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    Décryptage avec nos invités, Liesl Louw Vaudran et Stéphanie Wolters, de l'Institut d'études et de sécurité de Pretoria -ISS-, Daniel Compagnon, professeur à l'Institut d'études politiques de Bordeaux (Centre d'études d'Afrique noire), Jean-Baptiste Placca, éditorialiste à RFI, et nos envoyés spéciaux à Harare et correspondants régionaux.

    Madagascar: de l'engrais biologique à partir des déjections de chauves-souris

    Pour ses 40 ares de cultures maraîchères, Jean-Baptiste utilise du guano pour fertiliser ses plants. Mais de là à passer au 100% guano et délaisser le chimique, le chemin est encore long. RFI/Sarah Tétaud

    A Madagascar, cinquième île la plus vaste du monde, plus de 60% du territoire correspond à des terres cultivables. Un potentiel agricole énorme mais peu exploité aujourd’hui. Alors que la population est à 80% rurale, on estime à moins de 10% la surface cultivée. L’engrais industriel n’a pas encore inondé les champs de la Grande Île. On est à moins de 5 kg par hectare, quand on atteint les 200 kg en Europe ou en Asie. Mais en contrepartie, le rendement est très faible. Un homme s’est lancé le défi de permettre aux petits producteurs malgaches d’augmenter leur rentabilité, tout en préservant les sols. Il veut faire de son engrais biologique, l’engrais du futur de l’Île, ou mieux, du continent africain.

    Sur la Grande Île, on l’appelle « Bat Man », l’homme chauve-souris, car il doit sa réussite à la collecte de fientes du petit mammifère volant. Erick Rajaonary, s’est lancé dans la production de l’engrais biologique en 2006. Guanomad –c’est le nom de son groupe– possède aujourd’hui 30% des parts de marché de l’engrais à Madagascar :

    « Le “bat guano”, c’est quoi exactement ? C’est de la fiente de chauve-souris minéralisée et mélangée à l’acidité du sol. Et tout ça, ça se minéralise au bout de 20 à 30 ans. Aujourd’hui, on exploite environ 120 grottes, situées essentiellement dans le sud-ouest et moyen-ouest de l’île. Compte tenu de la crise à Madagascar, on produit à peu près 20 t par jour. Mais il y a une époque, en 2008-2009, on était jusqu’à 80 t ou 100 t par jour de production. »

    D’après les expertises réalisées par des cabinets internationaux, au rythme de la production actuelle, les grottes exploitées par la société ont de quoi fournir de la matière pour encore plus de 130 ans. Une marge gigantesque pour une ressource qui se renouvelle sans cesse. Mais il y a un problème, les agriculteurs ont encore du mal à prendre le virage de l’agriculture verte :

    « Le guano, il est deux fois moins cher que le chimique. Pour le riz par exemple, nous on est à 400 kg ou 500 kg par hectare. Alors qu’avec le chimique, ils sont à moins de 200 kg. Alors comme avec le Guano on est deux fois moins cher, on retrouve finalement les mêmes coûts de dose de fertilisation. La différence, c’est que, la première année, le rendement est meilleur pour le chimique. Alors que le guano, c’est l’inverse. Et au fur et à mesure des années, et bien le rendement, il augmente. Mais malheureusement, les paysans ne raisonnent pas comme ça. Eux raisonnent en termes de rentabilité immédiate. »

    Sur les Hauts plateaux, Jean-Baptiste Ramarison, cultivateur, a opté pour le guano il y a 10 ans mais n’a pas cessé pour autant le chimique :

    « Pour les choux fleurs, je mets les deux types d‘engrais. Le chimique c’est pour aider à faire pousser la graine du légume et le guano, c’est pour les feuilles et la terre. Le chimique, ça fait pousser vite mais c’est cher. Je dépense moins en achetant du guano. A l’avenir, je pense n’utiliser que de l’engrais biologique parce que je sais que c’est meilleur pour la santé. En plus, les légumes se conservent mieux. Mais il faudrait trouver des acheteurs. Le chimique rend les légumes plus beaux en apparence. Et au marché, les gens sont donc plus attirés. »

    Développer la filière biologique sur le sol malgache, voilà le défi que s’est lancé le fondateur de Guanomad. Et s’il faut commencer par convaincre à l’international, aucun problème. Celui qui réalise 50% de son chiffre d’affaires à l’étranger s’apprête à lancer un engrais conçu spécialement pour la Côte d’Ivoire et ses parcelles de cacao bio.


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