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    Pénurie d'essence à Brazzaville

    Les pénuries récurrentes de carburant ont des conséquences sur le plan économique. REUTERS/Luke MacGregor/Files

    Les pénuries de carburant s'aggravent à Brazzaville. La capitale congolaise tourne au ralenti. La Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), invoque les troubles dans le département du Pool et l'arrêt du trafic ferroviaire pour justifier ces pénuries. En attendant, les Brazzavillois souffrent et les contrebandiers sourient.

    Devant la station-service située à un jet de pierre du parc zoologique, la longue file de taxis (qui attendent d’être servis) s’étend sur 300 mètres, voire plus. Depuis un bon bout de temps, c’est l’image qu’affichent toutes les stations-service ou presque de la capitale congolaise. Leurs cuves s’assèchent fréquemment au grand regret des consommateurs.

    « C’est depuis août qu’on n’a pas le carburant à Brazzaville. C’est-à-dire il se fait voir et après ça disparaît de temps à autre : on ne peut pas rentrer directement à la station et s’approvisionner ; il faut toujours faire la queue. On ne peut travailler stablement dans ces conditions », témoigne un consommateur.

    Les chauffeurs de taxi passent plus de temps à chercher du carburant. Faire de la bonne recette devient une épreuve difficile pour eux. « La recette c’est difficile parce que sur le terrain il n’y a pas d’argent (du fait que le pays vit une crise économique, ndlr). Quand on sort pour travailler, on constate qu’il n’y a pas d’argent. Il n’y a pas d’argent, le carburant non plus. Les gens ne prennent plus le taxi et préfèrent le bus », affirme un chauffeur taxi. « On ne fait plus de bonne recette. Heureusement, il y a des patrons (propriétaires des taxis, ndlr) qui nous comprennent, mais il y en a d’autres qui ont toujours des problèmes avec leurs chauffeurs », souligne un autre.

    La chasse aux contrebandiers et vendeurs à la sauvette

    Les pénuries récurrentes de carburant ont des conséquences sur le plan économique comme l’explique Mermans Babounga, secrétaire exécutive de l’Observatoire congolais des droits des consommateurs : « Dans un pays où il y a maintenant la crise, où l’argent ne circule pas, ces pénuries viennent encore affecter le budget qui était affecté aux transports », illustre-t-il.

    Faute de carburant à la pompe, les contrebandiers ou vendeurs à la sauvette communément appelés « kaddafis » font souvent la loi. La police a décidé d’aller en guerre contre eux, les « kaddafis » restent encore visibles sur le terrain. « Le problème des kaddafis est que notre pays à toutes les lois pour interdire de genre de pratique ; mais à cause de sa complaisance, ces lois ne sont jamais appliquées », se désole Mermans Babounga.

    Selon une source à la Société nationale des pétroles du Congo (SNPC), l’arrêt du trafic ferroviaire entre Pointe-Noire et Brazzaville, provoqué par les troubles dans le département du Pool explique les pénuries de carburant. Celui-ci est désormais transporté par des camions-citernes qui n’arrivent pas à satisfaire la demande.


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