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    Viols en RCA: Human Rights Watch dénonce les groupes armés

    Lors d'une manifestation contre les violences faites aux femmes, à Bangui, en novembre 2013. AFP PHOTO / PACOME PABANDJI

    Après plus de deux ans d'enquêtes, les chercheurs de l'ONG des droits de l'homme, Human Rights Watch, a recensé des centaines de cas de viols commis par les différents groupes armés depuis le début de la crise en 2013. Pour le moment, personne n'a encore été entendu et encore moins condamné. Lewis Mudge, chercheur à Human Rights Watch est l'invité Afrique de ce soir et répond aux questions d'Edouard Dropsy.

    RFI : HRW vient de sortir un rapport assez conséquent concernant les violences sexuelles en Centrafrique commises par les groupes armés. Que trouve-t-on dans ce rapport ?

    Lewis Mudge : Nous avons parlé avec plus de 300 survivantes des violences sexuelles et ce que nous avons trouvé, c’est que le viol était utilisé par des groupes armés ici en RCA depuis 2013 comme une arme de guerre. Et ils ont utilisé le viol ouvertement, ils ont ciblé les gens, des femmes et des filles comme un moyen de punir ces femmes et ces filles d’un autre groupe sectaire. Selon nous, ça a été quelque chose qui a été utilisé de façon systématique.

    Quels groupes armés sont concernés par ce rapport ?

    Principalement les Seleka. C’est-à-dire l’UPC d’Ali Darass, le FPRC de Noureddine Adam et le MPC de Mahamat al-Khatim. Bien sûr, nous avons aussi documenté plusieurs faits par des groupes anti-balaka, particulièrement ici à Bangui. Et il y a aussi une partie du rapport qui concerne le groupe 3R qui se trouve dans le nord-ouest, dans la région de Bocaranga.

    Vous leur avez posé la question à ces groupes armés. Qu’ont-ils répondu ?

    Ce n’est pas étonnant. Ils ont tous nié que leurs éléments ont fait des actes de tueries et de viols faits aux femmes et aux filles. Mais à un certain moment, quand on leur dit : « Nous avons documenté plusieurs dizaines de cas. Voici les dates, voici le contexte, le quartier ou le village où nous sommes au courant que vos éléments étaient en train de contrôler ce lieu à cette époque, ça peut devenir gênant pour les responsables de groupes armés »... À un certain moment, il y a certains chefs de groupes armés qui ont avoué en disant « Bon, j’ai peut-être quelques éléments qui ont fait des gaffes ».

    Est-ce que ce rapport porte également des accusations contre les Casques bleus ?

    Non. Ce rapport ne concerne que les actes faits par les groupes armés, c’est-à-dire les groupes rebelles. Donc, bien sûr, on va continuer de suivre les cas faits par des Casques bleus. Mais honnêtement, le grand problème c’est les cas de violences sexuels faits par les anti-balaka et les Seleka.

    Dans ce rapport, on peut lire des témoignages assez terribles. Quelles sont les conséquences psychologiques pour les victimes ?

    C’est un grand problème en RCA, pas seulement pour les victimes de violences sexuelles, mais pour les violences en général. Il n’y a pas grand-chose pour les victimes en termes de soutien psychologique. Parmi les plus de 300 victimes avec qui nous avons parlé, il y a seulement quelques cas où la femme était capable de parler avec des professionnels. En dehors de Bangui, c’est autre chose. Nous sommes dans un contexte, lorsque nous avons parlé avec des femmes qui sont à 30, 40 ou 50 km de la ville. Et pour elles, ce n’est pas possible de prendre un jour ou deux pour aller en ville.

    D’ailleurs, il y a aussi autre chose. Ici en RCA, les survivants de violences sexuelles, ils ont une vraie honte parce qu’ils sont connus dans leur communauté comme quelqu’un qui a subi ces actes de viols. Donc, elles-mêmes, elles ont peur d’essayer d’accéder à un soutien psychologique ou bien médical. Parce que beaucoup de femmes et filles nous ont dit qu’elles préféraient essayer d’oublier ce qui leur était arrivé.

    Quelles sont les qualifications pénales du viol par les groupes armés ?

    Ici en RCA, c’est un crime selon la Cour pénale. Le problème ici en RCA, comme tous les Centrafricains le savent déjà, c’est que la Cour criminelle n’est pas en mesure de fonctionner normalement. Il y a eu une session criminelle en 2016, une autre en 2015. En 2016, il y a certains cas de viols qui étaient devant le tribunal, mais, malheureusement, c’était les actes communs.

    Il y a autre chose qui a été mis en place très récemment, c’est la Cour pénale spéciale. Et cette Cour a le mandat pour faire des enquêtes par rapport aux actes de viols faits par les groupes armés. Donc, les cas de viols systématiques qui ont été considérés comme armes de guerre. On espère à Human Rights Watch que cet organisme peut être capable en 2018 de faire des vraies enquêtes par rapport aux violences sexuelles.


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