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    H. Massaoudou (Niger): «Une monnaie unique garantirait la stabilité financière de la sous-région»

    Hassoumi Massaoudou, le 16 février 2016. Il était à l'époque ministre de l'Intérieur du Niger. ISSOUF SANOGO / AFP

    Une monnaie unique pour les quinze pays d’Afrique de l’Ouest dès 2020, c’est l’objectif que se sont fixés les chefs d’Etat de la Cédéao lors d’un sommet à Niamey, le 24 octobre dernier. Est-ce qu’à la différence du franc CFA, cette future monnaie sera indépendante de l’euro ? Hassoumi Massaoudou est le ministre nigérien des Finances. En ligne de Niamey, il répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI: Ce 24 octobre, les quinze chefs d’Etat de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao) ont réaffirmé leur volonté de créer une monnaie unique en 2020. Quels seront pour vous les avantages d’une monnaie unique ?

    Hassoumi Massaoudou: Les avantages d’une monnaie unique, c’est d’abord la stabilité financière de la sous-région, la mise en commun de nos réserves, cela augmente notre force, et les avantages actuels de l’UEMOA [Union économique et monétaire ouest-africaine]. Vous savez que, le fait d’avoir une banque centrale commune, une banque centrale indépendante, d’avoir une mutualisation, une mise en commun de nos réserves, augmente notre force de frappe. Donc ça diminue aussi les problèmes liés au risque de change. Aujourd’hui, les problèmes qu’on suppose, ce sont les risques de change que nous vivons, par exemple dans un pays comme le Niger, qui perd au moins un à deux points de croissance par rapport aux questions de change avec le Nigeria. Vous voyez l’immense avantage que nous pourrions avoir si nous n’avions pas des problèmes de change avec le Nigeria. Aujourd’hui, nous avons des problèmes économiques liés par exemple à l’inversion des flux commerciaux liés à la chute de la monnaie du Nigeria consécutive à la chute des prix du pétrole. Donc c’est pour vous dire que s’il y a une stabilité du change, s’il n’y a pas de problème de variation de change, c’est un avantage pour le Nigeria, mais c’est aussi un avantage pour le Niger, pour le Bénin et pour tous les autres pays de l’UEMOA. Donc tous les avantages actuels de la Banque centrale de la zone franc de l’UEMOA pour la dynamisation du commerce intra-régional doivent être étendus à l’ensemble de l’Afrique de l’Ouest.

    Actuellement, huit pays de la Cédéao (Bénin, Burkina Faso, Côte d'Ivoire, Guinée-Bissau, Mali, Togo, Sénégal et le Niger) ont en commun le franc CFA. Et chacun des sept autres pays a sa propre monnaie. Est-ce que ce projet de monnaie unique n’est pas surtout avantageux pour ces sept pays, qui n’ont donc pas cette fameuse stabilité que vous procure le franc CFA ?

    Mais aujourd’hui, ceux qui sont les plus chauds pour aller vers l’intégration vers une monnaie unique, c’est les pays membres de l’UEMOA. Donc cela veut dire que nous avons des avantages à y gagner. Evidemment il faut que les conditions de cette monnaie unique soient réalisées. Il faut qu’il y ait un certain nombre de critères de convergence qui doivent être réalisés pour avoir les avantages de l’UEMOA, les avantages actuels de la BCEAO, de la Banque centrale des Etats de l'Afrique de l'Ouest, de l’UEMOA. Vous voyez l’immense avantage que nous pourrions avoir si nous n’avions de problème de change avec le Nigeria.

    Le PIB du Nigeria représente à lui seul les deux tiers du PIB de toute la région Cédéao. Or la monnaie nigériane, le naira, ne cesse de dégringoler face au dollar. Ne craignez-vous pas du coup que la future monnaie unique ne dégringole elle aussi face au dollar ?

    Non, nous avons imposé, nous avons demandé des critères. Les chefs d’Etat ont pris l’engagement de maintenir la date à l’horizon de 2020. Mais ils ont exhorté les différents Etats à prendre des mesures de nature à respecter les critères de convergence. Tant qu’on ne remplira pas les critères de convergence, on ne participera pas à cette monnaie. C’est ainsi qu’on va avoir un calendrier. Et on a mis une clause nouvelle et importante. C’est qu’on peut commencer la monnaie unique de la Cédéao avec une partie seulement des pays membres, ceux qui rempliraient ces critères. Quand on ne remplit pas ces critères, on ne peut pas y participer. Donc par conséquent, on peut commencer, comme en Europe, de manière progressive, de manière graduelle. Ceux qui remplissent les critères participent.

    Actuellement la monnaie du Nigeria, le naira, est directement frappée par la crise pétrolière. Peut-on imaginer qu’en 2020 vous démarriez cette monnaie unique sans le Nigeria ?

    Ça, c’est une décision qui sera prise à la prochaine réunion à Accra. Il va de soi que le Nigeria est en grand pays. Il va de soi qu’il y a un certain nombre de pays –le Ghana, la Côte d’Ivoire et le Nigeria-, qui doivent forcément, au moins deux des trois, participer au démarrage. Au moins deux de ces trois-là. Je veux dire qu’il faut une masse critique en termes de PIB qui nous permettrait de démarrer. Mais à terme, dans tous les cas, à terme le Nigeria participera.

    Est-ce qu’à la différence du franc CFA, la future monnaie unique ne sera plus arrimée à l’euro…

    On n’en sait absolument rien. Pour le moment, on n’en sait rien. Nous attendons des études, nous attendons février 2018 à Accra. Quand nous aurons des évaluations précises, des grandes décisions seront prises. Mais je ne peux pas vous dire que ce sera ou pas arrimé à l’euro. Mais ce que je sais, c’est que nous, en ce qui concerne notre franc CFA, nous sommes satisfaits d’être dans cette zone franc, d’avoir tous ces avantages-là qui font de notre zone une zone de croissance.

    On peut imaginer que, comme le franc CFA d’aujourd’hui, la future monnaie unique soit arrimée à l’euro ?

    Il n’y a rien à imaginer. Nous souhaitons que ce soit une monnaie stable, une monnaie forte, à l’image de ce que nous avons, des caractéristiques actuelles de la zone UEMOA.

    Vous parliez tout à l’heure du taux de refinancement. Dans la zone CFA, les banques peuvent se refinancer à la Banque centrale à un taux de 2%. Mais au Ghana par exemple, c’est avec un taux de 9%, ce qui veut dire que si j’habite au Ghana et si je veux emprunter de l’argent à ma banque, je dois payer un taux d’intérêt de 9%. Qu’en sera-t-il dans la future zone à monnaie unique ?

    Toutes ces questions-là sont à l’étude. Ça, ce sont des étapes qu’on voit. Il faut qu’il y ait des convergences. Il faut qu’il y ait une politique commune. Toutes ces questions-là seront à l’étude. Nous avons trois ans pour définir précisément ces mécanismes-là jusqu’à la création de la banque centrale.

    Dans l’hypothèse où cette future monnaie unique sera arrimée à une grande monnaie internationale comme l’euro, ne craignez-vous pas que les opposants au CFA ne s’opposent également à cette future monnaie unique sur le thème « c’est une monnaie héritée du colonialisme » ?

    Vous savez il y a toujours des débats idéologiques, des postures idéologiques qui sont totalement éculées. Aujourd’hui, ce que nous recherchons, c’est l’efficacité, ce sont les conditions de prospérité et les conditions de croissance et de développement dans la sous-région. Maintenant, comme disait le Chinois Deng Xiaoping : « que le chat soit noir ou blanc, pourvu qu’il attrape la souris ! ».


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