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    Elections en Angola: «Probablement pas de grande surprise» d’après Jon Schubert

    José Eduardo dos Santos, président sortant de l'Angola, laissera sa place après les élections générales du 23 juillet 2017. AMPE ROGERIO / AFP

    Le 23 août 2017, les Angolais vont choisir leur nouveau président. Un scrutin marqué par le départ du pouvoir de José Eduardo dos Santos, président depuis 38 ans. Malgré cela, le MPLA, son parti, au pouvoir depuis 42 ans, entend bien placer son candidat Joao Laurenço à la tête de l’Etat et prophétise déjà sa victoire. Jon Shubert, anthropologue politique et chercheur au Global Studies Institute de l’université de Genève, revient sur les enjeux de ce scrutin.

    RFI : Les Angolais sont face à un scrutin inédit : le président José Eduardo dos Santos, à la tête du pays depuis 38 ans, n’est pas candidat. Mais son parti, le MPLA, qui est au pouvoir depuis l’indépendance compte bien y rester. A quel point ce scrutin est-il ouvert ?

    Jon Shubert : L’Angola est en ce moment face à une crise économique qui est en même temps une crise systémique du régime. Et la signification de ce que veut dire un nouveau président, après 38 ans au pouvoir de José Edouardo dos Santos, ne peut pas être sous-estimée pour le jeu politique en Angola.

    En même temps, l’enjeu est mineur, parce que je suis peu optimiste quant aux résultats de ces élections, il n’y aura probablement pas de grande surprise et peu de chance que les élections changent, dans l’immédiat, la manière dont la politique et l’économie angolaise fonctionnent.

    Y a-t-il une possibilité que le Mouvement populaire de libération de l’Angola, qui compte quatre millions de membres - soit près de la moitié des électeurs -, perde ces élections ?

    Les surprises sont toujours possibles. Mais le précédent des deux dernières élections montre que la fraude est systémique et généralisée. Ce n’est pas le fait de remplir les urnes le jour des élections, mais plutôt en amont des élections que le MPLA a tous les privilèges du pouvoir : l’accès aux coffres et aux infrastructures de l’État, beaucoup plus de temps d’antenne sur les médias publics et des fonds presque illimités pour battre campagne.

    A quel point le MPLA verrouille-t-il ce scrutin ?

    Je ne dirai pas que c’est complètement gagné d’avance, parce que les Angolais ne sont pas dupes. Ils savent bien que la gouvernance du MPLA depuis la fin guerre a plutôt été calamiteuse, et que cela s’est encore fort accentué depuis 2014.

    En même temps, vu les privilèges du MPLA. Surtout par rapport à l’accès aux médias qui à l’extérieur de la capitale sont vraiment limités aux médias d’État, il est clair que le MPLA a bénéficié d’avantages au cours de cette campagne électorale qui sont très difficiles à rattraper pour les autres partis.

    L’adversaire historique, l’Unita, est devenu le premier parti d’opposition. Peut-il représenter une alternative politique en Angola ?

    Oui, de plus en plus. L’Unita, déjà depuis les dernières élections en 2012, a commencé à construire un profil plus crédible, a formuler des positions politiques, des revendications sociales surtout. [Le parti demande] une amélioration des services publics, une amélioration du salaire et dénonce la mauvaise gouvernance du MPLA.

    Le problème, c’est que l’Unita, depuis les années 1980, n’a pas d’expérience pour gouverner, même pas à un niveau local. Et le MPLA joue aussi un peu cette carte en disant : "Nous sommes le seul parti qui a vraiment la capacité de faire tourner l’administration d’un pays comme l’Angola."

    Un autre parti d’opposition, la Casa-Ce, paraît de plus en plus populaire auprès d’un public urbain et éduqué. A-t-il une chance de l’emporter ?

    La Casa-Ce a vraiment surpris tout le monde lors des dernières élections, parce qu’ils se sont formés six mois avant les élections. Ils ont quand même remporté huit sièges au Parlement, ce qui est tout à fait inédit.

    Et clairement, le dirigeant du parti, Abel Chivukuvuku, représente justement une alternative à la vieille garde de l’Unita par exemple, ce qui lui valut beaucoup de sympathie.

    En même temps, je soupçonne que les gens qui voteront contre le MPLA le feront plus pour l’Unita que pour la Casa-Ce.

    A quel point l’état de l’économie en Angola est un enjeu pour cette élection ?

    C’est en enjeu énorme parce que toute la légitimité politique du MPLA se base sur un discours selon lequel, eux, sont le parti du développement, de la reconstruction du pays et de la paix.

    Et les fruits de cette reconstruction se chiffrent simplement aux kilomètres de route construits, mais pas en service pour le gros de la population, qui vit encore sans eau, sans électricité et sans avoir accès à des écoles ou des services de santé.

    Vu que le MPLA continu à jouer sur ce discours, selon lequel c’est eux qui ont apporté la paix et le développement au pays, maintenant avec la crise, ça démontre les limites de cette dominante du MPLA.

    Les jeunes de moins de 25 ans sont plus en plus en nombreux en Angola. Est-ce qu’ils pourraient incarner ce ras-le-bol par rapport à la situation économique, et changer la donne ?

    Changer la donne, c’est difficile dans un système politique qui est clairement biaisé en faveur du MPLA. Les jeunes qui se sont manifestés assez visiblement au cours des dernières quatre, cinq années ont changé la manière dont on parle de politique en Angola.

    On parle plus ouvertement de politique, les gens osent aussi critiquer le MPLA très ouvertement. Mais ce sont aussi des activistes qui prônent un changement non violent par des moyens politiques, constitutionnels. Et cela, dans le système actuel, risque d’être très difficile.

    Les jeunes, et cela inclu des individus jusqu’à l’âge de 40 ans, ont un poids social et politique beaucoup moindre que les vieux qui, eux, occupent encore toutes les fonctions importantes autant dans l’administration d’État que dans les partis au pouvoir que l’opposition.

    Et c'est donc très difficile pour les jeunes de faire le poids. Pour l’instant c’est le MPLA qui contrôle les manettes du pouvoir et n’a aucune intention de les laisser.


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