de la Lucha, ce qui aboutit souvent à des arrestations ?

    Ce n’est pas ce que j’ai dit. Ce que je disais, c’était que beaucoup de Congolais ne se sentent peut-être pas le courage ou la vocation de s’exposer à ce point-là. Et puis, la Lucha ou Filimbi sont des mouvements de jeunes. Tous les Congolais ne sont pas jeunes, même si on a une population très jeune. Moi en tout cas, à 45 ans, je ne me voyais pas dans la Lucha ou dans Filimbi - pour lesquels j’ai beaucoup de considération -, et je ne me voyais pas non plus les bras croisés.

    Quels types d’actions différentes proposez-vous ?

    Je pense que ce qui nous définit n’est pas seulement la question des actions. Aujourd’hui, on est dans une situation qui requiert avant tout une compréhension de ce qui est en train de se passer. La particularité du Manifeste, c’est que pour la première fois, des Congolais qui n’ont pas l’ambition d’accéder au pouvoir ont établi que M. Kabila tombe sous le coup de l’article 64 de la Constitution. Donc, déjà, c’est important que tous les Congolais sachent ce que dit cet article 64. Tous les Congolais ont le devoir de faire échec à tout individu ou groupe d’individus qui exercerait le pouvoir en violation de la Constitution.

    C’est ce que nous avons prouvé en analysant la manière dont M. Kabila a saboté le processus électoral pour s’assurer que les élections ne seraient pas tenues à la fin de son deuxième et dernier mandat. De la même manière qu’il a instrumentalisé les institutions pour se maintenir au pouvoir, et de la même manière qu’il a saboté délibérément les accords de la Saint-Sylvestre à la fin de son dernier mandat - qui lui accordait encore une année pour organiser les élections, ce qu’il n’a évidemment pas fait. Alors, c’est important, déjà, d’expliquer au plus grand nombre de Congolais possible la réalité juridique de cette situation et les implications qu’elle a ; ce que la Constitution nous oblige ou nous instruit de faire.

    Les interlocuteurs ont insisté sur le côté citoyen des discussions qui se sont tenues en amont du lancement du Manifeste. Vous ne vous cachez pas, vous êtes proches de Moïse Katumbi. N'est-ce pas contradictoire ?

    Je ne sais pas si être proche, cela veut dire être « politique » forcément. Ce n’est pas l’entendement que j’en ai, en tout cas. En l’occurrence, mon engagement est complètement apolitique et se fait autour de certaines valeurs. Il se fait autour d’un constat qui est que mon pays est, à l’heure actuelle, sous la coupe de dirigeants qui ont pris nos institutions en otage. Et que, si l’on n’y fait rien, nous allons basculer dans plus d’instabilité. Par rapport à cela, mon engagement ne vise pas un projet politique ou l'ambition politique de qui que ce soit.

    Vous êtes le gendre du président angolais. Quelles incidences cette proximité peut-elle avoir dans votre combat au Congo ?

    Je fais vraiment la part des choses entre ma vie privée, mes relations familiales et mon engagement citoyen. Et je constate qu’effectivement, le sentiment, non seulement de frustration mais aussi de très profonde inquiétude par rapport à l’évolution de la situation au Congo, est commun au citoyen congolais que je suis et aux différents représentants de la société civile et des partis politiques d’opposition, mais également à la plupart des voisins et des partenaires de la RDC. J’ai l’impression qu’il y a une communauté de point de vue concernant la dérive totalitaire et violente que M. Kabila est en train de créer délibérément.

    Pensez-vous que l’Angola peut peser pour obtenir ce que vous souhaitez, à savoir le départ du président Kabila ?

    En l'occurence, je ne pense pas qu’il s’agisse uniquement de l’Angola, mais vraiment de tous les partenaires du Congo. Je ne vois pas, aujourd’hui, dans la communauté internationale, dans les observateurs, qui que ce soit qui accorde le moindre crédit à M. Kabila. Et puis on se rend compte que plus on avance dans ce système d’illégitimité, plus on constate des violences, des massacres, des situations qui, du point de vue des droits humains, sont absolument catastrophiques. Et de ce point de vue-là, ce n’est pas un constat ou une position qui est propre à l’Angola.

    On ne vous entend pas, en revanche, sur l’Angola. Les scénarios sont différents mais, malgré tout, le MPLA est au pouvoir depuis 40 ans. Il y a aussi un désir de changement dans la société angolaise...

    Et bien c’est parfait, parce qu’elle pourra s’exprimer le 23 août, étant donné qu’il y a des élections qui se tiennent à temps. Des élections dans lesquelles, je le constate d'ailleurs, le président dos Santos ne se présentera pas, alors qu’il aurait tout à fait le droit de le faire. Et donc, je pense qu’au-delà des critiques générales ou du déficit d’image dont peut souffrir l’Angola, il y a des actes qui sont posés, qui tendent à prouver le contraire.

    Et le fait de ne pas être présent dans ce débat-là, alors que vous vous engagez au Congo sur des thématiques similaires, ce n’est pas un problème pour vous ?

    Ce ne sont pas des thématiques similaires. On a des cas de massacres de masse, un non-respect des délais constitutionnels, un viol de la loi constitutionnelle, une instrumentalisation de la Cour constitutionnelle. Il n’y a rien d’absolument comparable en Angola.


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