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    Un brin de musique ADN

    Modèles de double hélice d'ADN; Getty Images/ Digital Vision/ Lawrence Lawry

    Des chercheurs suisses ont utilisé de l'ADN artificiel pour numériser deux morceaux d'anthologie issus du Festival de Jazz de Montreux. Tutu, de Miles Davis et Smoke on the Water, de Deep Purple résisteront aux outrages du temps avec ce procédé de stockage d’informations capable de préserver des données pendant des millénaires.

    En 2013, des chercheurs du Royaume-Uni étaient parvenus à encoder un enregistrement en mp3 du discours « I have a dream » de Martin Luther King dans des brins d’ADN, les molécules où sont inscrites les informations génétiques du vivant. Une technique d’archivage quasiment éternelle, avaient démontré par la suite, les scientifiques de l’École polytechnique fédérale de Zurich en Suisse.

    Malheureusement, cette manipulation des séquences ADN se révélait à l’époque trop complexe et onéreuse pour que ce stockage prometteur dépasse le simple stade de la démonstration. Mais c’était sans compter sur les recherches menées par l’entreprise américaine Twist Bioscience, avec l’appui de Microsoft Research et de l’Université américaine de Washington.

    Des tests en musiques

    Leur méthode consiste à utiliser des brins d’ADN artificiels infiniment plus résistants que leur équivalent biologique pour « enregistrer » des données binaires, puis d’analyser ce code génétique particulier à l’aide d’un séquenceur, afin de « relire » l’information originelle. Les chercheurs suisses du MetaMedia Center de l’École polytechnique fédérale de Lausanne ont voulu éprouver le procédé.

    Les enregistrements de deux morceaux d’anthologie du Festival de jazz de Montreux ont été employés pour les besoins de l’expérience. Il s’agit de Tutu, de Miles Davis, et Smoke on the Water du groupe Deep Purple qui sont devenus ainsi les premières œuvres musicales à avoir été sauvegardées sous la forme de séquences d’ADN. Des documents sonores qui ont été ensuite décodés pour être à nouveau joués en public sans aucune perte de qualité.

    Des milliers d’enregistrements à l’échelle d’un grain de sable

    Le volume d’ADN synthétisé pour préserver pendant des centaines, voire des milliers d’années, ces deux morceaux est invisible à l’œil nu, font savoir les scientifiques. L’équivalent d’un grain de sable suffirait pour consigner la totalité des 50 ans d’archives du Festival, inscrite au registre « Mémoire du monde » de l’Unesco ! En revanche, des centaines de milliers de kilos de cette « bio-mémoire » seraient nécessaires pour léguer à nos lointains descendants toutes nos connaissances ou transmettre notre histoire.

    Mais il y a péril en la demeure, nos disques durs ou leurs versions optiques comme les DVD et autres mémoires flash sont incapables actuellement de préserver leurs contenus plus d’une centaine d’années. Si rien n’est fait, ces supports à la mémoire volatile condamnent dès aujourd’hui les générations futures à une amnésie totale.

    Vous avez des questions ou des suggestions, vous pouvez nous écrire à nouvelles.technologies@rfi.fr

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