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    Adama Dieng: «Il faut rester vigilant» en RCA

    Le sénégalais, Adama Dieng, conseiller spécial de l'ONU. un.org

    Le conseiller spécial de l’ONU pour la prévention du génocide, Adama Dieng, vient de passer une semaine en Centrafrique. Sa visite fait écho aux propos de Stephen O’Brien, son homologue aux affaires humanitaires (qui avait parlé cet été de « signes avant coureur de génocide ») autant qu’à la venue dans le pays à la fin du mois du secrétaire général des Nations unies, António Guterres, alors que les massacres se multiplient depuis plusieurs mois en province, souvent sur des bases religieuses et ethniques. Adama Dieng est notre invité ce matin, il répond aux questions de notre correspondant en Centrafrique, Édouard Dropsy.

    RFI : Vous venez de passer près d’une semaine en Centrafrique, est-ce que les mots de Stephen O’Brien qui parlait de « signes avant-coureurs de génocide », il y a de cela deux mois, sont justifiés ?

    Adama Dieng : Je ne peux pas dire qu’il y a un risque de génocide, mais je dirai tout simplement qu’il faut rester vigilant, il faut du temps pour planifier un génocide et l’exécuter. Ce qui donc nous donne l’opportunité de l’empêcher. Il y a des indicateurs qui sont la prolifération des groupes armés, la faiblesse des structures de l’Etat, la corruption, autant d’éléments qu’il faudra maitriser pour éviter justement de déboucher sur ce qu’on appelle la commission des atrocités criminelles, génocide, crime contre l’humanité, crime de guerre.

    Lors de votre visite vous vous êtes rendu à Bria où une grande partie de la population est déplacée, vous avez également rencontré Abdoulaye Hissène qui contrôle la ville avec le FPRC, quelle a été l’issue de cet entretien ?

    Cet entretien a permis de lancer un message clair à toutes les autorités, non seulement aux responsables de ces groupes armés, mais aussi aux autorités administratives. Je me souviens d’ailleurs d’avoir donné au préfet l’exemple de Akayesu, qui était préfet au Rwanda, en disant un préfet aussi à la responsabilité de protéger les populations dans sa préfecture. Aujourd’hui, vous devez prendre action vous ne pouvez pas dire demain que vous ne saviez pas. La jurisprudence d’Arusha est claire vous êtes quand vous occupez une telle position, vous êtes sensé savoir et vous ne pouvez pas ignorer ce qui se passe. Quant aux groupes armés, je les ai invités à se soucier du sort des populations et à quitter les villes et que ces populations puissent y retourner.

    Le même Abdoulaye Hissène et d’autres groupes armés de la Haute-Kotto et de la Waka viennent de signer un accord de cessez-le-feu, est-ce que cet accord vous parait crédible ?

    Je ne peux pas cracher là-dessus, moi je dis tout accord qui vise à la paix, je ne peux que l’encourager. Maintenant, une chose est d’apposer sa signature, une autre chose est de respecter cet engagement et nous avons la feuille de route de l’Union africaine et cette feuille de route est une opportunité à saisir par tout le monde.

    Estimez-vous que la présidence, le gouvernement ou les hommes politiques centrafricains en général condamnent avec assez de fermeté les exactions commises sur les populations ?

    Ma réponse est non. Et j’espère qu’à l’issue de ma visite elles se mobiliseront davantage et je le dis à tout le monde, y compris à mon frère le président Touadéra. Soyez plus communicatif, il faut que toutes les autorités politiques, religieuses, que tout le monde s’y mette parce que le citoyen lambda de la rue n’a pas d’influence et ce pays a besoin d’être soutenu, mais ce soutien devra venir de vous-même. Comme il est dit dans la bible : « Au commencement était le verbe et le verbe est action » donc il faut que ces autorités parlent et je crois que le président Touadéra s’y est engagé et de condamner aussi sans équivoque et c’est cela qu’il faut aujourd’hui.

    Est-ce que le fait, aujourd’hui, d’intégrer des membres de groupes armés dans le gouvernement centrafricain n’est pas un risque pour l’impunité des futures personnes qui seront présentées à la justice internationale ou nationale ?

    Comme je l’ai dit, il ne faut pas percevoir cette inclusion de membre de groupes armés dans ce gouvernement comme une prime à la délinquance. Pour moi, c’est une ouverture qui est porteuse d’espoir, mais cela dit il ne faut pas qu’on se fasse d’illusion, pour nous autres en tout cas l’impunité ou l’amnistie est inacceptable.

    Antonio Guterres, le secrétaire général de l’ONU, vient en Centrafrique à la fin du mois, quel rapport allez-vous lui ?

    Je ne vais pas vous révéler ce que je vais lui dire, mais je dirai tout simplement que le secrétaire général sera bien informé de la situation et il mettra aussi à nouveau l'accent sur la prévention parce que tout simplement, il ne peut pas y avoir de développement sans paix, il ne peut pas y avoir de paix sans développement. Mais pour tout ceci, il faudra comme fondation l’éducation et au-dessus, la base, ça sera la justice sociale.


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