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    Judith Sunderland: «L'idée de faire des hotspots en Libye est insensée»

    Emmanuel Macron s'apprête à recevoir des dirigeants africains et européens pour un sommet de l'immigration à l'Elysée. Reuters

    Le président Emmanuel Macron reçoit ce lundi les chefs d'Etat et de gouvernement du Tchad, du Niger, de l'Allemagne, de l'Italie et de l'Espagne. Sont attendus également la cheffe de la diplomatie européenne et le chef du gouvernement d’union nationale de Libye, Fayez Al Sarraj. Ce sommet intervient alors que cet été, Emmanuel Macron a souhaité la création de hotspots en Afrique. Une annonce controversée et problématique, comme l’explique Judith Sunderland, chercheuse associée à l’organisation de défense des droits de l’homme, Human Rights Watch.

    Un sommet sur l’immigration s’ouvre ce lundi 28 août à l’Elysée. Le président français Emmanuel Macron recevra ses homologues tchadien Idriss Déby et nigérien Mahamadou Issoufou. Sont également attendus la chancelière allemande Angela Merkel, la cheffe de la diplomatie européenne Federica Mogherini, le président du Conseil italien Paolo Gentiloni, le chef du gouvernement espagnol Mariano Rajoy ainsi que le chef du gouvernement d’union nationale de Libye, Fayez al-Sarraj.

    Ce sommet, dont l'objectif affiché est de « réaffirmer le soutien de l’Europe au Tchad, au Niger et à la Libye pour le contrôle et la gestion maîtrisée des flux migratoires », intervient après le souhait exprimé par Emmanuel Macron de voir la création de hotspots en Afrique. Des centres d’enregistrement des demandeurs d’asile dont l'objectif est de limiter les flux migratoires illégaux, de réduire le nombre de morts en Méditerranée ainsi que le nombre de personnes détenues dans des conditions inhumaines en Libye, mais dont les conditions de création font débat.

    Judith Sunderland, chercheuse associée à l’organisation de défense des droits de l’homme Human Rights Watch et spécialiste des migrations, donne son analyse à RFI.

    ► A (re)lire : Paris accueille un mini-sommet euro-africain sur la crise migratoire


    RFI : Qu’attendez-vous de cette réunion ? En attendez-vous même quelque chose ?

    Judith Sunderland : Franchement, je soupçonne que nous entendrons beaucoup de platitudes et aussi une politique déjà poursuivie, guidée par l’intérêt de l’Union européenne de réduire le nombre de personnes [qui migrent].

    Peu importe ce qu’elles fuient. On a bien sûr entendu plusieurs idées provenant de l’Elysée ces dernières semaines. Il y en a qui peuvent être des avancées en terme de droit et de responsabilité démontrées par - dans ce cas-là - la France envers les migrants et les demandeurs d’asile. Mais il y a aussi plein d’idées problématiques.

    Une des principales idées mises en avant par le président Emmanuel Macron, est celle de ces fameux hotspots en Afrique, c’est-à-dire des centres où l’administration française enregistrerait les demandeurs d’asile. Le premier pays qui avait été évoqué, c’était la Libye. Est-ce que c’est, qujourd'hui, quelque chose qu'il est possible de mettre en place ?

    En un mot : non. L’idée de faire ça en Libye est franchement insensée. C’est fou. La situation sécuritaire est telle que les organisations internationales ne peuvent même pas s’installer. Les institutions de la même Union européenne opèrent depuis Tunis. Et souvenons-nous que même la France n’a pas d’ambassade en Libye.

    Les migrants et demandeurs d’asile en Libye sont soumis à des abus horribles. Il est impensable pour un pays de l’Union européenne de créer des nouveaux centres dans le pays actuel, où ils respecteront les droits des personnes dans le même temps. C’est impensable.

    ► A (re)lire :

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    L’Elysée a fait un peu évoluer sa position au fil des semaines. Ces derniers temps, on parlait beaucoup plus de hotspots au Niger, voire au Tchad, et non plus en Libye. Est-ce que des centres d’examen dans ces deux pays, c’est quelque chose de plausible ?

    En théorie, l’examen des demandes d’asiles dans les autres pays pourrait aider effectivement à éviter les déplacements dangereux et pourrait aider à faciliter l’accès à l’asile. Mais en pratique, l’histoire offre peu d’encouragements.

    Les États-Unis ont utilisé Guatanamo, l’Australie utilise encore Nauru et Manus, deux îles dans le Pacifique, pour le même but. Et ce sont des exemples plutôt dans la façon de comment violer les droits. Il ne s’agit pas, dans ces cas-là, de convaincre les personnes de ne pas entreprendre des voyages dangereux, mais de les contraindre à ne pas le faire. Le seul moyen d’éviter cela, c’est d’enfermer les personnes.

    L’histoire de l’immigration démontre que la fermeture d’une route migratoire entraîne l’ouverture d’une autre route. Et souvent, les nouvelles routes sont encore plus dangereuses et plus coûteuses.
    Judith Sunderland, chercheuse associée HRW

    Et puis l’histoire de l’immigration démontre que la fermeture d’une route migratoire entraîne l’ouverture d’une autre route, car les besoins sont encore là. Et souvent, les nouvelles routes sont encore plus dangereuses et plus coûteuses que les routes qui ont été fermées.

    Une possibilité, c’est de dire : "Si vous voulez accéder à l’asile en France, vous devez aller dans ce centre-là, au Niger ou au Tchad. Vous devez rester là jusqu’à la fin de votre procédure. Et, seulement si l'on vous accepte, vous pouvez venir en France." Et cela, c’est très problématique. Et cela pourrait entraîner de gros abus.

    Une autre possibilité, beaucoup plus positive, c’est que la France puisse augmenter le nombre de réfugiés. Que la France réinstalle en France, depuis le Niger et le Tchad, des réfugiés d’autres pays.

    Il y a aussi une autre possibilité, c’est que la France - comme les autres pays européens - ouvre beaucoup plus la possibilité d’accéder à des visas humanitaires dans les ambassades et les offices consulaires, dans les pays tiers.

    Les Italiens sont invités à ce sommet. Rome répète qu’il faut partager ce qu’elle appelle « le fardeau » de cette immigration. Comment l’Union européenne peut-elle partager ces vagues de migrants ?

    Il y a des règles européennes. Si vous arrivez en Italie, l’Italie doit prendre la responsabilité pour votre demande. Si vous allez depuis l’Italie vers l’Allemagne, l’Allemagne peut vous renvoyer vers l’Italie.

    Mais il faut faire plus pour partager la responsabilité. Les efforts pour cela devraient tenir compte des souhaits et des circonstances individuelles des demandeurs d’asile eux-mêmes, y compris leurs liens linguistiques, sociaux et familiaux. Beaucoup de personnes, qui arrivent en Espagne, en Italie ou en Grèce veulent aller ailleurs en Europe, parce qu’ils ont de la famille dans les autres pays, ils ont des liens sociaux.

    Donc il y a plusieurs motifs qui les aideraient à s’intégrer dans ces pays-là. Personnellement, je crois qu’à long terme ce sont ces pays-là qui vont bénéficier des contributions économiques, sociales et culturelles de ces nouveaux arrivants.


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