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    Café: la Côte d’Ivoire maintient le prix au producteur

    Grain de café et café moulu. Adam Gault / Getty Images

    Malgré la chute des cours du robusta, la Côte d'Ivoire maintient le prix au producteur, pour ne pas décourager la culture du café

    Le café séché, décortiqué et trié sera payé 750 francs CFA le kilo au producteur ivoirien. Le prix minimum reste inchangé pour cette nouvelle campagne 2017-2018. Et ce, malgré la chute des cours du robusta, la variété de café cultivée en Côte d’Ivoire.

    Les prix mondiaux du robusta (1700 dollars la tonne, au plus bas depuis un an et demi) sont écrasés par l’énorme récolte en cours au Vietnam, premier fournisseur mondial de robusta, avec près de 27 millions de sacs (de 60 kilos).

    Rempart contre l’exode rural… et la maladie du cacaoyer

    En comparaison le million et demi de sacs de la Côte d’Ivoire est négligeable sur le marché mondial. La production a même décliné de 20 % à cause de la sécheresse, comme au Cameroun - alors qu’elle a progressé dans d’autres régions d’Afrique, en Éthiopie et en Ouganda.

    Pourtant les autorités ivoiriennes ne veulent pas abandonner le café. Interrogé, le Conseil café cacao espère que cela maintiendra les cultivateurs dans les zones rurales, alors qu’ils ont déjà souffert de la chute des cours du cacao qui se cultive dans les mêmes régions. Le caféier pourrait même, explique Christophe Montagnon, président de la société de conseil en agronomie RD2 Vision, être un rempart contre l’extension d’une maladie du cacaoyer, le « swollen shoot ».

    Doper la consommation de café local

    La Côte d’Ivoire ambitionne aussi de transformer davantage le café sur son sol. Malgré la présence de Nestlé qui a une usine de lyophilisation à Abidjan, et plus récemment du Français Touton, seuls 20 à 25 % de la production ivoirienne est transformée localement et réexportée en café en poudre. Tout le reste est exporté vert et à un prix inférieur au robusta vietnamien - pour des raisons de qualité et de goût. L’Algérie, habituée à la tonicité du café ivoirien, reste la première destination des exportations. En Europe, seuls les torréfacteurs espagnols et italiens incorporent encore un peu de robusta ivoirien dans leurs mélanges.

    Alors la Côte d’Ivoire encourage l’installation de nouveaux torréfacteurs chez elle : Ivory Blue a créé une usine de capsules, Cafés Bondin veut créer une chaîne de cafés pour doper la consommation ivoirienne de café local, une tendance que l’on observe déjà pour le chocolat ivoirien. Encore faut-il pouvoir maintenir la culture du café en Côte d’Ivoire, si ce n’est améliorer sa qualité.


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