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    Salma Baccar: «Je me sens beaucoup plus libre dans mon expression artistique»

    Salma Baccar, cinéaste et femme politique tunisienne. M.Rais/wikimedia.org

    L’invité de RFI est la cinéaste tunisienne Salma Baccar. Après la révolution de 2011 elle est élue membre de l’Assemblée constituante en tant que représentante du pôle démocratique moderniste puis de la Voie démocratique et sociale. Elle alterne aujourd’hui activités politiques et cinéma et met d'ailleurs la dernière main à son nouveau film.

    RFI: Vous quittez un peu la politique pour le cinéma, après avoir quitté le cinéma pour la politique ?

    Salma Baccar: Je pense que je n’ai jamais quitté le cinéma pour la politique et aujourd’hui, comme vous pouvez le constater, je n’ai pas quitté la politique pour le cinéma puisque je vous reçois dans le siège de mon parti, le parti Al-Massar, La voie démocratique et sociale. Je me sens évidemment beaucoup plus libre dans mon expression artistique et cinématographique.

    Quand j’ai vécu cette expérience à travers l’Assemblée nationale constituante (ANC) et que j’ai participé à l’écriture de la nouvelle Constitution tunisienne, je me suis permis d’être moi-même et de continuer à parler comme je l’ai toujours fait, avec mon franc-parler, avec ma spontanéité et je me suis surtout permis de conserver, en moi, cette jeune cinéaste que j’ai été quand j’ai été formée, au début des années 60, par la Fédération Tunisienne des Cinéastes Amateurs.

    Vous êtes une lutteuse permanente pour les libertés. L’art est-il, pour vous, synonyme d’une résistance ?

    En tout cas, c’est la plus grande forme de résistance que j’ai appris, depuis ma prime jeunesse jusqu’à aujourd’hui. L’art sans résistance, l’art sans liberté n’aurait plus aucun sens pour moi.

    Votre dernier film – vous venez de le finir et vous faites encore les dernières retouches vous parlez, encore une fois, de la femme tunisienne, mais surtout de la femme tunisienne dans le passé ?

    Je parle surtout de la société tunisienne. J’ai toujours dit de la femme tunisienne que l’on ne peut pas l’exclure d’une thématique générale qu'est celle de la société tunisienne. La femme représente au moins les 50 %, sinon plus, et donc, comment parler de son quotidien, de son passé et même de son avenir, sans aborder directement le problème de la femme, quand on est soi-même femme, quand on évolue dans un corps de femme, dans un esprit de femme ?

    Au début, le film devait s’arrêter en 1956 ?

    C’est cela. Le film devait s’arrêter avec le retour de Bourguiba, le 1er juin 1955 et la promulgation du Code du Statut Personnel, le 13 juillet 1956. Mais avec l’expérience que j’ai eue à l’ANC, je n’ai pas pu m’empêcher d’y retourner pour régler un dernier petit compte avec les islamistes en Tunisie et leur dire, encore une fois, non à la référence à la charia dans la Constitution, non à la référence de la charia dans l’évolution de la société tunisienne que nous espérons plutôt progressiste, démocrate et ouverte vers le monde extérieur.

    Vous avez gagné cette bataille. C’est une bataille gagnée, pour le moment. Craignez-vous l’avenir ? La Tunisie va-t-elle organiser bientôt des élections ?

    Nous avons gagné la bataille mais pas la guerre, comme on dit. Effectivement, malgré tous les consensus qu’il y a eu, je pense que nous avons sauvé l’essentiel de la Constitution mais pour combien de temps ? Je ne sais pas. C’est pour ça que je dis qu’il faut continuer à rester vigilants. D’ailleurs, si nous avons gagné toutes ces batailles c’est grâce à la société tunisienne et à la présence des femmes dans cette société tunisienne mais je pense que nous sommes en train de marcher sur une eau trouble et dormante et il faut se méfier des torrents qui dorment.

    La Tunisie a gagné, tout récemment, une nouvelle bataille sur le chemin de l’égalité entre l’homme et la femme. Votre femme filmée était déjà égale à l’homme. Elle était émancipée et elle était toujours libre ?

    En tout cas libre, oui, même si ce n’est pas par des lois. Elle est libre dans sa tête, même si elle subit des situations qui lui sont imposées. Toutes les héroïnes de mes films restent des personnages libres parce qu’elles sont capables de dire non à l’ordre établi. C’est ce qui a amené aussi l’article 21 qui reconnaît l’égalité absolue entre l’homme et la femme.

    C’est ce fameux article 21 qui permet, aujourd’hui, à certains esprits libres de dire qu’à partir du moment où la Constitution reconnaît l’égalité, il n’y a plus aucune raison qu’il n’y ait pas l’égalité dans l’héritage. Ce dernier point était un sujet terriblement tabou. Bourguiba lui-même n’a pas osé aborder ce problème de l’héritage. Après la révolution, on a essayé d’évoluer peu à peu mais on se disait tout le temps : chut ! Pour le moment, on ne parle pas d’héritage.

    Aujourd’hui, on est capable de parler de l’égalité dans l’héritage parce que la Constitution a reconnu, dans l’article 21, l’égalité entre les hommes et les femmes.

    Vous êtes, Salma Baccar, pionnière dans le cinéma tunisien. Dans votre univers filmique, on sent que vous êtes toujours en quête d’une société libérée de ses complexes.

    Oui, absolument. Je revendique beaucoup le droit à la mémoire. Aussi loin que nous ramène notre mémoire de Tunisiens, il y a eu dans ce pays, depuis l’ère carthaginoise, des femmes libres et des esprits libres. Par conséquent, il n’y a aucune raison pour que cela s’arrête aujourd’hui parce que certains esprits rétrogrades ont décidé qu’il fallait que l’on soit les copies conformes de pays du Golfe ou autres pays voisins.


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