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    A la Une: le scandale des esclaves en Libye

    Un homme détenu par les autorités libyennes pour «immigration illégale» à Tajoura, le 6 août 2017. REUTERS/Ismail Zitouny

    Cela fait plusieurs mois maintenant que les instances internationales avaient été prévenues, relève Le Point Afrique. « Tout a commencé en avril dernier, lorsque l’Organisme des Nations unies chargé des migrations, l’OIM, publie un rapport révélant l’existence de 'marchés aux esclaves' qui touchent des centaines de jeunes Africains en route vers la Libye. » A l’époque, peu ou pas de réactions…

    « Il aura donc fallu, soupire Le Point Afrique, la diffusion d’images-chocs extraites d’un documentaire sur la chaîne américaine CNN et montrant la scène d’une vente aux enchères de ressortissants d’Afrique subsaharienne sur des marchés en Libye, pour que l’opinion publique relance le débat, entre indignation et désolation. Dans ce document tourné, semble-t-il, à l’été 2017, et diffusé seulement à la mi-novembre, on voit notamment, sur une image de mauvaise qualité prise par un téléphone portable, deux jeunes hommes. Le son est celui d'une voix mettant aux enchères 'des garçons grands et forts pour le travail de ferme'. 400… 700…, avant que la journaliste n’explique : 'ces hommes sont vendus pour 1.200 dinars libyens chacun, soit environ 400 dollars'. »

    Le site d’information guinéen Ledjely publie le témoignage d’un rescapé de l’enfer libyen. Lui aussi, il aurait pu être vendu comme esclave. Mais il a pu monnayer sa libération : « j’ai fait 27 jours de prison, raconte-t-il, dans des conditions insoutenables. J’ai dû payer 2.000 dinars, l’équivalent de 12 millions de Francs guinéens, pour obtenir ma libération. (…) Nous étions en prison dans une ville appelée Garian, située à 80 km de Tripoli, il y avait plus de 5.000 Subsahariens dans des cachots. Ils nous ont dépouillés de tout : argent, carte mémoire, téléphone, etc. On avait droit à un seul morceau de pain par jour. Il n’y avait pas de soins médicaux. L’eau venait rarement et imaginez un peu la chaleur du Sahara. Je vous assure, quand on est en Libye, on se demande si ces gens sont des êtres humains. »

    Qui est responsable ?

    Face au tollé général provoqué par les images de CNN et les témoignages qui se multiplient, le chargé d’affaires libyen à Ouagadougou a réagi hier devant les journalistes. C’est ce que relate L’Observateur Paalga : « 'il s’agit d’un vieux problème. Dans toutes les rencontres internationales, la Libye a toujours interpellé les Etats concernés par le phénomène de l’immigration. C’est une situation qui exige des efforts régionaux et internationaux' ; tels sont en substance les propos du chargé d’Affaires de Libye au Burkina, Abdulrahman Khamada, pour manifester l’impuissance de son pays face à l’utilisation du territoire libyen par des vagues de migrants comme zone de transit. Il pointera ensuite un doigt accusateur sur certains Etats dont les ambassades refusent de participer au retour de leurs compatriotes en difficulté. A l’écouter, les Occidentaux semblent faire partie des principaux responsables de cette situation. »

    Mauvaise foi ?

    Wakat Séra, toujours au Burkina, s’indigne et accuse, lui, les dirigeants africains : « l’exhalaison fétide de cette bêtise humaine charriée par les ondes hertziennes américaines et colportées dans les hameaux les plus lointains du continent, grâce à la magie des réseaux sociaux, a créé un émoi inimaginable dans un monde où l’hypocrisie est le sport le mieux en vogue. Artistes de renom, stars de football, et surtout dirigeants et autres politiciens en manque de publicité ont saisi cette perche inattendue tendue par le dieu de la mauvaise foi, pour redorer leur blason terni sur le dos de migrants qu’ils n’ont rien fait pour retenir à la maison. (…) Il est temps que les peuples noirs, véritables victimes de ce cancer des temps modernes, se révoltent contre eux-mêmes pour créer les conditions de prise en charge de leur propre destin en s’opposant avec la dernière énergie à ces dirigeants dont la mal gouvernance et le manque criant de vision les contraint à la pauvreté et in fine aux affres et aux incertitudes de l’exode »

    Analyse similaire enfin dans cette tribune publiée par le site d’information sénégalais Press Afrik : « nos dirigeants ont failli, individuellement et collectivement. Ils ont échoué à garantir à leurs citoyens le minimum de dignité que chaque être humain est en droit de prétendre, qu'il soit sur son territoire ou en dehors, ainsi que la protection contre toutes les agressions. Aujourd’hui, il y a en Libye de jeunes Africains (y compris des Sénégalais) et de nombreuses nationalités qui appellent au secours. Quoiqu’ils aient fait, et peu importe les raisons pour lesquelles ils sont partis, la morale, le devoir et l’éthique de la responsabilité commandent que nos dirigeants aillent les chercher. (…) Nos peuples sont tous en danger car rien de significatif n’est mis en place, jusqu’ici, pour nous protéger des menaces intérieures et extérieures. La désunion de l’Afrique et la logique du chacun-pour-soi est notre principale faiblesse. »

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