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    La Chine veut bannir les véhicules à essence

    Un homme regarde une voiture Tesla ( constructeur automobile de voitures électriques sportives et de luxe) dans un magasin de Pékin, en Chine. REUTERS/Kim Kyung-Hoon

    La Chine veut bannir la voiture à essence a déclaré le vice-ministre de l'Industrie sans préciser pour l'instant le calendrier. Faut-il prendre les Chinois au sérieux ?

    La voiture électrique est une vraie obsession des Chinois depuis une dizaine d’années. Cette annonce, même si elle est encore bien vague dans ses modalités pratiques, s’inscrit dans une stratégie industrielle de longue haleine. Pour les constructeurs c’est plutôt stimulant parce que le marché automobile chinois est le plus grand au monde. Et c’est déjà le plus friand de voitures électriques. 4 véhicules électriques sur 10 ont été vendus en Chine en 2016. Deux fois plus qu’aux États-Unis.

    L’engagement chinois c’est l’assurance d’un débouché à un prix compétitif pour le véhicule électrique. Mais c’est aussi une annonce angoissante parce que sur les 28 millions de voitures vendues en Chine, 99 % sont encore des voitures à essence. Étant donné la taille de ce marché, si Pékin interdit la production et la vente des voitures à essence dans un avenir proche, les producteurs redoutent de ne pas être prêts à temps.

    BYD grimpe en Bourse

    L’action du fabricant chinois de voitures électriques, BYD (pour « Buy Your Dream », « achetez votre rêve ») a grimpé en flèche ce matin suite aux annonces du vice-ministre de l’Industrie. Cette entreprise privée faisait de la batterie pour les portables et elle s’est reconvertie avec succès dans l’automobile électrique. BYD est aujourd’hui l’un des principaux fournisseurs du marché national. Et c’est déjà un acteur international, qui fabrique des bus électriques en Californie et en Bulgarie.

    Les grands groupes étrangers, que le marché chinois fait déjà en partie vivre, doivent donc mettre les bouchées doubles pour ne pas se faire dépasser par ces champions nationaux en train d’émerger avec le soutien du gouvernement chinois. Ils multiplient donc les accords avec des entreprises locales, prenant le risque de se faire dépouiller de la propriété intellectuelle qui intéresse tant les Chinois.

    Des alliances pour la production

    Il y a quelques semaines l’Alliance Renault-Nissan a annoncé une co-entreprise avec Dongfeng pour produire dès 2019 un véhicule électrique. Un projet très remarqué, tout comme celui de l’américain Ford avec un autre constructeur chinois très présent sur ce segment annoncé quelques jours plus tôt. La grande nouveauté, c’est que les constructeurs occidentaux ont dorénavant le droit de commercialiser leurs futures voitures électriques en Chine sous leur propre marque. Une concession faite par Pékin pour activer la transition de toute l’industrie automobile.

    Les autres géants de l’auto ne sont pas en reste : General Motors a déjà mis sur le marché une voiture électrique à petit prix en s’associant avec Saic. et Volkswagen qui vend 4 millions de voitures par an en Chine a décidé de faire de ce pays la tête de pont de sa recherche-développement.

    Pékin sait aussi manier le bâton pour forcer les producteurs à passer à l’électrique

    Au mois de juin, les autorités chinoises ont annoncé la mise en place d’un quota obligatoire de 8 % de production de voiture propre dès 2018. Ceux qui ne parviennent pas à cet objectif devront acheter des crédits aux locaux. Le système a déjà été aménagé à la baisse, mais il continue à donner des sueurs froides aux constructeurs qui savent déjà qu’ils ne seront pas en mesure de satisfaire les nouvelles exigences écologiques de Pékin.

    Voilà un aperçu des enjeux qui seront sans doute âprement discutés à Francfort où s’ouvre le Salon de l’automobile déjà en petite forme à cause du «Dieselgate».

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