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    L'ex-chef d'Etat de droite Sebastian Pinera, en tête du premier tour de l'élection présidentielle au Chili, affrontera au second tour le candidat socialiste, le journaliste Alejandro Guillier, pour succéder à la présidente de gauche Michelle Bachelet. Les deux hommes étaient crédités respectivement de 36,66% et 22,64% des voix, selon des résultats partiels basés sur le dépouillement de plus de 84% des votes diffusés par l'autorité électorale chilienne (Servel).

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    A la Une: nouvelles violences au Togo

    La capitale du Togo, Lomé, a connu de violentes manifestations dans la journée du mercredi 18 octobre. REUTERS/via Reuters TV

    Les photos sont saisissantes sur le site d’information Ici Lomé : rues barrées par des troncs enflammés, forces de l’ordre et manifestants se lançant des pierres, arrestations musclées, jets de grenades lacrymogènes… Et puis aussi ces civils armés de sabres ou de fusils, à bord de 4x4, qualifiés par Ici Lomé de « miliciens », de supplétifs des forces de l’ordre…

    Le site d’information raconte : « Devant quelques caméras à Agoè Zongo, ils sont descendus de leurs véhicules. Ils se sont mis à désengorger la route nationale N°1 où brûlaient encore des pneus. Puis, l’un d’eux, la cagoule bien ajustée à l’allure de chef d’équipe, lance : "filmez bien ! Vous voyez notre travail ? Des gens veulent détruire ce pays. Les autres cassent, nous on nettoie". »

    Et Ici Lomé de s’interroger : Pourquoi se munir de gourdins, de massues, voire de fusils, si on a juste l’intention de nettoyer la voie ? Pourquoi ne pas porter simplement des gilets avec des véhicules bien identifiables quand on joue dans la légalité ? Pourquoi se cacher le visage si on est animé de bonnes intentions ? »

    Qui a tiré ?

    Pour le quotidien d’opposition Liberté, il ne fait guère de doute que ces hommes sont à la solde du pouvoir…. Liberté qui parle de « gangstérisme d’Etat : l’image de ville au double visage que présentait hier Lomé (fantôme par endroits et vivant au rythme de guérillas urbaines ailleurs) ainsi que les scènes atroces et effroyables de milices armées jusqu’aux dents paradant dans notre capitale à la recherche de " gibiers " ont fait froid dans le dos, s’exclame le quotidien togolais.

    Ati-koumé, Bè Gak-poto, Tokoin Douma-sséssé, Adido-gomé, Ségbé pour ne citer que ces quartiers, n’ont pas échappé à la folie meurtrière de ces hommes encagoulés, à bord de pick-up non immatriculés. Ils ont martyrisé les manifestants qui se massaient pour battre les pavés, à l’appel des forces démocratiques. Munis d’armes blanches, de fusils et autres, ils ont opéré visiblement en territoire conquis. Mais pas dans l’absolu puisque par endroits, des jeunes se sont organisés pour leur tenir la dragée haute et, parfois les tenir en respect. Méthode de gangsters, s’exclame encore Liberté, que celle de ces individus sans foi ni loi, affublés de titre de gouvernants. »

    « Triste mercredi », soupire pour sa part le site officiel de la république togolaise. « Quatre personnes ont été tuées par balle, dont une à Lomé et 3 à Sokodé, lors des manifestations non-autorisées organisées hier par l’opposition. Une soixantaine de personnes ont été interpellées. (…) A ce stade, il est impossible de déterminer l’origine des tirs. En effet, affirme le site officiel, des armes de guerre circulent et auraient pu être utilisées par des manifestants. Les protestations du jour n’ont rien eu de pacifique. »

    Cimetière à ciel ouvert

    « Encore combien de morts ? », s’interroge pour sa part le site d’information Wakat Séra.

    « Encore combien de morts pour que pouvoir et opposition politiques comprennent que le Togo est en train de devenir un cimetière à ciel ouvert pour ses propres enfants ? Les démons de la violence et de la haine aveugles ont refait surface, et mis en transe ce pays où la politique, surtout par le biais des élections, se transforme en véritable poudrière dont les déflagrations endeuillent en masse. Au nom d’un retour à la constitution de 1992 et de la manifestation de ras-le-bol d’une partie du peuple contre le règne cinquantenaire et sans partage de la famille Gnassingbé sur le pays, le Togo s’est finalement embrasé après un cycle de marches et meetings qui perdurent depuis quelques mois. »

    L’Observateur Paalga à Ouagadougou s’interroge également : « comment concilier des positions aussi tranchées entre une majorité présidentielle dont les réformes institutionnelles n’ont en réalité d’autre objectif que de permettre au président Faure Gnassingbé de remettre son compteur à zéro à l’issue de son actuel mandat ; et ses contempteurs qui ne réclament plus rien d’autre que le retour à la Constitution de 1992 si ce n’est le départ pur et simple de l’héritier de la dynastie au pouvoir depuis 50 ans ? On est donc en train d’entrer dans un cycle de violence-répression dont nul ne sait sur quoi il va déboucher. »

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