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    Election au Liberia: «les chances de Weah assez élevées» selon Mathias Hounkpè

    George Weah, ancien footballeur international, est le favori de ce second tour de l’élection présidentielle. REUTERS/Thierry Gouegnon

    Les Libériens se rendront aux urnes mardi 26 décembre pour départager les deux candidats finalistes de l’élection présidentielle : George Weah, arrivé en tête du 1er tour avec 38 % des voix en octobre dernier, et l’actuel vice-président Joseph Boakaï, qui avait recueilli 28 % des suffrages. Le vainqueur succédera à Ellen Johnson Sirleaf qui ne pouvait se représenter au terme de ses 2 mandats. C’est la première alternance pacifique dans ce pays depuis 1944. Mathias Hounkpè, chercheur pour le think tank Osiwa, répond aux questions de François Mazet.

    RFI : A l’approche de ce scrutin, êtes-vous optimiste quant à son déroulement ?

    Mathias Hounkpè : Oui, je pense que cette fois-ci, ça va se dérouler sans problème. On a eu un peu d’inquiétude étant donné le temps que prenait la gestion du contentieux électoral, mais tout semble être en ordre maintenant pour que les élections se déroulent.

    George Weah est arrivé en tête au premier tour avec une avance confortable de 10 points. Il a aussi reçu le soutien de plusieurs caciques de la scène politique locale. Est-ce que l’élection n’est pas déjà jouée ?

    Non, c’est très difficile à dire. Les électeurs, c’est très difficile parfois de dire comment ils vont se comporter, mais je dois convenir avec vous qu’avec le soutien de certains leaders de haut niveau du parti qui est arrivé en troisième position, les chances de Weah sont cette fois-ci assez élevées.

    Et les électeurs qui avaient choisi des candidats éliminés au premier tour, est-ce que vous pensez qu’ils vont suivre les consignes de vote ? Est-ce que vous pensez qu’ils vont suivre leur instinct ou qu’ils vont rester chez eux ?

    Il est vraiment possible que des candidats dont les votes sont vraiment locaux, que leurs électeurs ne sortent pas beaucoup. Mais en dehors de cela, je pense que les électeurs vont essayer de voter utile. Pour ce que moi j’ai ressenti chez les électeurs libériens quand j’étais là-bas, je pense qu’ils ont vraiment envie d’avoir leur mot à dire. Et c’est ça qui me fait dire qu'il y a des chances pour que le taux de participation soit élevé. Mais s’ils veulent que leur vote soit utile, il n’est pas sûr qu'ils respectent nécessairement les consignes de vote, surtout pour les leaders qui se seraient alignés pour des raisons qui ne sont pas suffisamment solides.

    En tout cas, cela illustre bien le besoin de la population d’un renouvellement ?

    Absolument. Et si quelque chose va jouer davantage contre le candidat Boakaï, c’est justement qu’il est perçu comme le candidat de la continuité, puisqu’il a été le vice-président de madame Sirleaf pendant douze ans. Même s’il a tenté de couper les ponts avec elle au moment de la campagne, je ne crois pas qu’il ait suffisamment réussi. Donc cela pourrait jouer véritablement contre lui.

    Alors que George Weah, qui est évidemment une icône populaire, lui apparait comme quelqu’un de l’extérieur ?

    Exactement. Il apparaît non seulement comme quelqu’un de l’extérieur, mais il apparaît également comme quelqu’un à qui beaucoup de citoyens libérés s’identifient, comme quelqu’un venant de nulle part. Il y a beaucoup de citoyens ordinaires qui pensent que les candidats diplômés, les candidats qui sont de grosses institutions ne les comprennent pas suffisamment et ne s’occupent pas suffisamment d’eux. Et ils se disent que peut-être en élisant quelqu’un de leur propre camp, de leur condition, leur situation changera. Donc ça aussi pourrait bénéficier à George Weah.

    Joseph Boakaï a demandé le report du scrutin estimant que les anomalies constatées lors du premier tour de la présidentielle n’ont pas été corrigées, comme l’avait demandé la Cour suprême. Est-ce que la sincérité de ce second tour peut être remise en cause ?

    Non, ça m’étonnerait. En réalité, le recours de Brumskine [Charles-le candidat du Liberty Party (LP)] auquel Boakaï s’est associé a été rejeté dans sa demande principale d’annulation du premier tour parce que la cour était déjà arrivée à la conclusion que les insuffisances ne suffisaient pas pour justifier l’annulation des élections. Donc de mon point de vue, je ne suis pas sûre qu’il pourrait avoir des éléments suffisamment solides pour contester de façon crédible parce qu’il pourrait toujours contester. Mais ça m’étonnerait que, si jamais la commission électorale gérait correctement le deuxième tour, si les bureaux de vote fonctionnaient exactement comme il fallait, la centralisation des résultats, ça m’étonnerait qu’ils puissent avoir des éléments valides de contestation. Mais cette fois-ci, je pense que les élections vont se dérouler et que tout devrait aller sans beaucoup de difficultés.

    Est-ce que cette élection va marquer un tournant dans l’histoire du pays ?

    Oui, de mon point de vue, ça va marquer un tournant. D’abord parce que c’est la première fois que de par les élections, un autochtone serait élu président de la République. C’est toujours les Afro-Américains qui sont normalement très minoritaires qui avaient toujours la présidence de la République. De mon point de vue, c’est quand même un tournant important.

    Cette fracture est toujours pertinente aujourd’hui ?

    Elle est encore pertinente dans le Liberia d’aujourd’hui. Il suffit d’aller à Monrovia, de parler aux citoyens ordinaires. Et vous voyez que cette ligne de fracture demeurent une ligne importante d’appréciation du comportement des acteurs, d’appréciation des acteurs eux-mêmes. Donc quelque chose va changer quand même dans le Liberia, ne serait-ce que de ce fait là.

    Quelle sera la principale mission du futur président ? Est-ce que ce sera consolider encore la paix ou développer l’économie ?

    Je crois qu’il aura besoin des deux. D’abord peut-être, et avant tout, disons que tous les sondages sur le Liberia depuis plusieurs années montrent que la lutte contre la corruption devient un élément important. Madame Johnson-Sirleaf a reconnu qu’elle a échoué en matière de lutte contre la corruption. Elle a reconnu elle-même qu’en matière d’éducation, elle n’a pas réussi. Des sondages montrent qu’aujourd’hui au Liberia, les citoyens ont le sentiment qu’ils ne sont pas égaux devant la loi, qu’il y a des gens qui bénéficient de traitements de faveur par rapport à d’autres. Il y a des problèmes de cette nature qui sont des problèmes sérieux auxquels le nouveau président est tenu de s’attaquer s’il veut redonner de l’espoir aux jeunes Libériens qui sont en très grand nombre et qui sont très impatients.


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