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    A la Une: 350 milliards

    Billets de banque. REUTERS/Yves Herman

    C’est le chiffre-choc des Paradise papers, la grande enquête internationale sur l’évasion fiscale, dont le quotidien Le Monde publie le premier volet.

    Selon une estimation réalisée dans le cadre de cette enquête par l’économiste français Gabriel Zucman, professeur à l’université de Berkeley en Californie, « l’évasion fiscale des entreprises et des grandes fortunes coûte donc 350 milliards d’euros de pertes fiscales par an aux Etats du monde entier, dont 120 milliards pour l’Union européenne. Le manque à gagner pour la France atteint 20 milliards d’euros par an. C’est la première fois qu'une estimation aussi fine et globale est réalisée. »

    Alors, « contrairement aux Panama Papers, précise Le Monde, cette nouvelle enquête concerne moins le blanchiment d’argent sale, issu de la fraude fiscale et d’autres activités illicites (trafics d’armes, de drogue…), que des schémas légaux montés par des bataillons d’experts en optimisation fiscale. L’argent, ici, a le plus souvent été soustrait à l’impôt de façon légale ou aux frontières de la légalité, grâce aux failles du système fiscal international. »

    Alors qui échappe ainsi à l’impôt ? L’enquête du Monde pointe du doigt plusieurs proches du président américain Donald Trump, la reine d’Angleterre, Elizabeth II, ou encore l’entourage du Premier ministre canadien, Justin Trudeau et surtout de puissantes multinationales plus cupides les unes que les autres.

    Commentaire du Monde : « Nos sociétés ne reposent pas seulement sur la loi. Elles tiennent aussi grâce à un ciment friable : la confiance. Celle-ci ne peut résister au constat que la grande fortune ou les bénéfices immenses octroient un avantage supplémentaire à ceux qui en jouissent : la possibilité de s’exonérer de l’intérêt général et des devoirs communs. C’est ce que décrivent les Paradise Papers. Un tout petit nombre d’entreprises ou d’individus se réservent l’accès à l’exact contraire de l’économie ouverte et compétitive qu’ils prônent à longueur de temps : un système fermé et protégé, où ils ont l’assurance de ne pas jouer avec les mêmes règles que leurs concitoyens. »

    Avidité des uns, inaction des autres…

    Que faire ? « Pour mettre fin à cette situation, répond Le Monde, il conviendrait de casser les deux ressorts qui l’entretiennent : l’avidité sans limites de quelques-uns, et l’inaction des États. La seconde piste n’est pas beaucoup plus simple à suivre que la première. Comme le font apparaître nos enquêtes, certains de nos dirigeants occidentaux ont, à des degrés divers, de solides raisons de ne pas lancer le mouvement. »

    En effet, constate aussi L’Alsace, « il reste aux responsables politiques de tous les pays d’essayer de s’entendre pour faire cesser ces pratiques. Ce ne sera pas simple. Sans une pression citoyenne, l’opération est vouée à l’échec. Une part de la solution est aussi entre les mains du citoyen en tant que consommateur final, relève encore le quotidien alsacien. Il ne tient qu’à lui à exprimer, par ses actes d’achat, sa désapprobation de voir ces multinationales contourner les règles fiscales. Le dire est aisé. Plus complexe est la mise en œuvre. »

    L’Est républicain ne se fait aucune illusion : « Il y a fort à parier que personne ne trouvera rien d’illégal à ces immorales pratiques mises au pilori. Évasion ou optimisation fiscale, on peut jouer sur les mots. Même s’il est important de savoir et plus encore de dénoncer, reste une réalité. L’économie n’a cure des bons sentiments. Une fois passée l’indignation, la caravane du profit poursuivra son chemin. Business must go on. »

    Il est vrai que beaucoup se sont cassés les dents à vouloir s’attaquer aux paradis fiscaux… C’est ce que rappelle Libération : « Il semble bien loin le temps des discours qui affirmaient haut et fort que les paradis fiscaux allaient voir ce qu’ils allaient voir. Comme ceux prononcés par Nicolas Sarkozy, martelant que "les paradis fiscaux, c’est terminé". Une première fois en avril 2009, au lendemain de la crise des subprimes. Puis à la tribune de l’ONU. Vint le tour de Hollande… Lui président, il ferait de cette lutte l’un de ses engagements pour la France. La plupart des dirigeants des pays développés auront tenu un peu près les mêmes propos. Résultat ? constate Libération. Des paradis fiscaux qui se portent à merveille. »

    L’État toxique ?

    On reste avec Libération qui fait sa Une sur les scandales sanitaires successifs de ces dernières années en France et sur l’immobilisme de l’État.

    « L’État toxique », titre Libération. « Malgré les dizaines de milliers de morts causées chaque année par l’amiante, la pollution de l’air ou les pesticides, les victimes payent l’inaction des pouvoirs publics et se heurtent trop souvent à une impasse judiciaire. »

    Et Libé de s’agacer : « Combien de morts et de malades faudra-t-il pour que l’État français assume enfin ses responsabilités en matière de santé publique ? (…) Voilà des années que les victimes ou leurs familles réclament aide et réparation, et surtout prise en compte des dommages afin que les générations futures soient épargnées. Et voilà des années que l’État botte en touche, traumatisé par le précédent du sang contaminé qui avait ruiné nombre de carrières politiques. Certaines victimes parviennent, à force d’opiniâtreté, à être indemnisées. Mais les responsables industriels et politiques ne sont jamais condamnés. La plupart du temps, le parquet requiert un non-lieu ou classe l’affaire, faute de preuves suffisantes. »

    Alors « que faire ? » Eh bien, répond Libération, « réclamer une totale indépendance du parquet et exiger que le principe de précaution, inscrit dans la Constitution depuis 2005, soit systématiquement appliqué. Les politiques ont tout à gagner à prendre les devants. La société évolue, elle est mieux informée sur les dommages passés et à venir, et n’est plus prête à en subir les conséquences les yeux fermés. »

    Le roman pour comprendre l’Histoire

    Enfin, Éric Vuillard, prix Goncourt 2017, pour son roman L’Ordre du jour, est longuement interrogé ce matin dans Le Figaro Littéraire. Après la prise de la Bastille dans 14-Juillet, la conquête de l’Ouest dans Tristesse de la terre, la guerre de 14-18 dans La Bataille d’Occident, Éric Vuillard s’est intéressé dans L’Ordre du jour à la montée du nazisme. Le nouveau prix Goncourt explique ce que la littérature peut apporter à l’histoire. « Il me semble, affirme Éric Vuillard, que pour comprendre certaines choses, nous avons besoin du récit. Si les chiffres peuvent être glaçants, bouleversants parfois, incarner les personnages permet de toucher la réalité d'une manière différente. (…) L’histoire est toujours une autre manière de regarder le présent, estime encore le prix Goncourt 2017. Bien sûr, le monde est aujourd’hui radicalement différent de celui des années 1930, et pourtant les coordonnées se ressemblent. Nous assistons à une montée de l’autorité, du racisme, mais aussi à une forte emprise de la finance, à une aggravation des inégalités. Avec ce livre, conclut Éric Vuillard, j’ai voulu suivre le développement des compromis, les paroles raisonnables, les négociations entre personnes responsables qui ont permis l'installation du fascisme. »


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