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    Chloé Buire: l'Angolais Dos Santos, «une figure presque hors du temps»

    José Eduardo Dos Santos. REUTERS/Stephen Eisenhammer

    En Angola, la Commission nationale électorale a confirmé, vendredi, la large victoire du parti au pouvoir, aux élections générales en Angola. D’ici quelques semaines, Joao Lourenço candidat du MPLA s’installera à la présidence et succèdera officiellement à Jose Eduardo Dos Santos. Le chef de l’état sortant, 72 ans, sera resté 38 ans à la tête de l’Etat avant d’annoncer son départ. Cela signifie que les deux tiers de la population angolaise n’ont connu que lui comme président. Comment est perçu celui qui a dirigé le pays pendant tant de temps ? Quel statut avait-il dans la vie des Angolais ? Marie Casadebaig a interrogé Chloé Buire, chargée de recherche au CNRS, spécialiste de l’Angola, actuellement en mission à Luanda.

    RFI : Quelle image les Angolais garderont de José Eduardo dos Santos ?

    Chloé Buire: Je pense que c’est une question difficile et qu’il va falloir beaucoup de temps pour que l’on ait vraiment une réponse. Il était dit à la télévision, hier - c’était assez intéressant - que l’Angola était un pays spécial parce que, pour la première fois, on allait avoir une passation de pouvoir entre deux présidents vivants. Ainsi, les Angolais ont conscience de vivre un moment historique et à la fois, il y a beaucoup d’incertitudes sur comment va se passer cette transition ? Qu’est-ce qu’elle signifie ? Jusqu’à quel point va-t-il y avoir une transformation ? Les réponses vont évoluer dans les années qui viennent.

    Après 38 ans à la tête de l’Etat, José Eduardo dos Santos était-il considéré comme un patriarche, le père de la Nation ?

    Il est l’architecte de la paix, au niveau national. Cela, en tant qu’image publique et collective mais il y a aussi un imaginaire très fort de José Eduardo dos Santos comme le bon père de famille.

    Un jeune qui a 17 ans aujourd’hui a donc quand même grandi dans cette idée que le bon père de famille, on doit le respecter et on ne discute pas ce qu’il propose.

    J’ai parlé avec beaucoup de jeunes, ici, qui sont critiques mais qui disent « Je ne peux pas parler de ça avec mes parents ». Hier, je parlais avec un jeune qui me disait qu’il n’est pas allé voter et que son père était très en colère. Je lui ai demandé s’il avait réussi à lui expliquer les raisons de ce choix de l’abstention. Il me dit : « Non, je ne peux pas parler avec lui. C’est mon père, je dois respecter sa décision ». Il y a donc, comme ça, une espèce d’effet fractal de l’autorité paternelle que chacun ressent dans sa vie quotidienne et qui remonte au niveau de l’Etat ou bien, au contraire, on peut penser que c’est le modèle de l’Etat qui se reflète dans la vie personnelle des gens.

    Son âge n’avait pas une influence sur l’image qu’il pouvait avoir auprès des Angolais qui sont très jeunes ?

    José Eduardo dos Santos est un peu un mystère. Il est à la fois omniprésent - on le voit partout, sur les billets de banque, sur les portraits officiels - et à la fois, on l’entend très rarement. Ce n’est pas un président qui donne des interviews.

    En fait, les éléments comme son âge ou son état de santé - le gros thème de ces dernières années - sont des choses sur lesquelles les gens n’ont pas de prise. Pour les jeunes Angolais, il y a quelque chose de presque pas humain. C’est une figure tutélaire mais qui est hors du temps, comme s’il n’était pas vraiment mortel.

    Respecté, du coup ?

    Enormément respecté. On entend beaucoup le fait que s’il y a des problèmes en Angola, ce n’est pas de sa faute à lui mais des gens qui l’entourent. Sur la Constitution de l’Angola, on dit qu’elle est exemplaire mais est mal appliquée. De même, on dit que les lois sont correctes mais ne sont pas appliquées comme il le faudrait.

    Il y a donc vraiment cette figure d’intouchable alors qu’en même temps, il y a une société civile qui s’est réveillée de façon vraiment exceptionnelle et surprenante, y compris pour beaucoup d’observateurs. Eh bien malgré cela, la personne de José Eduardo dos Santos n’est pas encore au centre des critiques. On ne le critique pas, lui ; on attend le changement. C’est le grand thème, d’ailleurs, en ce moment, mais il n’y a pas d’attaques contre lui.

    C’est pour cela, je pense, qu’il y a encore une histoire qui reste à écrire sur la figure de José Eduardo dos Santos. Le moment n’est pas encore arrivé où on peut vraiment discuter de lui comme homme ou encore comme homme politique avec ses failles, avec ses choix. Il a  encore quelque chose d’assez intouchable jusqu’à aujourd’hui.

    En Angola, les moins de 40 ans n’ont connu José Eduardo dos Santos que comme président. Est-ce qu’ils réalisent - vous qui les côtoyez tous les jours - qu’ils vont changer de président ?

    Mon impression, après deux mois, ici, à parler avec les jeunes, c’est non. Les gens n’ont pas encore réalisé. C’est assez impressionnant, d’ailleurs, de voir à quelle vitesse on a substitué les portraits de José Eduardo dos Santos par les portraits de João Lourenço dans cette période de campagne électorale.

    Ceci étant, on a gardé exactement la même imagerie, à savoir l’image de ce drapeau du parti - le MPLA - si proche de l’image du drapeau national et qui amène beaucoup de confusion.

    Il y a donc une substitution de l’image mais, pour l’instant, je n’ai pas l’impression que la personne ou encore les choix politiques aient été perçus, réalisés. Beaucoup disent d’ailleurs que cela fait partie de la stratégie du parti ou encore de ce système angolais de se maintenir au pouvoir, celle précisément d’éviter cette réalisation et de montrer qu’il y a une faille dans cette omnipotence de l’appareil politique.


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