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    Italie: Silvio Berlusconi, l'éternel retour

    Le Berlusconi nouveau est arrivé REUTERS/Remo Casilli

    Silvio Berlusconi avait quitté la vie politique italienne en 2013. On le croyait à la retraite, tout dévoué à l’art d’être grand-père. Et voilà que l’ancien chef du gouvernement italien revient sur le devant de la scène. Dimanche, il a annoncé son intention de mener la prochaine campagne électorale. Un défi pour un homme de 81 ans opéré du cœur l’an dernier.

    De notre correspondante à Rome,

    Silvio Berlusconi va très bien ! Il s’est préparé à ce retour à la vie publique. Bronzé, aminci – il sort d’une cure de remise en forme – impeccable comme toujours dans son costume croisé bleu marine. Il a passé, dit-il, un été monacal, – en précisant quand même à ceux qui s’inquiéteraient pour lui -  « mais je suis toujours coquin ! »  Et d’enchaîner avec une petite allusion aux préférences des dames au lit.

    C’est bien lui ! Visage lifté, sourire triomphant : il veut relancer le centre-droit en Italie et fera, promet-il, la campagne électorale avec le même enthousiasme qu’avant. La voix est un peu fatiguée, mais il a l’air tellement heureux sur scène qu’on dirait un jeune loup en début de carrière.

    Déterminé à revenir sur le devant de la scène

    Condamné à 4 ans de prison pour fraude fiscale (peine transformée en travail social) et à une peine d’inéligibilité, Berlusconi est inéligible jusqu’en 2019. Mais il a fait un recours devant la Cour européenne des droits de l’homme et il est certain de gagner. Ses avocats sont plus prudents : même s’il gagne son recours, le temps des procédures risque d’être trop long pour le calendrier électoral italien, car on devrait voter au printemps. Mais ça n’a pas l’air de le gêner. Berlusconi veut redevenir ce qu’il a été pendant plus de 20 ans dans son pays : un poids lourd des coalitions au pouvoir. Un faiseur de rois.

    Alors s’il n’est pas élu lui-même il placera ses hommes. Et il affiche d’ailleurs, comme son possible alter ego, le président du Parlement européen, Antonio Tajani. Une véritable caution morale et européenne. Car le Berlusconi nouveau n’a plus l’euro dans sa ligne de mire. Il vante la politique du PPE, le groupe conservateur fédéraliste au Parlement européen dont la foi européiste est au-dessus de tout soupçon, et se dit l’ami d’Angela Merkel.

    Comme avant, en politique intérieure le programme de Berlusconi parle au portefeuille des Italiens: c’est moins d’impôts et des retraites pour les mères de famille. Avec en plus un discours animaliste ; il va aussi chercher l’électeur au rayon nourriture pour chats et chiens. Cela en fait du monde. En marketing politique, l’ancien publicitaire n’a pas perdu la main.

    Locomotive des conservateurs

    Avec Berlusconi, on a l’impression d’être dans une machine à remonter le temps. Chassé du gouvernement dans l’indignité, il avait disparu de la vie publique et on ne le voyait que dans les revues peoples, au chapitre mondanités. Sauf pour les électeurs fidèles de Forza Italia, son parti créé il y a 25 ans qui représente 12% des intentions de vote. Et comme il n’y a pas d’autre personnalité marquante dans la droite modérée, il est sans doute le seul à avoir le talent nécessaire pour ramener au pouvoir les conservateurs. Avec son cheval de bataille européen, il est en contradiction frontale avec l’extrême droite nationaliste. Il pourrait être incontournable dans un gouvernement de coalition. Et puis il a aussi une revanche personnelle à prendre !

    On dit toujours qu’en politique, on n’est jamais mort. Silvio Berlusconi encore moins qu’un autre…

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