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    Côte d'Ivoire: pour Charles Boguifo, il y a 30% de faux médicaments sur les marchés

    Charles Boguifo. https://www.facebook.com/boguifocha

    La Côte d’Ivoire serait gangrénée par les faux médicaments. Plusieurs professionnels de santé s’inquiètent de voir le nombre de contrefaçons envahir le marché informel. La semaine dernière, plusieurs responsables du secteur pharmaceutique ivoirien ont donné une conférence de presse pour alerter l’opinion : qu’il s’agisse de médicaments « grand public » ou de produits hospitaliers, tous les types de produits sont concernés par les contrefaçons. Outre les dangers pour la santé publique, ces faux médicaments privent l’Etat de plusieurs dizaines de milliards de francs CFA par an. Pour en parler, le docteur Charles Boguifo, président de l’Ordre des pharmaciens de Côte d’Ivoire, répond aux questions d’Edouard du Penhoat.

    RFI: La Côte d’Ivoire a connu, au mois de mai dernier, une très importante saisie de faux médicaments dans un quartier d’Abidjan. Cela a remis en lumière ce problème des médicaments contrefaits dans le pays. Pouvez-vous nous donner un état des lieux ? Quelle est la proportion de faux médicaments, aujourd’hui, en Côte d’Ivoire ?

    Charles Boguifo: L’état des lieux, du point de vue du Conseil de l’ordre, est catastrophique. En effet, si on fait le point sur cette situation, de façon générale, il faut considérer que l’impact de ces faux médicaments doit être de l’ordre de 30 % environ de l’activité du secteur pharmaceutique. Quand je vous dis 30 %, c’est entre 50 et 80 milliards de francs CFA ou encore entre 76 millions et 120 millions d’euros. Vous imaginez que ces médicaments sont de tous types. On parle des antibiotiques, des anti-inflammatoires, des antituberculeux, des poches de sang… il s’agit de toute une panoplie de médicaments, dans des conditions déplorables.

    Ceci étant, l’évènement nouveau cette année, c’est le fait d’avoir des unités illicites de fabrication de médicaments. On en a découvert, pour cette année, au moins quatre unités sur lesquelles il y a eu des saisies de près 130 tonnes de médicaments. C’est vraiment une situation inquiétante avec, forcément, un impact négatif sur toute la politique sanitaire en Côte d’Ivoire et bien-sûr sur l’état de santé de nos populations.

    C’est-à-dire que c’est un phénomène nouveau, ces officines de fabrication de faux médicaments que vous avez pu trouver sur le territoire ? Cela n’existait pas avant ?

    De cette ampleur, cela n’existait pas avant. C’est d’autant plus inquiétant que, pour les zones découvertes qui sont pratiquement celles de Cocody, on imagine que des zones hors Cocody, du type Yopougon ou bien Abobo doivent certainement en disposer également et peut-être même, j’en reste convaincu, l’intérieur du pays aussi.

    Est-ce que l’attraction de ce marché noir s’explique par le fait que ces médicaments contrefaits soient moins chers que ceux que l’on peut trouver en pharmacie et qui, du coup, permet à ce marché de prospérer ?

    C’est un aspect qui est véhiculé justement par ces vendeurs car il est certain que si vous arrivez à obtenir des médicaments qui ont été dérobés, forcément le prix proposé sera moindre. Ça, c’est le premier aspect. Le deuxième aspect, c’est qu’ils sont dans un contexte où ils sont capables de vendre le médicament au comprimé, quel que soit le type de pathologie. Ainsi, celui qui a besoin de soigner un mal pourrait disposer d’un comprimé en attendant de pouvoir racheter un autre comprimé pour son traitement, soit le lendemain ou bien le surlendemain, s’il a encore un peu d’argent,

    Face à ce problème, quelles sont les pistes d’action envisagées ou déjà mises en œuvre par les autorités ivoiriennes ?

    Le Comité national de lutte contre le trafic illicite et la contrefaçon du médicament, le Cotramed, a été mis en place. Il est vrai que la DPSD, au niveau du ministère de l’Intérieur, a également a agi mais, de mon point de vue, il faudrait que ces actions soient plus vigoureuses, plus régulières et plus constantes pour que l’impact soit efficient. Des actions de sensibilisation ont également été faites vis-à-vis de la population mais je pense que la répression reste l’élément le plus important.

    Vous militez donc pour des actions répressives face à ce trafic. J’ai vu que l’Ordre des pharmaciens militait aussi pour une couverture maladie universelle. En quoi cela pourrait-il permettre d’endiguer et d’enrayer ce marché ?

    Cette couverture maladie universelle est, pour nous, très importante car l’élément évoqué par ces vendeurs, c’est justement le fait que ces médicaments soient moins chers. Or, si on a une bonne couverture maladie universelle, si la population sait que, pour se soigner, elle n’aura plus à débourser, eh bien nous pensons que cette couverture devrait pouvoir permettre d’enrayer ce phénomène, sans doute pas totalement, mais elle devrait permettre déjà que l’essentiel de la population s’oriente vers le secteur légal de la santé publique. Parallèlement, si l’action de répression et de sanctions est mise en place, le phénomène pourra plus facilement être enrayé.

    Je rappelle que lorsque l’on regarde dans certains pays qui ont déjà mis en place cette couverture maladie universelle, ce phénomène des médicaments de la rue est quasi inexistant.

    Et où en est actuellement cette idée de couverture maladie universelle auprès des autorités ivoiriennes ?

    Elle est en train d’avancer. Un test est en train d’être fait au niveau des étudiants et le projet de démarrage est prévu pour 2018. De notre point de vue, il y a un autre aspect qui, pour nous, reste déterminant, je veux parler du secteur privé. Comment ce dernier pourrait-il collaborer avec la Caisse nationale d’assurance maladie qui est en charge de ce dossier ? Pour nous, il est important de savoir comment le secteur privé pourrait être partie intégrante de cette couverture maladie universelle, notamment par rapport aux tarifs à appliquer.


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