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    JC L'Estrac: Sa démission permet à Mugabe de «protéger son héritage»

    Robert Mugabe, le 18 avril 2012, à Harare, au cours d'une cérémonie marquant le 32e anniversaire de l'indépendance du Zimbabwe. REUTERS

    Robert Mugabe, c'est fini. Que retenir de ses 37 ans de règne sur le Zimbabwe ?  Parmi les hommes politiques d'Afrique australe qui l'ont bien connu, Jean-Claude de l'Estrac, ancien ministre des Affaires étrangères de l'île Maurice. En ligne de Port-Louis, l'ancien dirigeant de gauche du MMM, le Mouvement Militant Mauricien, est l'invité de RFI.

    Jean-Claude de l'Estrac. jc-delestrac.com

    Rfi : Jean Claude de l’Estrac, comment réagissez-vous à l’annonce de la démission de Robert Mugabe ?

    Jean Claude de l’Estrac : Soulagé. C’est l’occasion rêvée pour Mugabe de protéger son héritage. On se rappelle de ses dernières années. Mais ça a été quand même un grand indépendantiste, il a aidé son pays à émerger, ensuite il y a eu - hélas - ces dérives que l’on connaît, en faisant – enfin, à la fin – ce geste que tout le monde attendait et en particulier son peuple. Je crois qu’il va se trouver une place dans l’histoire du Zimbabwe et une place totalement méritée.

    Donc il a fini par entendre raison ?

    Il a fini par être dans l’obligation d’entendre raison. Mais il a tardé à entendre raison. Mais je crois que les militaires ont bien joué, parce que toute autre issue aurait provoqué des difficultés nouvelles pour le Zimbabwe. Si on devait aboutir à un véritable coup d’Etat militaire qui  n’aurait pas été reconnu par la communauté internationale, par l’Union européenne et par l’Union africaine, le Zimbabwe était reparti pour encore – sans Mugabe – plusieurs années de crise politique.

    Parce que, cette lettre de démission, c’est ce que les militaires voulaient depuis une semaine.

    Oui. Mais Mugabe est un «fighter», il est resté jusqu’au bout. C’est un tempérament. Il a tenté... Et sa résistance était une sorte de baroud d’honneur. Mais le rapport de force n’était pas en sa faveur.

    Et qui est, à votre avis, le cerveau qui est derrière sa chute ?

    Ses propres amis. Malheureusement, il a été sous l’emprise, comme souvent... Les femmes de l’histoire on connaît... En fait jusqu’au dernier moment il a pensé qu’il allait être sauvé par le soutien populaire.

    D’où son discours hallucinant de dimanche soir ?

    Parfaitement. A mon avis, il s’est imaginé qu’après ce discours les gens allaient descendre dans la rue pour exprimer un soutien.

    Il a espéré retourner l’opinion ?

    Je pense que c’était son calcul. Mais à cet âge-là on est facilement déconnecté de la réalité.

    Et a-t-il compté aussi sur l’appui des pays de la sous-région, des pays de la SADC ?

    Je ne suis pas certain.

    Il était difficile pour Jacob Zuma d’être jusqu'au-boutiste en faveur de Robert Mugabe ?

    Je pense que oui, parce que ça aurait été susceptible d’aggraver ses problèmes personnels.

    C’est-à-dire que Robert Mugabe n’a plus du tout la même popularité qu’avant en Afrique du Sud ?

    Plus du tout ! Et Zuma soutenant Mugabe, pose un problème à Zuma.

    Parce qu’à une époque, il y a vingt ans – l’époque Mandela – Mugabe était très populaire en Afrique du Sud.

    Mais il l’était et à juste raison. C’est un combattant de l’indépendance. Il a été un homme exceptionnel. Personne ne conteste ce qu’il a réussi pour son pays. Mais il y a vingt ans.

    Et entre-temps, les Zimbabwéens ont afflué en Afrique du Sud pour chercher du travail, par centaines de milliers ?

    Exactement. C’est dramatique, parce qu’en fait, voilà deux pays phare de notre région qui sont tous les deux dans de grosses difficultés. Après Mugabe il faudra surveiller de près ce qui se passera en Afrique du Sud. Pour Zuma personnellement. Le syndrome Mugabe, j’espère qu’il ne va pas se répéter en Afrique du Sud.

    Qu’est-ce que vous craignez en Afrique du Sud ?

    Que Zuma adopte la même posture que Mugabe. Quand vient le moment de partir on décide de rester par tous les moyens. Et ce serait dramatique !

    Aujourd’hui ça y est, Robert Mugabe est parti. Emmerson Mnangagwa, le nouvel homme fort, vous le connaissez ?

    Je ne le connais pas personnellement. Je connaissais mieux Mugabe. Dans une autre vie j’ai rencontré Mugabe à plusieurs reprises. Il avait fait des visites à Maurice. J’étais ministre de l’Industrie, c’est moi qui avais eu l’opportunité de lui faire visiter les entreprises mauriciennes. Il m’a semblé très intéressé par l’expérience mauricienne, notamment d’industrialisation. Donc j’ai eu l’occasion de discuter beaucoup avec Mugabe. J’ai été très impressionné par sa réflexion, par sa volonté de moderniser son pays.

    Et Mnangagwa ?

    Je ne le connais pas personnellement. Mais je pense qu’il a, jusqu’ici, opéré de manière intelligente. Sauf que je pense que cela doit rester une transition. On a vu en Afrique, dans beaucoup de cas, des transitions se prolonger indûment.

    Mnangagwa n’est-il pas un sécurocrate qui a aidé Mugabe à tenir le pays d’une poigne de fer ?

    Oui, sans doute. Mais c’est ainsi dans tous ces régimes-là. Voilà pourquoi je dis : la transition passe par lui, à condition qu’elle soit courte et qu’elle soit effectivement une transition.

    Et vous croyez à des élections libres et démocratiques dans ce pays ?

    J’espère. J’ai vu des situations similaires, y compris dans notre région. J’étais très partie prenante de la résolution de la crise malgache et les dernières élections à Madagascar ont été des élections véritablement démocratiques, libres, transparentes et peut-être même les premières de toute l’histoire de Madagascar.


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