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    En Tunisie, «il ya un désespoir auprès de la jeunesse qui a fait la révolution»

    Massoud Romdhani est le président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES). ftdes.net

    Depuis deux semaines, et alors qu'une nouvelle route des migrations à partir de la Tunisie se confirme, l'Italie procède à des refoulements des Tunisiens qui arrivent sur son territoire. Des centres de tri sont ouverts et les nouveaux arrivés sont détenus, en attente soit de leur libération avec un droit de séjour de six jours et obligation de quitter le pays, soit de leur expulsion vers la Tunisie. Des ONG tunisiennes et italiennes dénoncent la détention arbitraire, les expulsions massives et le refus de droit d'asile sur la base de la nationalité. Massoud Romdhani, président du Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), association qui étudie les conditions de migrants, rend compte de cette situation. Il est au micro d'Houda Ibrahim.

    RFI: La Tunisie connaît, depuis septembre 2017, des vagues de migration vers l’île européenne la plus proche, Lampedusa, en Italie. D’après vous, qui sont ces Tunisiens candidats au départ clandestin et pour quelles raisons ?

    Massoud Romdhani: Des centaines de Tunisiens quittent la Tunisie. Ce sont des jeunes, en majorité de 25 à 35 ans. Ils sont, pour la plupart, chômeurs, parfois même ayant fait des études supérieures. C’est leur situation et le désespoir qui existe en Tunisie par rapport au manque de changement, d’une situation meilleure, de trouver un emploi ou encore de trouver une situation stable en Tunisie qui les poussent à partir.

    Avez-vous des précisions sur le nombre de ces Tunisiens qui ont pris la mer pour l’Italie ?

    Ces derniers temps, ils sont près de 2 000. Ils sont tous Tunisiens et partent dans des grands bateaux de pêche. Il y a des pêcheurs qui sont dans une situation difficile et qui prennent entre 30 et 40 personnes dans des bateaux qui sont assez larges. Ces derniers temps, la situation a un peu changé. Tous ces migrants sont ou bien refoulés ou bien sont retenus dans des centres de rétention.

    Est-ce que ceux qui font la grève dans les hotspots, à Lampedusa, protestent contre les conditions de leur détention ?

    Pas uniquement. Ils soulignent aussi que d’après les conventions internationales, on a le droit de mobilité et d’essayer de trouver un emploi là où on va. Le droit à la mobilité est un droit international, les conventions internationales le disent, le stipulent et, par conséquent, on n’a donc pas besoin de visa. On a peut-être besoin d’un passeport mais pas besoin de visa pour l’Europe. Ils font aussi remarquer que les Européens qui vont en Tunisie n’ont pas besoin de visa et demandent une réciprocité égale.

    D’après les deux témoignages que j’ai pu recueillir de ces jeunes Tunisiens qui ont été refoulés à nouveau vers la Tunisie, ils l’ont été contre leur gré. Est-ce que ce sont les mêmes témoignages que votre association reçoit par rapport à ce refoulement de l’Italie ?

    Bien sûr. Ils ont été refoulés et sont rentrés contre leur gré. Ils trouvent la police tunisienne qui les attendent, sont détenus pour un petit moment et puis ils sont relâchés. Cela fait six ans que nous suivons ce problème. Il y a une situation et un désespoir, au sein de la jeunesse qui a fait la révolution, d’autant plus qu’en Tunisie, il y a aussi environ 100 000 élèves qui, chaque année, quittent l’école sans diplômes. Depuis la révolution, nous avons à peu près 700 000 jeunes âgés de 14, 15, 16 et 18 ans qui n’ont ni diplômes, ni avenir. Nous avons recensé, l’année dernière, en décembre 2016, plus de 50 % d’entre eux qui veulent quitter la Tunisie.

    Je suis allé plusieurs fois en Italie défendre la cause des disparus afin d’essayer de trouver un moyen d’aider les familles, leur dire où étaient leurs fils et comment ils avaient disparu. Parallèlement, nous avons toujours aussi message pour l’Europe en lui disant : si vous soutenez vraiment la révolution tunisienne, il n’y a pas vraiment moyen de le faire avec cette Europe qui ressemble plus à une forteresse plutôt qu’à un pays voisin.

    Selon vous, améliorer la situation économique, sociale et politique en Afrique, est-ce le seul moyen capable de lutter contre la migration clandestine vers l’Europe ?

    Malheureusement, nous ne sommes pas entendus, ni nous ni les autres associations en Europe. On essaie plutôt de faire de la Tunisie un rempart contre l’immigration subsaharienne et nous, dans tout ça, nous essayons, par tous les moyens, de défendre la cause des migrants mais aussi la cause des réfugiés parce qu’il y a des réfugiés. Et bien-sûr, nous envoyons notre message à l’Europe pour lui dire : quelle que soit la technique que vous utiliserez, vous n’arrêterez pas l’immigration. La situation économique, sociale, politique… Tout cela empêche les gens de rester. Donc, si on veut résoudre ces problèmes d’immigration, de deux choses l’une. Ou bien on améliore la situation économique et sociale dans ces pays ou bien on essaie d’ouvrir l’Europe.


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