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    Bananeraies détruites aux Antilles, un appel d'air pour la banane africaine

    Plantation de bananiers en Côte d'Ivoire. Getty Images/Danita Delimont

    Anéantie par l'ouragan Maria, la banane des Antilles va quasiment disparaître des étals européens pendant neuf à douze mois. Un appel d'air pour les bananes d'Amérique centrale et d'Afrique.

    C’est un spectacle de désolation dans les bananeraies de Guadeloupe et de Martinique. Si l’ouragan Maria a fait beaucoup moins de pertes humaines dans ces deux îles qu’ailleurs, il a soufflé à plus de 260 km/h. 70 % des bananeraies de Martinique sont par terre et il ne reste rien de celles de Guadeloupe. Les producteurs antillais n’avaient pas vu un tel désastre depuis près de trente ans, lors du passage du cyclone Hugo.

    Dans le meilleur des cas, les pieds des bananiers ont cassé et il faudra attendre qu’ils fassent des rejets. Mais dans la moitié des cas, les racines ont été arrachées dans des sols détrempés. Il faudra au bas mot 9 à 12 mois pour repartir en production, estime l’UGPBAN qui représente les producteurs antillais.

    Une production africaine dynamique

    La Guadeloupe et la Martinique pèsent 40 % du marché français de la banane, mais seulement 4 % du marché européen. « 200 000 tonnes de moins sur un marché de 6,2 millions de tonnes, c’est absorbable », estime Denis Loeillet, du Cirad, interrogé par Commodafrica. Surtout en période de surproduction mondiale comme aujourd’hui, qui a d’ailleurs vu les prix s’effondrer de 17 % depuis janvier.

    Il n’empêche que cumulée aux inondations en République dominicaine, l’absence de la banane de Guadeloupe et de Martinique laissera non pourvue l’augmentation de la demande en Europe, qui est régulière d’année en année. Cet appel d’air devrait bénéficier à la banane africaine très dynamique : la production a augmenté de 14 % au Ghana, de 21 % en Côte d’Ivoire, l’an dernier.

    Mais c’est la banane d’Amérique centrale et d’Amérique du Sud qui devrait profiter le plus de l’éclipse des producteurs antillais. Le Guatemala, le Costa Rica, l’Équateur et la Colombie bénéficieront de l’effet de masse de leur production bananière et d’un dollar plus compétitif en ce moment par rapport à l’euro.

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