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    J. Bittar (Mali): «Le président Toumani Touré revient au Mali les mains propres»

    Jeanmille Bittar, ex-président de la Chambre de commerce de Bamako. facebook.com/pages/Jeamille-Bittar

    « ATT », le retour. Près de six ans après le putsch de mars 2012, l'ancien président malien Amadou Toumani Touré (ATT) s'apprête à quitter son exil de Dakar et à rentrer à Bamako. De bonne source, cela pourrait avoir lieu dimanche 24 décembre, juste sept mois avant la prochaine élection présidentielle. Une simple coïncidence ? Jeamille Bittar a présidé la Chambre de commerce de Bamako. Aujourd'hui, il dirige le Mouvement citoyen ATT. En l'occurrence, « ATT » signifie également Alternance, travail et transparence. En ligne de Bamako, ce proche de l'ancien chef d'Etat répond aux questions de Christophe Boisbouvier.

    RFI : Jeamille Bittar, Amadou Toumani Touré de retour à Bamako, vous confirmez  ?

    Jeamille Bittar: Oui, on le confirme s’il plait à Dieu, c’est pour dimanche 24.

    RFI: Actuellement il habite Dakar. Il rentrera par quel avion ?

    Jeamille Bittar: Il rentrera par l’avion présidentiel du Mali.

    RFI: Et il sera accueilli par qui à l’aéroport ?

    Jeamille Bittar: Il sera accueilli par ses amis, la famille, tout le Mali pratiquement, parce que ATT, c’est quand même la famille de tout le monde.

    RFI: C’est-à-dire que vous prévoyez du monde à l’aéroport ce dimanche ?

    Jeamille Bittar: Pas seulement à l’aéroport, mais tout le long du trajet, de l’aéroport jusqu’à son domicile.

    RFI: Est-ce qu’il y aura une autorité à l’aéroport à son arrivée ?

    Jeamille Bittar: C’est obligé, parce que ce retour a été facilité quand même par l’actuel président de la République, le président Ibrahim Boubacar Keïta.

    RFI: Le président Ibrahim Boubacar Keïta sera-t-il à l’aéroport  ?

    Jeamille Bittar: Il décidera de son agenda, de toute façon les deux personnalités se verront. C’est obligé.

    RFI: Et dès ce dimanche  ?

    Jeamille Bittar: Dès ce dimanche.

    RFI: Au palais ou au domicile du chef de l’État ?

    Jeamille Bittar: Que ce soit au palais ou à Sébénikoro, ce sera à son domicile.

    RFI: Alors c’est en mars 2012 que le président Amadou Toumani Touré a été renversé par l’armée malienne qui le jugeait incompétent face aux rebelles du nord. Et depuis cette date, il vit en exil à Dakar. En décembre 2013 le procureur général de la Cour Suprême du Mali l’a accusé de haute trahison.

    Jeamille Bittar: Affirmatif. Mais le président Amadou Toumani Touré a été complètement blanchi dans cette affaire, faute de preuve. Et c’est le lieu également de remercier le président actuel de la République, qui a jugé nécessaire que toute la lumière soit faite par rapport à ce dossier. Et aujourd’hui nous pouvons dire que le président Amadou Toumani Touré retournera au Mali avec les mains propres, dans l’honneur et la dignité.

    RFI: Oui mais tout de même, une commission parlementaire mise en place par les députés en 2016 a conclu que le président Toumani Touré avait «  participé à la déstabilisation du pays en n’opposant aucune résistance à la pénétration et à l’installation des forces étrangère  ».

    Jeamille Bittar: Effectivement, mais, dans la commission de mise en accusation de l’ancien chef d’État du Mali - la fameuse commission qui était dirigée par l’honorable Abdoul Kassim Touré -, ils ont écouté pratiquement 70 personnalités, qui ont témoigné et qui ont dit qu’il n’y avait aucune preuve par rapport justement au président Amadou Toumani Touré. Donc ce dossier est classé et aujourd’hui nous pouvons vous dire que c’est avec sérénité que le président Amadou Toumani Touré rentre au pays. Contrairement à d’autres.

    RFI: Contrairement à qui par exemple ?

    Jeamille Bittar: Vous savez en Afrique, il y a beaucoup d’anciens chefs d’État qui sont poursuivis par les instances de leurs pays respectifs et je peux vous confirmer également que, n’eut été son exil, il y aurait un grand bain de sang justement au Mali à l’époque, parce que, entre partisans du président Amadou Toumani Touré et cette junte qui avait fait le coup d’État, je pense que l’histoire se raconterait autrement. Mais pour éviter tout ce bain de sang, il a accepté, avec l’implication de la Cédéao, de se rendre à Dakar.

    RFI: Voulez-vous dire qu’au moment du putsch du capitaine Sanogo, il aurait pu opposer une certaine résistance et qu’il ne l’a pas fait  ?

    Jeamille Bittar: Il ne l’a pas fait par amour pour le pays.

    RFI: Mais tous les militaires étaient passés du côté des putschistes, non ?

    Jeamille Bittar: Non je ne dirais pas, sinon cette fameuse histoire de contre coup n’allait jamais se produire.

    RFI: Le contre coup des bérets rouges ?

    Jeamille Bittar: Oui, les bérets rouges sont reconnus pour être une armée d’élite.

