GRILLE DES PROGRAMMES
Monde
Afrique
Jeudi 19 Juillet
Vendredi 20 Juillet
Samedi 21 Juillet
Dimanche 22 Juillet
Aujourd'hui
Mardi 24 Juillet
Mercredi 25 Juillet
    Pour profiter pleinement des contenus multimédias, vous devez avoir le plugin Flash installé dans votre navigateur. Pour pouvoir vous connecter, vous devez activer les cookies dans les paramètres de votre navigateur. Pour une navigation optimale, le site de RFI est compatible avec les navigateurs suivants : Internet Explorer 8 et +, Firefox 10 et +, Safari 3 et +, Chrome 17 et + etc.

    «J'étais à Raqqa, fugitif de l'Etat islamique», de Hedi Yahmed

    Après quatre mois de combats et de frappes aériennes, la ville de Raqqa offre un paysage de désolation, des destructions à perte de vue, des immeubles en ruines et des rues jonchées de carcasses de voitures. REUTERS/Erik De Castro

    Edité en arabe à Tunis, le livre du tunisien Hedi Yahmed, « J'étais à Raqqa, fugitif de l'Etat islamique », rend compte d'un premier témoignage libre d'un membre de l'EI qui été au cœur du système de cette organisation terroriste en Syrie. L'auteur de ce livre est un expert dans la mouvance jihadiste et il a rencontré le témoin pendant un mois à Istanbul en novembre 2016. Le livre de Hedi Yahmed est le fruit de ses rencontres. Il répond aux questions de Houda Ibrahim.

    Dans votre livre, « J'étais à Raqqa, fugitif de l'Etat islamique », un témoignage d’un combattant tunisien de l’Etat islamique en Syrie, on trouve une quantité de détails sur le fonctionnement de l’Etat islamique dans la ville, qui était un moment la capitale de cette organisation.

    Hedi Yahmed : Effectivement, à travers ce livre, j’ai parlé de l’histoire d’un jeune Tunisien de 26 ans, de son vrai nom Mohamed Fahem. Il est issu de Nabeul, à 50 kilomètres au sud de la Tunisie. J’ai cherché à travers lui les détails de la vie à Raqqa et dans d’autres villes contrôlées par l’Etat islamique à l’époque, tous les détails concernant ce qui se passe à Raqqa [ancienne capitale autoproclamée du groupe État islamique en Syrie] à travers quelqu’un qui a vécu là-bas, qui a combattu avec Daech. Il y a un autre but de ce livre, c'est de savoir et comprendre pourquoi ce jeune a émigré chez Daech. Et à travers le livre, j’essaie de comprendre les raisons, les facteurs qui ont amené ces jeunes à rejoindre une organisation terroriste comme Daech.

    Vous vouliez donc comprendre le mécanisme du fonctionnement de l’Etat islamique. Et ce témoignage vient de l’intérieur...

    Exact. A travers Mohamed Fahem qui nous raconte son parcours pour rejoindre l’Etat islamique fin 2014. Il est resté un an à Raqqa. Il nous raconte en détails qui sont ces combattants, leurs rapports entre eux - on sait qu’il y a plus de 80 nationalités chez Daech -, les rapports avec les habitants locaux à Raqqa et dans d’autres villes comme Moussoul, puisque Mohamed Fahem a visité Mossoul. Il nous raconte les détails bien sûr du combat, puisqu’il a participé à trois combats principaux, comme la prise de Palmyre. Et il nous raconte ses voyages en Irak, la hiérarchie de l’Etat islamique, les émirs, les combattants. Peut-être à travers lui, on comprend la situation de 27 000 combattants étrangers qui ont vécu pendant cette étape qui a duré environ quatre ans.

    Et ce témoignage de Mohamed Fahem pourtant porte une condamnation du fonctionnement interne de cette organisation ?

    Exactement. Mohamed Fahem, qui a voyagé de Tunis à travers la Libye, puis la Turquie, a pensé qu’il trouverait le paradis dans son Etat islamique comme il nous raconte. Après quelques semaines, il va découvrir que beaucoup de ses amis émigrés de Tunisie ont été assassinés par Daech parce qu’ils ont pris des positions idéologiques différentes. Il va découvrir la situation misérable à Raqqa. Donc il va nous raconter toutes ces déceptions en arrivant à Raqqa. Il va nous raconter comment l’Etat islamique pousse les combattants au front du combat, où ils vont mourir, de suicider sans tactique, sans protection. C'est une autre image de l’Etat islamique à travers quelqu’un qui a rêvé d’aller dans cet Etat, et comment ses rêves ont été brisés en y arrivant.

    Et il va raconter également comment il n’a pas le droit de discuter, comme tous les combattants, au sein de cette organisation. L’Etat islamique n’est qu’une organisation terroriste. C’est votre témoin qui fait le constat lui-même après avoir fui la Syrie et cette organisation.

    Finalement, il va être lapidé parce qu’il a un avis différent dans l’Etat. Il a été surveillé, contrôlé. Il va découvrir que tout se passe discrètement là-bas, que les paroles sont interdites. Il faut être dans un seul sens de pensée, car c'est un Etat qui réprime, un Etat qui contrôle finalement bien sûr pour des raisons idéologiques. Il va fuir Daech avec beaucoup d’autres parce qu’il a découvert aussi que l’Etat assassine.

    Le portrait de Mohamed Fahem représente-t-il le profil type de ces centaines de Tunisiens qui ont rejoint le groupe EI ?

    Oui. Je suis en accord avec cette analyse. Et je pense que Mohamed Fahem est dans ce type standard de Tunisiens qui sont attirés par Daech. Pourquoi ? Parce que les facteurs culturel, religieux sont très importants pour lui, comme pour beaucoup d’autres. Les acteurs sociaux, économiques jouent un rôle. Mais ce n’est pas le plus important. Nous sommes devant un phénomène où les religieux et les culturels joueraient un rôle majeur. Et Mohamed Fahem, à travers son parcours, durant 20 ans, il a intégré cette idéologie, progressivement, c’est-à-dire on ne parle pas d’un mec qui a intégré Daech du jour au lendemain. Non. C’est un jeune qui a appris) l’idéologie salafiste jihadiste avec le temps, dans les manuels scolaires, dans la rue, en famille, après dans les mosquées, à travers ses amis. Il représente vraiment ces standards jihadistes tunisiens qui ont intégré l’Etat islamique.


    Sur le même sujet

    • Syrie

      [Reportage] Syrie: l'interminable et difficile déminage de Raqqa libérée

      En savoir plus

    • Syrie / EI

      [Reportage] Syrie: Mohamed Al Ahmed pleure son fils tué par une mine à Raqqa

      En savoir plus

    • Syrie

      Syrie: quel avenir pour Raqqa, ville libérée de l'EI mais détruite à 80%

      En savoir plus

    1. 1
    2. 2
    3. 3
    4. ...
    5. Suivant >
    6. Dernier >
    Les émissions
    Commentaires
     
    Désolé mais le délai de connexion imparti à l'opération est dépassé.