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    René Bagoro: «Je pensais que François Compaoré se rendrait volontairement»

    François Compaoré et sa compagne, lors des législatives et municipales du 2 décembre 2012 à Ouagadougou. AFP PHOTO / AHMED OUOBA

    La Cour d’appel de Paris a décidé le maintien en liberté de François Compaoré, le frère de l’ancien président Blaise Compaoré arrêté dimanche à son arrivée en France en vertu d’un mandat d’arrêt international délivré par le Burkina Faso dans le cadre de l’enquête sur l’assassinat en 1998 du journaliste Norbert Zongo. François Compaoré n’a pas été placé en détention, la justice française a décidé qu’il resterait libre de ses mouvements en attendant que la procédure d’extradition soit examinée. Le ministre de la Justice Burkina Faso, René Bagoro, s’exprime sur ce dossier au micro de Yaya Boudani, à Ouagadougou.

    RFI: La France a laissé en liberté sous contrôle judiciaire François Compaoré, alors que le Burkina Faso prépare la procédure de demande d’extradition. Quelles sont les chances pour le Burkina Faso de voir extrader François Compaoré ?

    René Bagoro: Je voudrais d’abord me féliciter que le mandat d’arrêt international qui a été lancé par le juge d’instruction à charge du dossier Norbert Zongo commence à être exécuté par l’interpellation de monsieur François Compaoré. Vous savez qu’au regard de la procédure en France, il devait être présenté dans les 48 heures devant le juge, ce qui a été fait. Et le juge a décidé de le mettre sous liberté avec contrôle judiciaire stricte. Il a l’obligation de se présenter tous les quinze jours dans son commissariat de résidence pour pointer. Il a l’interdiction de quitter le territoire français. Il doit répondre aux convocations de la chambre d’instruction et ses quatre passeports dont trois passeports diplomatiques ont été confisqués. Dès que nous avons été notifiés, nous avons commencé donc à préparer la demande d’extradition. Cette demande a été acheminée ce jour, 30 octobre, aux autorités françaises. Nous avons en tout cas argumenté au regard des standards et des principes en la matière. Et nous espérons que, tout comme le mandat d’arrêt a commencé à être exécuté par son arrestation, qu’à l’issue de l’audience qui va se tenir, les autorités judiciaires françaises vont accéder à la demande d’extradition que le Burkina a formulée.

    Pensez-vous que la présence de François Compaoré permettra de faire toute la lumière sur l’assassinat de Norbert Zongo et ses trois compagnons ?

    Si le juge d’instruction, qui est en charge du dossier, a estimé nécessaire d’émettre un mandat d’arrêt contre lui, c’est certainement que le juge d’instruction a des éléments concernant monsieur François Compaoré, qu’il estime pouvoir l’aider dans l’évolution du dossier, d’où la nécessité de l’entendre. Et comme il n’est pas sur le territoire, il a lancé un mandat d’arrêt contre lui.

    François Compaoré était un conseiller à la présidence, mais son nom revient régulièrement dans plusieurs dossiers. Comment on peut expliquer cela ?

    Je pense que c’est pour cela qu’il y ait nécessité qu’il vienne s’expliquer devant le juge burkinabè. Et c’est pour cela que personnellement, j’avais toujours pensé qu’il n’allait pas attendre un mandat d’arrêt pour venir et qu’il allait venir volontairement pour quand même parler devant le juge s’il ne se reproche rien.

    Le cas François Compaoré ne risque-t-il d’avoir des répercussions sur les relations entre la France et le Burkina Faso, en cas de refus de la France de l’extrader vers Ouagadougou ?

    Nous, nous fondons l’espoir que l’argumentaire qui a été développé convaincra donc l’autorité judiciaire française et que nous pourrons avoir l’extradition de monsieur François Compaoré, dans tous les cas qui sera traité dans le respect de ses droits, dans le respect des conventions que nous avons signées, mais pour permettre à la justice burkinabè d’évoluer. Maintenant ses liens avec d’autres pays, je ne voudrais pas me prononcer. Ce que je sais, c’est qu’en l’état actuel, les pays dont il aurait la nationalité n’ont pas de procédures contre lui, et que dans la procédure présente, c’est l’exécution d’un mandat d’arrêt international. Normalement, ça ne devrait pas poser de problème entre ces pays et nous. Dans tous les cas, c’est des procédures normales qui se passent. Nous avons une convention de coopération judiciaire avec la France qui date de 1961. Nous avons des conventions avec d’autres pays. Donc nous pensons que le fait de demander à ce que le national d'un pays contre qui il y a une poursuite vient répondre, ça ne devrait pas en tout cas créer de brouilles en notre pays et d’autres pays, parce que dans leur pays aussi, ils émettent des mandats d’arrêt qui sont exécutés contre d’autres personnes qui sont des binationaux.

    Justement le mandat a été émis depuis le mois de mai 2017. Comment expliquez-vous tout le temps mis pour l’exécution de ce mandat ?

    C’est vrai le mandat a été émis depuis le 5 mai. Et d’ailleurs contrairement à ce que monsieur François Compaoré disait dans son interview à Jeune Afrique, le mandat était bel et bien émis. Sauf que, quand on émet un mandat d’arrêt, on ne va pas le notifier à celui contre celui qui a été lancé. Maintenant, moi je ne peux pas vous dire pourquoi jusqu’à présent ça n’avait pas été exécuté. Vous savez qu’il y a le temps de transmission, et puis les services de police et autres doivent être informés. Donc s’ils l’ont interpellé, c’est qu’ils ont eu tous les éléments nécessaires pour pouvoir l’interpeller. Mais entre un mandat qui a été émis le 5 mai et l’arrestation de l’intéressé le 29 octobre, je pense qu’il n’y a pas eu beaucoup de temps parce qu’il faut tenir compte aussi du délai d’acheminement et de tous les renseignements dans les services chargés de l’interpeller avait besoin de réunir.

    Est-ce qu’on ne peut pas voir en cela un arrangement entre la France et le Burkina Faso en prélude de la venue du président Macron Emmanuel ici à Ouagadougou ?

    Non, je peux vous rassurer et rassurer nos compatriotes qu’il n’y a pas eu d’arrangement quelconque entre l’Etat français et l’Etat du Burkina Faso, en tout cas en ce qui me concerne en tant que ministre de la Justice. Notre rôle a été de transmettre par la voie normale le mandat d’arrêt.

    Est-ce qu’aujourd’hui, on est sûr que si monsieur François Compaoré est extradé vers le Burkina Faso, il bénéficiera d’un traitement équitable en matière de justice ?

    Tout à fait. Nous sommes signataires de beaucoup de conventions. Nous avons d’ailleurs dans notre argumentaire, nous l’avons dit, monsieur François Compaoré, s’il est extradé vers le Burkina Faso, bénéficiera comme tous les citoyens burkinabè qui comparaissent devant nos juridictions, du respect de ses droits et bénéficiera d’un traitement en tout cas humain, en respect en tout cas de nos engagements auprès de la communauté internationale.

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