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    Affaire Habyarimana: «La justice française s'acharne», selon Olivier Nduhungiréhé

    L'attentat contre l'avion du président Juvénal Habyarimana (ici en 1982) avait marqué l'amorce du génocide contre les Tutsis. AFP

    Après la convocation du ministre rwandais de la Défense à Paris la semaine dernière par la justice française, que dit Kigali aujourd’hui ? Qu’attend Paul Kagame d’Emmanuel Macron ? « La France est un grand pays » déclare Olivier Nduhungirehe, secrétaire d’Etat au ministère des Affaires étrangères ; il répond aux questions de RFI.

    Le numéro 2 du régime rwandais, ministre de la Défense, James Kabarebe, était convoqué le 14 décembre par les juges français Jean-Marc Herbault et Nathalie Poux pour être confrontés à un nouveau témoin, qui accuse le Front patriotique rwandais (FPR) à l’origine l’attentat contre le président Juvénal Habyarimana en 1994. James Kabarebe a décliné l’invitation. Vous dites que la justice française s’acharne ?

    Olivier Nduhungiréhé : La justice française s’acharne et elle instrumentalise cette affaire en guise de distraction sur une véritable affaire qui est le rôle de la France lors du génocide contre les Tutsis. Il faut savoir que le ministre de la Défense a déjà répondu pendant de longues heures aux questions du juge Marc Trévidic à Bujumbura. Donc qu’il ne peut pas se soumettre à une confrontation avec un témoin de la dernière heure, qui s’est souvenu 23 ans après les faits, et 20 ans après le début de l’enquête qu’il était témoin direct de l’attentat. J’ajoute même qu’il n’avait même pas 18 ans lors de l’attentat contre l’avion du président Habyarimana. Donc, il est impossible pour le ministre de la Défense de jouer à ce petit jeu de manière indéfinie.

    Toutes les archives françaises sur le génocide n’ont pas été déclassifiées. C’était pourtant une promesse de l’ex-président français, François Hollande. Qu’attendez-vous exactement d’Emmanuel Macron aujourd’hui ?

    On attend d’Emmanuel Macron et du gouvernement français qu’ils collaborent avec le Rwanda sur l’établissement de la vérité concernant le rôle de la France lors du génocide perpétré contre les Tutsis au Rwanda. Le président Macron a déclaré à plusieurs reprises, y compris à Ouagadougou, que c’est un homme nouveau, d’une nouvelle génération, qui laisse les relations passées de l’Afrique avec la France dans le placard, et qu’il s’engage dans une relation nouvelle. Pour prouver cela, il est nécessaire que le président Macron collabore à l’enquête rwandaise qui avait commencé en novembre 2016. On a demandé à la France de collaborer. Mais jusqu’à présent, on n’a pas eu de réponse. Avec ce rapport, le rapport Muse, on espère que la justice française et le gouvernement français vont enfin collaborer pour que la vérité éclate, non seulement pour le peuple rwandais, mais aussi pour le peuple français et pour l’histoire.

    Vous évoquez le rapport américain d’un cabinet d’avocats américains [cabinet d'avocats Cunningham Levy Muse] pointant la responsabilité française ?

    Exactement. C’est un rapport qui reprend des documents qui sont déjà dans le domaine public. Ce sont des documents qui viennent principalement de la France, des cables diplomatiques, d’autres rapports et qui prouvent aussi s’il en est encore besoin comment la France a collaboré avant, pendant et après le génocide avec les forces génocidaires.

    Le président Emmanuel Macron en 94 était sur les bancs de l’école en short. A Paris, on veut croire effectivement que le génocide fait partie de l’Histoire (avec un grand H) pour engager de nouvelles relations avec Kigali et Paris. Que manque-t-il concrètement : des mots, un geste de la part d’Emmanuel Macron ?

    Le Rwanda ne veut pas de vengeance. Nous, ce qu’on souhaite, c’est justement bâtir des relations franches avec le gouvernement français qui est un grand pays. On ne peut pas avoir une relation, je dirais, d’hypocrisie où on s’échange les ambassadeurs tant que les choses fondamentales sont faites pour que ces relations soient établies sur des bases saines.

    Le Rwanda annonçait accueillir 30 000 migrants de Libye. Les opérations de rapatriement d’accueil ont-elles commencé ?

    Pas encore. On a écrit à la commission de l’Union africaine pour qu’on identifie les personnes qui seraient disposées à être rapatriées chez elles, mais aussi celles qui seraient disposées à venir au Rwanda.

    Donc cela va prendre du temps. Par ailleurs un accord a été conclu entre Israël et Kigali, permettant à Jérusalem d’expulser vers le Rwanda 10 000 Soudanais et Erythréens. Kigali devrait, dit-on, percevoir 5 000 dollars pour chaque réfugié. Cela fait scandale apparemment en Israël. Vous, vous cautionnez un tel accord ?

    Cela c’est ce qu’on appelle en anglais « fake news » [« fausses nouvelles »]. On est en discussion depuis trois ans, mais aucun accord n’a été adopté entre les deux pays.

    Alors cela ne n’est pas « fake news », le Rwanda est une réussite économique. Paul Kagamé a été réélu le 4 août 2017 pour un troisième mandat de 7 ans. Largement réélu. Mais paradoxe, les opposants sont réduits au silence, emprisonnés. Les militants des droits de l’homme dénoncent enfin un climat de peur généralisée ?

    C’est vrai qu’il y a quelques opposants, à l’extérieur, et la plupart d’ailleurs qui sont caractérisés par une idéologie du génocide, qui contestent le fait que le Rwanda est un pays qui a des institutions, qui a des règles démocratiques. Et le président a été élu pour un autre mandat. Il y a des personnes qui ont été arrêtées mais pour leurs faits individuels, comme Victoire Ingabire.

    La Cour africaine des droits de l’homme dit en substance que Paul Kagamé ne supporte aucune critique tout simplement sur ce dossier de madame Ingabire ?

    Les preuves les plus accablantes sont celles de son appartement aux Pays-Bas où on a établi qu’elle était en train d’organiser une rébellion armée au Congo. Et c’est la police néerlandaise qui a trouvé cet organigramme annoté de sa propre main. Donc lorsqu’on parle de Paul Kagamé dans cette histoire, je ne comprends pas ce qu’on veut dire.

    Ce qu’on veut dire, c’est qu’après sa très bonne réélection en août dernier, les observateurs politiques pensaient que la démocratie rwandaise allait enfin être apaisée.

    Mais il ne peut pas avoir d’apaisement avec la loi.

    Il existerait des centres de détention non officiels où l’armée rwandaise torture, c’est ce qu’affirme Human Rights Watch. Plus de 100 cas ont été documentés entre 2010 et 2016.

    Mais l’histoire entre Human Rights Watch et le Rwanda, vous la connaissez très bien. Le directeur de cette association, Kenneth Roth, est engagé dans une opération, disons de dénigrement de notre pays et de notre président.


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