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    Vijay Makhan: «J'ai eu plusieurs occasions de constater la popularité de Mugabe»

    Robert Mugabe en 2008. REUTERS/Mike Hutchings

    Au Zimbabwe, la page Mugabe se tourne. A-t-il été un despote ou un héros ? Et comment se dessine l’après Mugabe ? Vijay Makhan a été secrétaire de l’Ile Maurice aux Affaires étrangères et secrétaire général adjoint de l’OUA. Il connaît Robert Mugabe depuis l’époque héroïque où ce dernier combattait contre les Blancs de Rhodésie. En ligne de Port-Louis, le diplomate mauricien répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    La chute de Robert Mugabe, qu’est-ce que ça vous inspire ?

    Je pense que ça aurait pu être autrement, c’est-à-dire Robert Mugabe lui-même aurait pu tirer sa révérence, mais malheureusement dans le continent dans la plupart des cas nos présidents ne savent pas quand partir et donc voilà le résultat. On commence toujours bien et on finit mal, ce qui est vraiment dommage parce que, j’ai eu plusieurs occasions de constater la popularité de Robert Mugabe parmi le peuple, j’étais en 1994 avec la délégation mauricienne pour l’inauguration du président Mandela donc j’ai vu que la personne, la seule personne qui a eu autant d’acclamations, autant d’applaudissements que le président Mandela, c’était Robert Mugabe, parmi les populations sud-africaines.

    Quelle est la première fois que vous avez rencontré Robert Mugabe ?

    Je l’ai rencontré en 1979 quand il était chef du ZANU avec son collègue Joshua Nkomo qui était le chef de ZAPU. Donc il venait à Londres dans le cadre des négociations pour l’indépendance du Zimbabwe, ce qu’on appelait l’accord de Lancaster.

    Et comment était le Mugabe de l’époque qui négociait face à Margaret Thatcher et Ian Smith ?

    Toujours dur, il était toujours dur sur ses positions. Par contre, Joshua Nkomo a été un peu plus souple, mais les deux se complémentaient. Donc Robert Mugabe, c’était un fonceur, c’était un homme qui avait mené des campagnes quasi militaires dans son pays, donc c’était quelqu’un qui avait la poigne d’un leader.

    Un homme qui avait passé 10 ans dans les prisons des Rhodésiens blancs.

    Voilà et tout ça l’a formé, je crois, quelque part. Parce que c’était ce que les Anglais appellent un dur négociateur. Parce que n’oubliez pas qu’il avait obtenu pas mal de concessions de la part des Britanniques.

    Un négociateur très dur.

    Très dur, après il a un peu englouti son autre parti, son partenaire Joshua Nkomo. Les deux étaient issus des tribus différentes donc c’était une question de consolider le pouvoir et puis tout le monde s’est rallié derrière Robert Mugabe.

    Malgré le terrible bilan de la répression, on a parlé de 20 000 morts ?

    Mais vous savez que là vous le dites comme ça, mais personne n’en parlait à un moment, tout le monde avait oublié parce que Robert Mugabe, les gens oubliaient tous les défauts, mais le voyait comme un pionnier, un leader naturel de la sous-région.

    Et puis arrive ces dernières années Grace Mugabe, la seconde épouse du président et puis le limogeage d’Emmerson Mnangagwa, c’était la semaine dernière, qu’est- ce que cela vous inspire ?

    Vous savez, justement, les propos de Jacob Zuma n’étaient pas très clairs, il n’a pas dit qu’il fallait restituer Mugabe dans sa position, etc. Je ne crois pas qu’il ait dit ça, mais il a dit qu’il ne fallait pas que les militaires continuent à assoir le pouvoir.

    Il a été ambigu.

    Oui. Maintenant, qu’est-ce qui va se passer d’ici décembre, on va voir, parce que moi d’après ce que je comprends, j’ai pris un peu des nouvelles à gauche et à droite et je pense que le vice-président qui a été déçu par Mugabe la semaine dernière, donc c’est un proche des militaires et sa faction commence à prendre un peu la force vis-à-vis de l’autre groupe le G40, de la faction Lacoste donc on va voir.

    Le parti d’opposition MDC a cette phrase : « Nous espérons l’établissement d’un Etat nation stable démocratique et progressiste ».

    J’ai trouvé ça très intéressant de la part de l’opposition qui a pris position pour dire qu’il ne fallait pas que maintenant les militaires gèrent le quotidien. Je crois sincèrement que les militaires vont laisser les choses telles quelles peut être que le vice-président Emmerson Mnangagwa va vouloir contester le leadership du Zanu-PF lors du congrès. Président Mugabe donc restera là comme ça en transition, il se peut, ça, c’est un scénario possible.

    En fait ce que vous voyez venir c’est peut-être une transition dirigée de facto par le vice-président déçu, Emmerson Mnangagwa ?

    Ce n’est pas à exclure. En attendant les élections au sein du Zanu-PF donc le mois de décembre, et en attendant les élections de l’année prochaine.

    Pour conclure, Robert Mugabe pour vous c’est un despote ou un héros ?

    Vous savez, je ne dirais pas despote, je dirais simplement que Robert Mugabe a servi son pays et le continent à certains moments de l’histoire d’une façon extraordinaire, mais je crois qu’il aurait dû suivre un peu l’exemple de Mandela. Alors héros ou despote, à une époque, il était un bénévole si on peut l’appelé ainsi et puis le bénévole est parti, il est devenu despote. Il a fait de son pays un pays ingérable, il y a eu la dollarisation de l’économie.

    Les centaines de milliers de réfugiés économiques partis en Afrique du Sud.

    Absolument, c’est une indication de la mal gérance du pays sans m’immiscer dans les affaires internes évidemment, je dis ça comme un observateur.


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