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    Ce que les Togolais vivent depuis un demi-siècle

    Jean-Baptiste Placca. RFI

    Salif Diallo, Babacar Ndiaye : deux pertes considérables pour l’Afrique, tandis que les Togolais se battent pour abattre les barrières démocratiques qui les distinguent si négativement des autres peuples de la sous-région.

    C’est le retour des vacances. Mais pendant cette période, l’actualité ne s’arrête pas. Et à la rentrée, l’on a parfois envie de revenir sur certains des événements survenus pendant que l’on se ressourçait. Comme la disparition de deux grandes figures africaines, qui constituent de grosses pertes pour leur pays et pour l’Afrique, et auxquelles vous voulez rendre hommage…

    Jean-Baptiste Placca : Commençons par Salif Diallo, du Burkina Faso, décédé en France, à l’âge de 60 ans, le 19 août dernier. Zéphirin Diabré, leader de l’opposition burkinabè, lui a rendu un des plus beaux hommages qui soit, parlant d’une grande consternation et d’une perte cruelle, et qualifiant cet adversaire de grand homme politique, qui a marqué l’histoire du Burkina et de sa démocratie par son engagement, sa détermination et son courage. Zéphirin Diabré, qui s’est véritablement distingué, à cette occasion, comme un homme d’Etat, dit du défunt président de l’Assemblée nationale qu’il était un homme politique déterminé, entier, qui aime bien le combat politique, mais était aussi un grand stratège, pourvoyeur d’idées.

    Où l’on réalise qu’à chaque étape de sa vie, Salif Diallo a toujours joué sa partition, toute sa partition, intégralement, courageusement. Elève contestataire, militant étudiant, cadre sainement politisé, toujours focalisé sur l’intérêt général, l’intérêt de son peuple, qui le lui a bien rendu, à l’occasion de ces obsèques. En dehors de Nelson Mandela et de Félix Houphouët-Boigny, jamais un homme politique africain n’a bénéficié d’une telle ferveur, d’un tel consensus, à sa disparition. Tout aussi impressionnante était la liste des personnalités politiques africaines, dont deux chefs d’Etat, qui ont fait le déplacement de Ouagadougou puis de Ouahigouya, pour honorer sa mémoire. Et, de fait, Salif Diallo a été hissé par son peuple à un niveau que l’on pourrait considérer comme venant tout juste après Thomas Sankara.

    Une autre grande figure nous a quittés pendant ces vacances…

    Il s’agit du Sénégalais Babacar Ndiaye, ancien président de la Banque africaine de développement, décédé le 13 juillet. Une perte considérable pour l’Afrique. Un sujet d'élite, brillant comme le continent savait en produire au détour des années 1960. Expert-comptable, diplômé de Sciences po et du Cefeb, il a fait toute sa carrière à la Bad, en a été vice-président, avant d’accéder à la présidence. Avant lui, le Ghanéen Kwame Donkor Fordwor avait posé le premier acte majeur de la vie de cette institution, en convainquant les dirigeants africains que la Banque ne pouvait espérer mobiliser des ressources sur les marchés financiers avec un capital exclusivement souscrit par les Africains.

    C’est lui qui a initié l’ouverture du capital de l’institution aux Occidentaux, aux Japonais et à d’autres nations asiatiques. A sa suite, Babacar Ndiaye s’est employé à asseoir la crédibilité de la Banque, en soumettant sa gouvernance à l’école de rigueur des trois grandes agences de notation financière : Fitch, Moody’s et Standard & Poor’s. Sous le leadership de Babacar Ndiaye, la signature de la Bad s’est, année après année, imposée, au point de devenir l’institution crédible que l’on connaît aujourd’hui, et son nom était même indissociable de celui de l’institution. Et l’on se souvient de ses discours, qu’il osait, à l’époque, débuter par une affirmation, à haute et intelligible voix, de sa foi musulmane : « Au nom de Dieu, le Clément et le Miséricordieux ».

    Vous revenez également sur le Togo, où la population réclame avec détermination des changements politiques significatifs. Que dire des dissensions qui semblent se faire jour au sein de l’opposition ?

    Les dissensions entre opposants sont, hélas !, classiques au Togo. Et ce sont toujours les mêmes qui surgissent pour embrouiller le jeu, contrarier les avancées décisives, au plus mauvais moment. Comme s’ils préféraient le statu quo à tout changement qui ne leur profiterait pas directement. Pour le reste, les Togolais semblent déterminés, en effet, à obtenir ce qu’ils sont bien les seuls à ne pas avoir, en Afrique de l’Ouest, aujourd’hui : une démocratie à peu près sincère, dans laquelle l’on peut manifester sans être systématiquement abreuvé de gaz lacrymogène ; une démocratie où l’on peut caresser le rêve de changer de destin, rien qu’en déposant son bulletin de vote dans l’urne. Aucun peuple, en république, n’a vocation à flétrir tant sous le joug d’une seule et même famille, d’un régime verrouillé, sans issue...

    Comment peut donc tourner ce genre de soulèvement de la part d’une population excédée ? L’Afrique a les yeux tournés vers le Togo. Vers ce que les Togolais vivent depuis un demi-siècle.


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