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    La France brade ses fleurons industriels ?

    REUTERS/Robert Pratta

    Avec le rapprochement d'Alstom et de Siemens, la France a-t-elle perdu l'un de ses fleurons au profit de l'Allemagne, comme l'affirment plusieurs responsables politiques ?

    La réalité financière, c’est bien une montée en puissance de l’actionnaire allemand dans le capital du constructeur français. De fait, une belle page de l’histoire française du rail est en train de se tourner. Est-ce pour autant un nouvel indice du déclinisme français au bénéfice de l’expansionnisme allemand ? Une étude récente de l’institut PWC démontre que cette lecture est erronée et dépassée. Depuis 2009, les acquisitions d’entreprises allemandes par des sociétés françaises sont bien plus nombreuses que l’inverse.

    L’an dernier, 93 sociétés germaniques ont été absorbées par des entreprises françaises et seulement 23 entreprises bleu blanc rouge sont passées sous pavillon allemand. La dernière grosse opération en date a fait bomber le torse du coq gaulois : c’est le rachat d’Opel par PSA, qui au passage est devenu le deuxième constructeur automobile européen.

    Est-ce la fin des champions nationaux ?

    C’est une tendance lourde qui concerne même des industries aussi sensibles que celles de l’armement. Pour survivre, il faut exister sur le marché mondial, et pour cela il faut avoir la taille critique. Cette évolution est aussi liée à l’état des finances publiques. On voit bien que l’État n’a plus les moyens d’acheter à foison des trains ou des canons pour faire tourner les usines et encore moins d’entrer au capital des sociétés.

    Ces alliances transnationales c’est aussi l’occasion de renforcer le tissu industriel européen. Pour doter les Vingt-Sept de champions capables de rivaliser avec les géants américains, nippons, et bien sûr chinois. Il n’y a toujours pas en Europe par exemple de mastodonte du numérique.

    Les nouveaux champions industriels sont-ils vraiment « européens » ?

    Les chantiers de Saint-Nazaire rachetés par l’italien Fincantieri et Alstom par Siemens, ce ne sont pas tout à fait les mariages équilibrés et heureux que vendent les protagonistes. Les fusions en général virent à l’avantage de celui qui détient la plus grosse part du capital. Car dans une économie de marché, c’est bien l’actionnaire majoritaire qui a le pouvoir et cet actionnaire, il a un passé, une histoire. Il saura se souvenir de sa nationalité ou on lui rappellera quand viendra l’heure de prendre des décisions douloureuses.

    Les inquiétudes des salariés d’Alstom comme ceux des chantiers de Saint-Nazaire sont donc légitimes ?

    La vigilance s’impose. C’est pourquoi les autorités françaises essaient d’avoir le maximum de garantie pour les emplois français. Mais croire qu’on protège l’emploi en conservant le contrôle national d’un groupe est un leurre. Dans l’industrie automobile, les Britanniques ont pris une autre voie qui leur a plutôt réussi. Ces dix dernières années, ils ont cédé les marques automobiles qui faisaient leur fierté, mais ils n’ont pas perdu leurs usines pour autant.

    Ils ont au contraire attiré les constructeurs du monde entier en leur vendant le passeport pour le marché européen, c’est comme ça qu’ils sont devenus des producteurs automobiles de premier plan en Europe. Une belle réussite que le Brexit fragilise, les constructeurs penseraient déjà à délocaliser... On découvre que c’est bien le pavillon Europe qui est devenu une garantie.


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