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    José Brito: la résistance de Robert Mugabe est «un baroud d'honneur»

    L'ex-ministre cap-verdien des Affaires étrangères, José Brito (photo d'illustration). AFP

    Partira, partira pas ? Au Zimbabwe, le président Mugabe continue de faire durer le suspense. De 2009 à 2012, José Brito a été le ministre des Affaires étrangères de la République du Cap-Vert. Aujourd’hui, il préside l’Institut de l’Afrique occidentale pour l’intégration régionale. Et il croise régulièrement Robert Mugabe depuis des dizaines d’années. Aujourd’hui, sans langue de bois, il parle du plus vieux président en exercice de la planète.

    RFI : On s’attendait à ce que Robert Mugabe démissionne. Et puis non. Il a fini son intervention hier soir sans annoncer sa démission. Qu’en pensez-vous ?

    José Brito : Je pense que c’est un baroud d’honneur. Il me semble que tout est déjà fixé d’avance. Il y a quand même une préoccupation de mettre la forme d’un côté, de l’autre il y a une tentative de résistance aussi qu’on sent du président Mugabe. Mais au bout du tunnel, on sait qu’il n’y a plus la possibilité pour qu’il reste encore au pouvoir. Donc les manifestations même populaires qu’on a vues, la réaction de son propre parti le destituant de la présidence de son parti montrent déjà qu’il y a une tendance lourde qui est en marche et que nous irons vraiment à la destitution, du moins à une démission du président Mugabe.

    Alors il y a une contradiction apparente. Dimanche matin, le parti Zanu-PF lui a retiré son mandat de président. Et pourtant le soir, Robert Mugabe a annoncé que jusqu’au congrès du mois prochain, il présiderait le parti et les débats ?

    Oui, je pense que cela fait partie de ce baroud d’honneur. Il refuse de voir la réalité en face, il espère encore qu’il pourra trouver des possibilités de soutien. Mais la façon dont les choses sont, je pense, que c’est une question maintenant de forme.

    Robert Mugabe s’accroche encore au pouvoir. Vous qui le connaissez depuis de longues années, qui le croisez dans de nombreuses réunions en Afrique et ailleurs, êtes-vous surpris par cela ou pas ?

    Surpris ? Non. Pas vraiment. Ne serait-ce que la façon dont on est en train de résoudre ce problème montre que l’Afrique a évolué. C’est-à-dire on veut respecter la légalité. En d’autres temps, c’était un coup d’Etat pur et simple et puis on continuait. A partir du moment où il y a une opportunité, les choses allaient changer. Ce que je ne comprenais pas, c’est comment un homme sénile, moi je considérais parce que les fois où j’ai pu le voir, particulièrement quand il avait été désigné président de l’Union africaine, j’avais été choqué que l’Afrique puisse nommer quelqu’un comme lui, président de notre principale organisation. Moi, j’ai quitté la salle de dégoût, parce que je pensais que quand même ce n’est pas possible quand on voit la sénilité de ce président de le désigner comme le président de l’Union africaine.

    Et à quoi voyez-vous qu’il était déjà sénile à l’époque ?

    Les oublis permanents, il était toujours aidé déjà par quelqu’un. Lui donner la parole par exemple, etc. il était incapable de pouvoir réellement gérer. Il y a au moins cinq ans de cela.

    C’était il y a quelques années en effet, en 2015. Déjà à l’époque vous sentiez qu’il n’avait plus toutes ses capacités intellectuelles ?

    On le sentait. Il était capable de parler, c’est ce qu’il faisait, il monopolisait le micro. Il peut parler pendant des heures sans problèmes, mais sur le passé surtout. Il est très provocateur et il continue d’être très provocateur, sans doute c’est quelque chose qu’il aime. Je pense que dans beaucoup de régimes de ce type-là, ce n’est pas lui le problème, c’est tous ceux qui sont autour de lui et qui n’existent que parce que le chef existe. Et cela fait que l’on fait tout pour maintenir le chef, même si on sait que le chef n’est pas capable d’assumer, il y a quelqu’un qui assume pour lui.

    Donc c’est le petit monde des courtisans, comme cela a eu lieu autour Habib Bourguiba, le président en Tunisie peut-être ?

    Oui, c’est un peu la même chose. J’avais eu l’occasion de voir Habib Bourguiba avant le coup [d’Etat le du 7 novembre 1987], il était vraiment sénile. Cela était visible. Il y en a encore en Afrique et j’espère que l’évolution qui se fait actuellement en Afrique donne un peu de réconfort, que ce sont des cas qui vont disparaître.

    Peut-on dire que depuis mercredi dernier, le vice-président Emmerson Mnangagwa et les militaires zimbabwéens ont l’habilité de faire un coup d’Etat en douceur qui ne s’appelle pas officiellement « un coup d’Etat », mais qui en est un quand même ?

    Ils sont conscients surtout du monde d’aujourd’hui, de l’Afrique d’aujourd’hui. Le coup d’Etat militaire classique est, je ne dirais pas fini parce qu’on aura toujours certainement des cas, mais néanmoins on y mettra plus de formes dans les changements de régime. Et ils savent qu’il y a une opposition de l’Union africaine, par principe qui est contre les coups d’Etat, et il y a les sanctions qui sont prévues dans la charte, etc. Donc ce sont des gens qui savent qu’il vaut mieux maintenir la forme, mais au fond, c’est la même chose.

    Donc vous pensez que c’est une question de semaines, mais que l’issue est connue à l’avance ?

    Oui, la façon dont les choses sont en train de se mettre en place. Parce qu’on a toujours la menace de l’impeachment pour essayer de maintenir la forme qui prendrait un peu plus de temps. Donc il y aura certainement beaucoup de pression sur Mugabe pour qu’il signe sa lettre de démission lui-même. Et maintenant, il veut évidemment certainement faire son baroud d’honneur et résister un petit peu, mais je ne pense pas qu’il a beaucoup de marge de résistance.

    Peut-on dire que le nouvel homme fort, c’est Emmerson Mnangagwa ?

    Pour le moment, oui. Mais vous savez dans ce genre de mouvement, on est obligés d’accepter des réformes, on est obligés de faire une ouverture. Et dans ces processus de changement, peuvent apparaitre d’autres forces. Ce qu’il nous faudrait, c’est vraiment s’assurer que les prochaines élections, qui ne sont pas très loin, en 2018, se fassent dans le respect des règles démocratiques et permettent effectivement à la personne qui est acceptée par le peuple zimbabwéen d’être réellement le président. Actuellement, la priorité pour nous, c’est gérer cette transition et s’assurer effectivement que les règles démocratiques soient respectées.

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