    RFI: Ce retour d’ATT à Bamako, est-ce une façon pour lui d’essayer de laver son honneur  ?

    Jeamille Bittar: Non, je pense que l’honneur du président ATT est déjà rétabli, parce que vous savez les hommes peuvent se fâcher, mais cela n’occulte en rien, ne diminue en rien le mérite de l’homme de la démocratie qu’est le président Amadou Toumani Touré.

    RFI: Le massacre d’Aguelhok, c’est-à-dire la mort de plusieurs dizaines de soldats tués à l’arme blanche, c’était en janvier 2012 à l’extrême nord du Mali. Comment le président ATT le vit-il aujourd’hui ?

    Jeamille Bittar: Mais tout décès d’homme, nous tous, nous le vivons avec un grand regret et, étant le premier responsable d’un pays, on ne peut pas rester indiffèrent par rapport à des fils ou des filles du pays qui succombent, c’est naturel et c’est un sentiment que nous partageons tous.

    RFI: Reconnait-il une part de responsabilité dans la mort tragique de ces soldats à Aguelhok ?

    Jeamille Bittar: Non, être président de la République, ça ne veut pas dire forcement que vous en êtes responsable, les gens décèdent à longueur de journée. Quand vous décidez de servir le drapeau, vous consacrez votre vie pour la défense du pays.

    RFI: Mais le président ATT n’a commis aucune erreur à ce moment-là ?

    Jeamille Bittar: Non, pour nous il n’y a aucune erreur qui a été commise, mais de jour en jour nous assistons à des massacres et tous ces militaires français qui sont envoyés dans les missions internationales, il y a des morts d’homme souvent, mais est-ce le président Emmanuel Macron le responsable ?

    RFI: La commission parlementaire d’avril 2016 affirme que le président Amadou Touamni Touré a « fragilisé [à l’époque] le commandement tactique de l’état-major général des armées  » et cette commission cite comme exemple les graves incidents d’Aguelhok, de Tessalit et de Ménaka.

    Jeamille Bittar: Excusez-moi, s’il s’était avéré que le président Amadou Toumani Touré était inculpé aujourd’hui, nous n’aurions pas parlé de ce dossier de retour, nous aurions parlé autrement. Nous, nous avons une idéologie politique, à savoir la gestion consensuelle du pouvoir. Et pendant les dix ans de règne d’Amadou Toumani Touré, la gestion du pouvoir a été consensuelle, il n’y avait ni opposition, ni majorité. Aujourd’hui, nous estimons que, si nous devons faire un bilan des dix ans de règne du président Amadou Toumani Touré, nous dirons que c’est positif. Et il y avait une certaine cohésion sociale.

    RFI: Est-ce que l’ancien président ATT revient en politique ? Est-ce qu’il va relancer son ex-parti ADEMA ou peut-être le PDES ?

    Jeamille Bittar: Non, le président Amadou Toumani Touré est un bon fils du pays, mais nous estimons aujourd’hui que l’heure n’est pas à cela, parce qu’il a toujours mis le pays en avant. Donc aujourd’hui, je pense qu’ATT ne vient pas pour faire de la politique, ATT vient dans un esprit surtout de réconciliation nationale. Parce que, comme l’avait si bien dit le président Ibrahim Boubacar Keïta, dans le train de la réconciliation du Mali, il y a plusieurs gares.

    RFI: Alors la gare suivante, ça sera la présidentielle de juillet 2018. ATT a 68 ans. Est-ce qu’il pourrait se présenter dans 7 mois ?

    Jeamille Bittar: ATT ne vient pas pour faire de la politique, il ne vient pas pour se présenter. ATT vient dans un esprit de réconciliation. Parce que vous savez, les plaies sont profondes souvent. Il y a des partisans de l’ancien président Modibo Keïta, il y a des gens qui sont attachés à Moussa Traoré, il y a des gens qui sont attachés à Dioncounda Traoré, même au capitaine Sonogo, et au président Alpha Oumar Konaré, etc. Chaque dirigeant a eu à collaborer avec des gens qui lui sont restés fidèles. Donc pour rassembler toute cette famille, le Mali a besoin de tout le monde.

    RFI: Dans les hommes politiques que vous citez, il n’y a ni Soumaïla Cissé, ni Tiébilé Dramé, ni Modibo Sidibé, ni Oumar Mariko…

    Jeamille Bittar: Je vais vous dire, nous ne sommes ni de l’opposition ni de la majorité. Le président ATT a des amis et dans la majorité et dans l’opposition. Notre credo, c’est que nous voulons qu’il y ait une gestion consensuelle du pouvoir. Nous ne voulons pas de clivage.

    RFI: Et est-ce que pour remercier le président IBK de lui envoyer son avion présidentiel à Dakar puis l’accueillir à Bamako, est-ce que, pour le remercier, l’ancien président ATT ne va pas naturellement le soutenir à la prochaine présidentielle  ?

    Jeamille Bittar: Vous savez, c’est au président ATT de le décider, c’est à lui de décider qui il va soutenir.

    RFI: Donc en juillet prochain, vous voterez IBK  ?

    Jeamille Bittar: (Rires) Je ne vous l’ai pas dit… Ça c’est personnel et je pense qu’en temps opportun, nous déciderons de ce que nous devrons faire.


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