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    «Un manque de rigueur et d’efficacité» dans l'observation électorale en Afrique

    Hugo Sada (OIF), ancien délégué à la démocratie et aux droits de l'homme, chargé des questions électorales à l'OIF. ambafrance.org

    Faut-il supprimer les observateurs électoraux en Afrique ? La question peut se poser après le fiasco de tous les observateurs africains, européens et américains qui ont validé trop vite la présidentielle du mois dernier au Kenya. A l'OIF, l'Organisation internationale de la Francophonie, Hugo Sada a été, du temps d'Abdou Diouf, le délégué à la démocratie et aux droits de l'homme en charge des questions électorales. Il témoigne au micro de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Il y a un mois, au lendemain de la réélection d’Uhuru Kenyatta, les observateurs étrangers ont massivement salué la bonne tenue du scrutin kényan et pourtant la Cour suprême dit tout à fait le contraire. Est-ce qu’aujourd’hui ces observateurs ne sont pas désavoués ?

    Hugo Sada : Ils sont désavoués et c’est un des problèmes majeurs de l’observation des processus électoraux en Afrique depuis des décennies. Ces processus électoraux ont eu un nombre significatif d’effets pervers qui ont incontestablement des répercussions sur la crédibilité de l’observation électorale.

    Est-ce qu’on peut dire que ces observateurs électoraux finalement cautionnent les réélections dès le premier tour des présidents sortants avec souvent beaucoup de truquages, beaucoup de fraudes ?

    Oui, à de très rares exceptions près, parce que dire que l’élection n’est pas crédible, c’est politiquement une décision que les missions d’observation électorale n’ont pas la marge de prendre ou le courage de prendre. Il y a eu des exceptions comme la mission électorale de l’Union européenne en RDC en 2011 qui a publié un rapport clair, net, courageux.

    De fait, à cette époque la mission européenne a dit que de nombreuses irrégularités et fraudes faisaient en sorte que les résultats du Congo-Kinshasa n’étaient pas crédibles.

    Oui, tout à fait. Mais c’est l’une des rares exceptions avec une mission électorale de longue durée, avec des experts qui ont beaucoup travaillé avant, qui n’ont pas fait de la simple observation le jour du scrutin pour voir s’il y avait bien des cadenas sur les urnes, qui ont fait un travail de fond et avec une équipe et une responsable de la mission électorale qui a eu le courage de se prononcer.

    Il y a un pays où les observateurs européens ont fait aussi une mission de fond, c’est le Gabon en 2016. Beaucoup d’observateurs ont alors été très étonnés par les résultats à la soviétique dans la province du Haut-Ogooué et par le fait que le rapport de la mission de l’UE n’a signalé que des anomalies qui mettaient en question l’intégrité du processus de consolidation des résultats.

    C’est déjà une position assez claire.

    C’est un peu alambiqué, quand même !

    C’est un peu alambiqué, mais ça veut dire aussi clairement qu’il y a des doutes sur la fiabilité de ces élections. Mais le problème au Gabon n’est pas là. Le problème au Gabon est après les élections. L’absence totale de transparence de la Commission électorale qui n’a pas été ouverte aux observateurs pour voir comment ça avait fonctionné - expertise et résultats - et l’absence totale de transparence de la Cour constitutionnelle qui n’a pas laissé les experts et les observateurs des missions d’observation internationale s’impliquer dans les vérifications des résultats et du traitement du contentieux électoral.

    Pour revenir au cas kényan, l’opposition affirme que le système électronique de transmission des résultats a été piraté. Est-ce que la transmission numérique c’est le maillon faible dans beaucoup de cas ?

    La numérisation des processus électoraux, c’est un vrai problème de fond. D’abord, parce que c’est devenu un marché pour les sociétés privées, que tous les experts savent qu’on peut faire beaucoup plus simple, beaucoup plus fiable et beaucoup moins cher. Maintenant Morpho dit…

    Morpho c’est la société française qui a travaillé au Kenya…

    Morpho dit que le système n’a pas été piraté. Peut-être. Je pense que si elle l’a dit c’est qu’elle est en mesure de le prouver, mais le fait que le système n’ait pas été piraté ne veut pas forcément dire qu’un certain nombre de dysfonctionnements n’aient pas eu lieu.

    On pense, par exemple, à cette présidentielle au Togo en mars 2010 où les résultats devaient être centralisés par informatique. Et manque de chance, le système est tombé en panne la veille du scrutin. Les observateurs n’ont rien trouvé à y redire.

    Oui, ça veut certainement dire que le système informatique n’était pas au point. Il y a eu beaucoup de progrès depuis 2010.

    Vous croyez vraiment que c’est juste un manque de chance ?

    Pas forcément, mais je ne peux pas confirmer parce que je n’ai pas vu d’expertise crédible sur ce manque de chance qui s’est produit au Togo. Par contre, dans d’autres pays très compliqués – je pense par exemple au très difficile processus électoral en Guinée, à l’issue duquel le président Alpha Condé a été élu – c’était une société sud-africaine qui avait été choisie pour l’informatisation du processus électoral, une société qui avait posé les problèmes de fiabilité, mais il a été possible pour les experts des missions d’accompagnement du processus électoral de contrôler, de corriger et de savoir exactement comment on fonctionnait.

    Au total, ces missions électorales qui coûtent cher à tous les contribuables est-ce qu’il ne faut pas les supprimer ?

    Si on parle des missions d’observation électorale lourdes, qui arrivent à la dernière minute pour faire un tour de piste et juste regarder les files d’attente des électeurs dans les bureaux de vote, oui. Et maintenant, on sait bien que pour pouvoir contrôler la fiabilité d’un processus électoral, il faut venir bien avant en amont, il faut avoir accès au travail des commissions électorales, au travail des cours constitutionnelles. Et c’est là que ça se joue.

    Est-ce que quelquefois les observateurs entrent de mission avec la volonté de dire ce qu’ils ont vu et est-ce qu’il y a censure de la part d’une autorité politique à Addis-Abeba, à Bruxelles ou à New York ?

    Certaines oui, certaines non. A Bruxelles non, à l’Union africaine, il y a de gros progrès à réaliser et je pense que la nouvelle commission…

    Vous parlez de Moussa Faki Mahamat ?

    Oui, notamment, est parfaitement consciente que cette insuffisance de rigueur et d’efficacité.


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