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    Au Cameroun, le roi des ordures se développe grâce à la France

    Vue du centre de Yaoundé. wikipedia

    La collecte des ordures est le casse-tête des municipalités et en Afrique les mégapoles ont bien souvent du mal à gérer ce problème. Au Cameroun depuis 1969, une société Hysacam fait figure d’exception. Hysacam collecte et gère les ordures de 17 grandes villes du pays et vient d’emprunter 24,5 milliards de FCFA pour moderniser sa flotte de camions.

    Contrairement aux idées reçues les banques ne prêtent pas qu’aux riches, elles prêtent d’abord aux vertueux. Et c’est le cas d’Hysacam, la société d’hygiène et de salubrité du Cameroun qui collecte chaque jour 4000 tonnes d’ordures dans 17 villes du pays. Une aventure qui dure depuis 1969… Et c’est le sérieux de cette entreprise qui a convaincu PROPARCO, la filiale de l’Agence française de développement d’appuyer Hysacam qui vient d’emprunter 24,5 milliards de FCFA auprès d’un consortium de banques. Thomas Husson, responsable de PROPARCO au Cameroun.

    « Hysacam collecte des ordures à raison des coûts d’environ 15 000 FCFA la tonne, ce qui est un coût très bas et extrêmement compétitif. Et Hysacam arrive à le faire là où d’autres entreprises ne peuvent pas encore y arriver. Hysacam a peu de concurrents, il fait pratiquement partie du patrimoine puisque 15 millions de personnes au Cameroun bénéficient des services d’ Hysacam chaque jour dans les 17 premières villes du pays. »

    Une maîtrise des coûts qui ne signifie pas une politique sociale au rabais, selon le PDG d’hysacam, Michel Ngapanoun.

    « Nous sommes l’une des premières entreprises au Cameroun à avoir mis en place l’assurance maladie généralisée à tous les employés. Et les salaires sont légèrement au-dessus de ce qui est pratiqué ailleurs au niveau des ouvriers ou des chauffeurs. Nous avons privilégié cette catégorie d’employés. »

    4000 employés, un chiffre d’affaires de 25 milliards de FCFA par an, Hysacam est avant tout une entreprise bien gérée, ce qui lui permet selon son PDG de maitriser les coûts et de surmonter les difficultés de paiement. Car l’entreprise est dépendante des financements de l’état aux municipalités. Michel Ngapanoun.

    « Le gouvernement apporte aux villes 80% des paiements et les villes paient les 20% restants. Il est vrai qu’il y a des difficultés de paiement au Cameroun, d’ailleurs cette année a été assez difficile en termes de régularité de paiement, nous sommes sur place et nous avons l’expérience, nous réussissons à trouver des solutions, des passerelles pour se faire payer ».

    Hysacam aimerait conquérir de nouveaux marchés en Afrique. Mais les expériences passées n’ont pas toujours été fructueuses, la société qui avait décroché des contrats à Cotonou, Ndjamena et Niamey notamment, a dû abandonner faute de paiements. Elle développe aujourd’hui d’autres sources de profit comme la valorisation des déchets comme le méthane engendré par les décharges d’ordures de Douala et Yaoundé.

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