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    Le commerce local de l'ivoire a disparu en Afrique centrale

    Les défenses des éléphants alimentent le trafic d'ivoire. Hoberman Collection/UIG via Getty Images

    Une vaste étude sur quinze ans menée par Traffic et WWF confirme la disparition du commerce local de l'ivoire en Afrique centrale. Il a fait place à la contrebande vers l'Asie.

    La vente d’artisanat d’ivoire a quasiment disparu en Afrique centrale. Deux vastes enquêtes de Traffic et WWF, l’une en 2007 l’autre en 2014 et 2015 ont permis d’actualiser les premiers travaux de Esmond Martin et Daniel Stiles en 1999, dans onze villes de cinq pays de la région. À l’époque les marchés ouverts de Bangui en Centrafrique à Pointe-Noire au Gabon, en passant par Yaoundé au Cameroun vendaient encore beaucoup d’artisanat d’ivoire aux expatriés et aux touristes. Aujourd’hui, seul le marché de Bikeko à Kinshasa a conservé cette activité, bien que la vente d’ivoire soit illégale en République démocratique du Congo.

    Entre-temps les gouvernements africains ont mis en œuvre de façon plus draconienne leur interdiction du commerce de l’ivoire. Les touristes ont cessé d’acheter des pièces travaillées. Mais surtout, trois quarts des éléphants d’Afrique centrale ont disparu, le prix de l’ivoire brut a explosé, devenant inaccessible pour les artisans africains. Le commerce local n’a pas pu résister au trafic international d’ivoire brut orienté vers l’Asie, qui a fait grimper les prix.

    Lutte étendue

    Les enquêteurs de Traffic et WWF ont mesuré précisément cette mutation, comment le prix d’une défense de plus de 5 kg a été multiplié par 10 depuis 1999, menant les bandes armées comme la Seleka en Centrafrique à piller un stock national. Ou encore comment les expatriés chinois sont devenus des intermédiaires de la contrebande, l’ivoire brut partant d’Afrique soit par le Cameroun et le Nigeria, soit par le Rwanda et la Tanzanie, avec des allers-retours entre le Congo et la RDC.

    Pour enrayer le trafic international, la lutte contre le braconnage ne suffit pas, estiment les ONG, c’est une lutte contre une criminalité très étendue que les États africains doivent pouvoir mener, jugent les ONG. Pour sauver les éléphants, il faut aussi tarir la demande asiatique. Les autorités de Pékin ont lancé un signal fort en interdisant le commerce de l’ivoire en Chine d’ici la fin de l’année. Ce qui a déjà fait rechuter les prix de l’ivoire brut importé par le Vietnam et la Malaisie. Deux pays qui restent à convaincre de ne plus importer d’ivoire d’Afrique centrale.

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