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    L’artisanat de luxe malgache veut se faire une place sur le marché international

    Dans l'atelier d'IZAHO, les artisans peuvent passer plus de 60 heures pour réaliser une seule pièce de maroquinerie. Un travail exigeant, qui fait appel à un savoir-faire en voie de disparition dans les pays occidentaux. ©RFI/Sarah Tetaud

    Raphia, sisal, broderie, bois sculpté, s'il inonde le marché local, l'artisanat malgache, reconnaissable entre mille, reste pour le moment assez confidentiel sur le marché international. Mais certains entrepreneurs de la Grande Île ont décidé d'abolir ces frontières et de jouer la carte de l'exportation en proposant des produits réalisés à partir d'un savoir-faire d'exception. L'artisanat malgache de luxe, celui de la maroquinerie, remet au goût du jour des techniques manuelles en voie de disparition.

    Dans le petit atelier d'Izaho, perché sur une colline de la haute ville tananarivienne, cinq artisans aux mains d'or s'affairent autour d'un cuir de vachette d'une grande finesse. Découpe, parage, couture, assemblage, la concentration règne. Seul le bruit des outils vient animer ce lieu de création. Quand soudain, débarque un client. Il s'agit de Mahefa, le compositeur et bassiste du groupe de rock « Les Dizzy Brains ». Il vient récupérer une sangle de guitare qu'il a commandée quelques jours plus tôt. « J'avais besoin d'une sangle rock’n roll. C'est là que, Eric m'a proposé un truc avec des poils de chèvre, en cuir, fait à la main bien sûr. Je me suis dit, oh putain, ça j'aime bien ! Et c'est parti comme ça. Il y a de la mousse, elle est faite sur mesure sur mon épaule, c'est du haut de gamme quoi ! On ne peut pas trouver ça ailleurs en fait ! »

    Des objets uniques, pas de fabrication en série

    Une sangle de qualité, au design atypique et surtout unique. 3 valeurs chères à Monsieur Eric, l'un des deux associés qui a créé l'atelier en 2015. « Ce qui est important dans l'atelier, c'est le savoir-faire, c'est-à-dire la qualité qu'on apporte à chacun des objets. Il y a en fait tout un tas de savoir-faire artisanaux qui ont été amenés à l'époque de la colonisation. Vu qu'ici l'industrialisation n'a pas pris comme ça peut l'être ailleurs dans le monde, ces savoir-faire perdurent. Donc ça nous permet de nous positionner sur des marchés de niche là où des gens sont encore intéressés par des produits qui ont une âme, car faits à la main. C'est ce qui nous permet de travailler aujourd'hui sur des produits hauts de gamme avec justement des traditions et des techniques qui tendent à disparaître. Et nous, notre objectif c'est de les mettre en valeur. »

    Inspiration des grandes maisons de luxe françaises et italiennes

    Ne plus se contenter du marché local, mais exporter ce savoir-faire au-delà des frontières : voilà l'ambition de cet atelier malgache. Alors, il s'est spécialisé dans la fabrication de prototypes, une opération habituellement très coûteuse en Occident.

    Et c'est comme ça qu'Izaho et le styliste designer parisien Dany Rasoloson ont commencé leur collaboration. « Je me positionne essentiellement sur du haut de gamme-luxe, donc des produits faits à la main. Et en fait, en cherchant à Antananarivo, je suis tombé sur l'atelier d'Izaho qui proposait la technique du point sellier. Le point sellier, c'est une technique qui est utilisée par les grandes maisons de luxe françaises et italiennes. La particularité de cette technique c'est sa solidité. Chaque point constitue un nœud de serrage et l'avantage c'est que si le fil venait à craquer, le point ne se défait pas. » Le styliste vient donc de commander une série très limitée pour sa collection de bagagerie de luxe : 4 pièces par modèle.

    A 60 heures de travail par pièce, on est loin des cadences industrielles. Mais c'est justement ce qui plaît aux acheteurs, intéressés par la qualité du savoir-faire malgache et le coût très compétitif. L'atelier vient d'ailleurs de conquérir de nouveaux clients, new-yorkais.


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