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    Maroc: la cocaïne est «destinée au marché de la sous-région et à l’Europe»

    Pierre Lapaque, représentant du Bureau régional de l'office des Nations unies pour la drogue et le crime pour l’Afrique de l'ouest. unodc.org

    Le Maroc a annoncé cette semaine une saisie record de cocaïne, deux tonnes saisies après plusieurs mois d'enquête. Le mois dernier, c'est au Mali et au Niger. Pour cette drogue produite en Amérique du Sud, la voie dite «africaine», qui fait transiter la drogue par les pays d’Afrique de l'Ouest et du Nord, est de plus en plus usitée. Notre invité est ce matin Pierre Lapaque, le représentant régional de l'office des Nations unies pour la drogue et le crime pour l’Afrique de l'Ouest. Il répond aux questions de Xavier Besson.

    RFI: Quand les autorités marocaines annoncent une saisie record de cocaïne et la qualifient d’extrêmement pure, est-ce que cela veut dire que le produit n’était pas destiné à être consommé sur place ?

    Pierre Lapaque: Cela veut dire que les cartels producteurs – les trois principaux qui produisent la cocaïne sont la Bolivie, le Pérou et la Colombie – quand ils exportent,  ils augmentent le taux de concentration le plus proche possible les 100 % pour pouvoir réduire les quantités.

    D’après les informations que nous avons, la drogue qui a été saisie au Maroc est d’une concentration de 93 %. Ensuite, quand cette drogue arrive sur les marchés de destination - qu’ils soient européens ou d’ailleurs - elle est évidemment coupée puisque la drogue qu’on retrouve dans la rue a, en effet, des taux qui tournent aux alentours de 20 %.

    Quel était l’objectif de ces trafiquants en plaçant cette drogue au Maroc ?

    C’est-à-dire que la région, après l’Afrique de l’Ouest et le Maghreb - c’est-à-dire toute la façade atlantique - est une région où les bateaux peuvent arriver et où il peut y avoir des transbordements outre-mer. A priori, c’est ce qui s’est passé puisque cette drogue serait arrivée d’Amérique Latine par bateau pêche, transbordée ensuite et puis transportée par terre. Evidemment, elle est ensuite destinée à différents marchés. Il y a, bien-sûr, une partie qui va rester au Maroc mais elle est principalement destinée aux marchés de la sous-région et surtout à l’Europe.

    Donc aujourd’hui, le Maroc et les pays d’Afrique de l’Ouest ont-ils davantage un rôle de pays de transit ?

    Oui et non. Ce ne sont certainement pas des pays de production, puisque cette production s’opère en Amérique latine, mais c’est certainement une zone de transit et de plus en plus une zone de consommation parce qu’en Afrique de l’Ouest, il y aurait, selon les estimations qui ont été faites par nous et d’autres acteurs, entre 2 et 3 millions de consommateurs de drogue – toutes drogues confondues, bien sûr – en Afrique de l’Ouest.

    Est-ce que c’est un chiffre en augmentation, ces dernières années ?

    C’est un chiffre qui n’a cessé d’augmenter. Pourquoi ? Parce qu’il y a peu de structures sanitaires, peu de suivi médical, peu de centres de traitement – un seul en Afrique de l’Ouest – et, par conséquent, tous les éléments sont là pour justement favoriser le développement de la consommation.

    Est-ce parce que c’est un sujet, une préoccupation dont les autorités ne se sont pas encore saisies ?

    La préoccupation existe dans tous les pays de la sous-région. Après, bien-sûr, il s’agit d’un problème de gestion de budget et ce n’est pas toujours évident. C’est comme ça. Donc, on travaille avec les pays pour essayer d’avancer dans la bonne direction. Le Sénégal, par exemple, est le premier pays qui s’est doté d’un centre qui s’appelle le CEPIAD où les addicts et les jeunes consommateurs peuvent être traités. Il y a distribution de méthadone et cela s’opère sur les mêmes standards que l’on peut retrouver à Paris ou à Berlin mais, pour l’instant, on est dans la phase de lancement et de début, au niveau de la sous-région.

    A Dakar, il doit y avoir trois ou quatre médecins addictologues. Nous sommes en train de travailler, avec nos amis de la Cédéao, pour lancer justement, dans les facultés de médecine, des certificats spécifiques en addictologie parce que tout simplement cela n’existait pas dans les cursus universitaires des médecins d’Afrique de l’Ouest.

    Dans les trafics et la consommation de drogue, aujourd’hui, quel rôle jouent les groupes armés du Sahel ?

    C’est très difficile de répondre à cette question. Quand la drogue arrive dans la sous-région, elle arrive par containers ou bien par bateau pêche ou encore par l’aviation. Une fois qu’elle arrive dans la sous-région, elle est stockée et est ensuite distribuée vers les marchés de destination, en particulier l’Europe de l’Ouest. A ce moment-là, vous êtes obligé de couper la zone transsaharienne et c’est alors que vous avez la connexion avec les groupes terroristes qui souvent, d’après nos informations, prélèvent leur dîme sur les transports qui ont lieu « sur leur territoire », du moins sur les territoires où ils sont impliqués.

    Est-ce qu’aujourd’hui, les Etats et les Nations unies peuvent y faire quelque chose ?

    C’est compliqué car - vous connaissez la zone sahélienne – ce sont des millions de mètres carrés de sable et les frontières n’ont aucun sens en tant que telles. Si on vous dépose entre deux dunes, vous serez incapable de dire si vous êtes en Mauritanie ou bien au Mali. C’est ça la réalité sur le terrain. Les pays en tant que tels n’ont que très peu de moyens aériens. Les patrouilles au sol n’ont un sens qu’à partir du moment où on sait ce qu’on poursuit et qu’on a une idée de l’endroit où se trouve ce que l’on poursuit. Or là, c’est du domaine du renseignement criminel qui est tout aussi difficile à collecter.

    Il est évident que de gros efforts sont faits. Des pays s’impliquent énormément. Le Niger, le Mali, le Tchad bien sûr, tous les pays de la zone sahélienne, le Burkina et la Mauritanie s’impliquent énormément pour être le plus efficaces possible dans la lutte contre ces phénomènes. On a beaucoup de renseignements mais on n’a plus de certitudes parce que c’est la réalité du terrain qui l’impose.


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