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    Mohammed al-Dairi demande au Conseil de sécurité du «concret» pour la Libye

    Mohammed al-Dairi, ministre libyen des Affaires étrangères dans le gouvernement provisoire basé à Bayda dans l’est du pays, à Paris, le 24 août 2015. MIGUEL MEDINA / AFP

    L’invité Afrique soir est Mohammed al-Dairi, ministre libyen des Affaires étrangères dans le gouvernement provisoire basé à Bayda dans l’est du pays. Le ministre revient sur les dernières rencontres qui ont eu lieu en Egypte et en Tunisie. A la veille de la séance spéciale du Conseil de sécurité consacrée à la Libye, il demande aux Nations unies et à la communauté internationale du « concret » pour la Libye.

    Pourriez-vous nous tenir au courant des réunions qui ont eu lieu au Caire dimanche et à Tunis lundi 18 septembre ?

    Nous souhaiterions une solution politique, c’est notre position ferme. Au Caire, cela a été écrit noir sur blanc par des représentants de l’armée nationale libyenne qui ont rencontré leurs frères de Misrata. Au Caire, il a été affirmé que nous sommes pour la refonte de l’armée nationale libyenne en une seule institution militaire et nous avons réitéré notre position quant à la nécessité d’avoir un état démocratique et civil en Libye. Donc, notre position était claire au Caire, mais elle l’était aussi auprès du président Béji Caïd Essebsi, duquel du reste nous avons entendu des propos qui nous ont fait grandement plaisir, et nous avons grandement apprécié ce qu’il nous a dit. Les Tunisiens veulent le rétablissement de l’autorité de l’Etat en Libye, donc ça ne pouvait pas tomber dans l’oreille d’un sourd. C’était notre propos principal lors de ces discussions, nous étions d’accord pour le retour de l’Etat en Libye et mettre fin au règne des milices, qui sévissent malheureusement dans la partie ouest et sud du pays.

    Le maréchal Khalifa Haftar était-il satisfait de cette rencontre avec le président tunisien ?

    Nous étions très heureux de cette ouverture de la Tunisie sœur vis-à-vis du maréchal Haftar, qui représente une force militaire importante dans le pays, et qui a derrière lui un projet de la refonte de l’Etat libyen. Il n’a pas qu’un projet militaire. Les deux parties tunisiennes et libyennes étaient très ravies des résultats de cette rencontre.

    Pour vous, quel rôle la Tunisie pourra jouer pour le dialogue inter-libyen, on sait que la Tunisie était parmi les premiers qui ont proposé une initiative pour une solution en Libye ?

    Le président tunisien nous a fait part de sa proposition qu’il avait avancée auprès de ses homologues algériens et égyptiens, nous attendons toujours des résultats plus concrets de cette initiative, mais nous savons pertinemment que nos frères tunisiens sont très sincères. Ils veulent avoir une approche tripartite à laquelle ils veulent associer, bien évidemment, l’Algérie et l’Egypte, pour mener à bien des discussions inter-libyennes et de faire en sorte que les Libyens s’entendent en Libye. Depuis novembre dernier, nous avons accueilli avec satisfaction cette initiative tunisienne et nous attendons toujours du concret. Nous savons que l’Egypte a pris à bras le corps, l’aspect militaire et la réunion de dimanche n’était pas la première du genre. Il y en a eu une fin juillet et puis il y en aura une autre, j’espère, dans les dix prochains jours, pour concrétiser les principes énoncés au Caire. Auprès du président Essebsi, il a été question des grands enjeux qu'affronte la Libye, nous avons beaucoup apprécié ce que nous avons entendu.

    Une feuille de route sera annoncée à l’ONU, pensez-vous que cette annonce va accélérer le processus politique libyen ?

    Nous attendons des actions concrètes, six à sept mois de cette année ont été perdus dans les conciliabules diplomatiques et politiques entre les Etats concernés, surtout au niveau de Conseil de sécurité de l’ONU, pour désigner un nouveau représentant. Nous attendons le concret de cette feuille de route. Nous sommes prêts à rejoindre ce processus et c’est ce que nous avons annoncé à Monsieur Ghassan Salamé durant les deux fois où il a visité Benghazi, mais nous devons plus tarder, nous avons perdu beaucoup de temps. La situation économique, la situation sécuritaire en Libye empire de jour en jour, sur le plan institutionnel et sur le plan politique. La situation est donc très difficile, pour le commun des mortels en Libye et nous attendons l’application assez rapide de cette feuille de route. Du moins en ce qui concerne la réduction du nombre des vice-présidents du Conseil présidentiel de neuf à trois et la constitution d’un nouveau gouvernement qui ne doit pas tarder non plus. Nous voudrions avoir des actions concrètes d’ici décembre date à laquelle on commémore les deux ans de l’accord de Skhirat au Maroc. Indépendamment des textes, indépendamment de l’exégèse qui implique que l’accord prenne fin ou pas, nous adoptons une solution très souple, mais la communauté internationale a beaucoup tardé à mettre en place cette feuille de route, qui a peiné et qui peine toujours.


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