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    Ukraine: les langues de la discorde

    Pour Petro Porochenko, «les droits des langues minoritaires garantis par la Constitution sont respectés». Sur la photo, le président ukrainien à Kiev, le 16 Janvier 2017. REUTERS/Gleb Garanich

    Plusieurs pays européens haussent le ton à l’encontre d’une nouvelle loi sur l’éducation adoptée par l’Ukraine. Cette loi renforce l’importance de l’ukrainien comme langue de l’éducation. Beaucoup craignent que les langues minoritaires ne s’en trouvent défavorisées. La controverse va loin, puisque le ministre des Affaires étrangères hongrois a promis de « bloquer » toute étape de l’intégration européenne de l’Ukraine.

    De notre correspondant en Ukraine,

    En soi, la controverse n’est qu’une toute petite partie de la loi, qui est en fait une révolution du système éducatif en Ukraine. La structure de l’enseignement change, de la tradition soviétique de la répétition de connaissances au développement de l’analyse, et de l’implication de l’élève dans le processus éducatif. La loi prévoit qu’au moins 7% du PIB doit être consacré à l’éducation; elle augmente les salaires des enseignants ; elle renforce l’autonomie des écoles.

    Une réforme a été préparée pendant 1,5 an. Mais dans la dernière ligne droite avant le vote, un article a été rajouté, faisant de l’ukrainien la langue d’éducation à partir du CM2, alors que jusqu’à présent, c’était plutôt flexible jusqu’à la seconde. Pour Petro Porochenko, c’est une condition pour affirmer la place de la langue nationale. Lui assure que les droits des langues minoritaires, garantis par la Constitution, sont respectés.

    Vives réactions

    Les premiers à avoir réagi sont les minorités nationales elles-mêmes. Plusieurs représentants estiment que la loi viole plusieurs conventions européennes. Ces communautés ont été relayées par plusieurs pays: la Pologne, la Moldavie, la Grèce, la Bulgarie, se sont inquiétées publiquement. Le président roumain a annulé un déplacement officiel à Kiev en protestation. Les Hongrois ont été les plus radicaux, en dénonçant un « coup de poignard dans le dos », et en assurant qu’ils ne soutiendraient plus l’Ukraine sur la scène internationale.

    Le gouvernement crie au malentendu, et entame des consultations avec ses partenaires européens. La loi ne doit s’appliquer qu’en 2020, après une période de transition. Et les minorités nationales peuvent jouer sur le flou de la loi : à partir du CM2, un ou plusieurs sujets peuvent encore être enseignés dans une des langues officielles de l’Union européenne. Le hongrois, le roumain et le polonais peuvent donc encore être utilisés.

    Le russe, grand perdant

    La langue russe est la grande perdante de cette réforme. En Ukraine, moins de 10% des élèves, environ 400 000, étudient dans des langues minoritaires, la plupart en russe. Les minorités nationales pourront peut-être trouver des moyens de s’accommoder avec la loi, mais les russophones devront s’y plier de manière plus stricte. La Fédération de Russie a protesté, comme les pays européens concernés. Mais dans le contexte actuel de guerre entre Kiev et Moscou, la critique ne porte pas en Ukraine.

    Il n’empêche que la question russe fait ressortir deux réprimandes très vives vis-à-vis de la réforme et de la politique du gouvernement en général. D’une part, que le but n’est pas de renforcer la place de la langue ukrainienne, mais plutôt de punir les russophones. Et d’autre part, que de telles lois sont risquées dans le contexte actuel, dans la mesure où elles pourraient développer le ressentiment d’une partie de la population vis-à-vis de la politique linguistique. Rien ne prouve que le gouvernement a réellement cette intention, mais en terme de communication, d’image et de ressenti par l’opinion publique, l’effet est d’ores et déjà désastreux.

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