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    L'Egypte met le turbo pour exploiter son gaz

    Plateforme d'extraction de gaz naturel en pleine mer. Getty Images/Phillip Spears

    C'est en décembre que débutera l'exploitation du champ de gazier de Zohr découvert au large des côtes égyptiennes, il y a deux ans, un champ estimé à 850 milliards de mètres cubes. Une aubaine pour l’Egypte, qui espère ainsi redevenir auto-suffisante en gaz. A plus de 200 km des côtes, et à plus de 4 000 mètres de profondeur, les ingénieurs ont construit les infrastructures en un temps record. François Hume-Ferkatadji a rencontré le professeur Ahmed el-Banbi, doyen de la faculté d’ingénierie pétrolière de l’université américaine du Caire (AUC). Et il revient avec lui sur cette épopée industrielle menée au pas de charge.

    En août 2015, l’Égypte souffre de graves difficultés économiques, la découverte du gisement de gaz Zohr fut importante se souvient le professeur Ahmed el-Banbi. « C’était une surprise, vraiment une bonne surprise, insiste-t-il. Ça a été rendu possible parce qu’en amont un accord de concession avait été signé entre ENI et le gouvernement égyptien, environ un an avant la découverte. Mais d’habitude ça prend plus de temps ».

    Un an après la signature de cet accord, les prospections sont fructueuses. Et deux ans après la découverte, l’exploitation du champ va commencer. « Pour du gaz qui se trouve en eaux profondes, dans une zone inconnue où il n’y a pas d’infrastructures disponibles, ça prend habituellement entre 4 et 8 ans avant de pouvoir extraire le gaz », explique Ahmed el-Banbi. « Mais pour ce projet particulier, je pense que c’était si important pour le pays et pour la compagnie gazière, que tout est allé très vite. Ils ont mis beaucoup d’efforts pour travailler le plus vite possible », constate-t-il.

    Défi technique de taille

    En effet, l’Égypte qui importe actuellement son gaz espère devenir rapidement autosuffisante. Le défi technique était de taille pour extraire du gaz qui se trouve à plus de 4 000 mètres de profondeur et l’acheminer vers les côtes, l’un des plus importants pipelines du monde a été construit pour l’occasion.

    « Ils vont construire de nombreux puits. Ces puits se trouveront sous la surface de la mer, ce qui signifie qu’il sera impossible de voir quoi que soit au-dessus du niveau de la mer. » Puis le professeur ajoute qu’« en raison de la profondeur, il est impossible pour les plongeurs de travailler sur zone, pour réparer les gazoducs ou vérifier les installations, c’est pourquoi on doit utiliser des véhicules d’opérations télécommandés. Ce sont ces engins qui vont raccorder tous les tuyaux ensemble, vers un gros gazoduc qui achemine le gaz vers les infrastructures sur la côte. »

    Selon les termes du contrat, l’Égypte remboursera peu à peu les frais avancés par ENI, puis le chiffre d’affaires sera divisé à parts égales entre la compagnie et l’État égyptien. Les experts n’excluent pas la découverte de nouveaux champs géants dans cette même zone. Ce qui pourrait permettre à l’Égypte de devenir exportateur.


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