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    Affaire Ben Barka: «Connaître la vérité ne pourra qu'assainir les relations franco-marocaines»

    Bechir Ben Barka à Héricourt, en 2009. AFP/Jeff Pachoud

    Il y a 52 ans, Mehdi Ben Barka était enlevé en plein centre de Paris. Le corps de ce militant panafricaniste et socialiste, opposant au roi du Maroc Hassan II, ne sera jamais retrouvé. Plus d’un demi-siècle après les faits, malgré plusieurs procès, la famille de Mehdi Ben Barka n’a toujours pas eu accès à la vérité. Il y a cinq mois à peine, le gouvernement français déclassifiait plusieurs documents confidentiels, mais qui n’ont permis aucune avancée dans la compréhension des faits. Son fils, Bachir Ben Barka, n’a jamais abandonné le combat. Il milite pour que la France et le Maroc aient enfin le courage d’admettre la vérité. Il répond aux questions d’Édouard du Penhoat.

    RFI: Au mois de mai 2017, vous avez obtenu la déclassification de plusieurs dizaines de documents, une déclassification partielle par rapport à ce que vous demandez. Ces documents ont finalement été déclassifiés à la fin du quinquennat de François Hollande. Quelle a été votre réaction et quel a été votre sentiment, une fois ces documents déclassifiés ?

    Bachir Ben Barka: Quand nous avons étudié le contenu de ces documents, nous nous sommes rendu compte que cette déclassification constitue une immense mascarade. On a fait une demande de déclassification - d’environ 300 pages - des documents qui avaient été saisis à la DGSE, en 2010. On a été étonnés de voir 89 documents qui ne correspondent pas du tout aux 300 pages que l’on attendait.

    Donc, en fin de compte, on fait croire à l’opinion publique, à la partie civile et au juge qu’on déclassifie les documents alors que ces documents sont déjà présents dans le dossier. On fait croire qu’une avancée aurait été faite dans le sens de la vérité, alors que durant tout le quinquennat, rien n’a été fait pour aider la justice à progresser.

    Est-ce que l’élection d’Emmanuel Macron et la jeunesse de ce président qui a été louée par certains pays africains vous permettent aussi de croire qu’enfin la vérité va progresser dans cette affaire ?

    J’ai la naïveté de croire que la présidence de Macron sera une rupture avec les pratiques des présidents précédents. C’est dans ce sens-là que je lui ai écrit une lettre, il y a un mois, pour demander à être reçu avec l’avocat de notre famille, maître Maurice Buttin, pour lui présenter la complexité du dossier et lui demander d’user de son pouvoir, en tant que président - bien sûr sans intervenir dans la procédure judiciaire - ne serait-ce que pour lever le secret défense sur les documents qui pourraient aider à connaître la vérité.

    Il y a plus de deux ans, au moment du 50ème anniversaire de la disparition de votre père, vous avez reçu une lettre signée du roi du Maroc, Mohammed VI. Est-ce que vous pouvez nous en dire plus sur ce document ?

    La lettre de Mohammed VI a été envoyée à un meeting d’hommage à mon père, organisé par un ancien Premier ministre du roi Mohammed VI, Abderrahmane Youssoufi. Dans cette lettre, le roi Mohammed VI, lui-même, souhaitait participer à cet hommage, en reconnaissant le rôle joué par mon père dans l’indépendance du Maroc.

    Comment expliquez-vous que 52 ans après la disparition de votre père, le seul sentiment qui nous reste aujourd’hui sur cette affaire, c’est qu’elle se complexifie, presque chaque année, davantage ?

    C’est la question que l’on se pose. On n’arrive pas à comprendre pourquoi la vérité de l’affaire Ben Barka fait encore peur à deux pays, à deux gouvernements. Au contraire, je crois que des grandes nations comme la France et le Maroc ne pourraient que s’honorer de faire connaître la vérité, d’abord à la famille pour que l’on puisse faire notre deuil, mais aussi à l’opinion parce que, année après année, rassemblement après rassemblement, on se rend compte que cette vérité est une demande de la part de l’opinion.

    D’abord, c’est un droit pour nous, en tant que famille de victime et il est normal que deux Etats de droit comme la France ou qui se veulent de droit comme le Maroc, fassent tout pour faire toute la lumière et pour qu’enfin la raison politique prenne la place de la raison d’Etat.

    Ce sentiment de peur, c’est un sentiment que vous avez déjà évoqué lors d’une interview que vous avez accordée à nos confrères de France 24, au mois de mai 2017. Vous demandiez effectivement que les deux Etats aient le courage de dévoiler la vérité. Pour vous, c’est une question de courage et de peur, plus qu’une volonté réelle de masquer ce qui s’est passé ?

    Le fait est que ce manque de courage permet aux criminels de rester dans l’impunité, permet de protéger les délits criminels. Notre but, ce n’est pas du tout la condamnation de tel ou untel. Notre but, c’est d’abord de connaître la vérité et c’est principalement ce que nous demandons aux deux gouvernements. A partir de là, le sort d’untel ou untel nous importe peu. Je pense que le fait de connaître la vérité ne pourra qu’assainir totalement les relations, entre la France et le Maroc, qui ont été très perturbées par la disparition de mon père et par tout ce qui s’en est suivi.


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