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    Tibet: l'acculturation passe par la répression des activités religieuses

    Pékin assimile la défense l'usage de la langue tibétaine à un acte séparatiste. Le jeune Tashi Wangchuk en a fait les frais. Arrêté il y a deux ans, il risque 15 ans de réclusion (photo d'illustration). MONEY SHARMA / AFP

    Développement économique et acculturation vont-ils de pair dans les régions autonomes tibétaines ? C'est ce que dénonce la députée du Parlement tibétain en exil Dolma Tsering Teykhang, de passage à Paris à la fin de l'année. RFI l'a rencontrée.

    Dans les régions autonomes tibétaines, l'acculturation passe par la répression des activités religieuses. Le sort de l'institut bouddhiste de Larung Gar en donne un exemple. Fondé en 1980 dans la province du Sichuan, ce centre d'enseignement de renommée internationale avait accueilli jusqu'à près de 10 000 apprentis moines et nonnes, dans une ville d'environ 40 000 habitants.

    En 2016, officiellement pour des raisons de sécurité, de protection contre les risques d'incendie et de modernisation, les autorités chinoises décident de réduire la population religieuse de Larung Gar à 5 000 personnes et détruisent une partie des traditionnelles maisons roses imbriquées à flan de colline.

    « Ça a été un prétexte pour faire partir les nonnes. C'est le plus grand centre d'enseignement du bouddhisme au monde, et cela montre bien que la Chine a un problème avec le bouddhisme. Ils considèrent la religion comme le ciment de l'unité des Tibétains, qui leur donne le courage de continuer à se battre pour leur identité tibétaine », nous explique Dolma Tsering Teykhang.

    Cinq cents nonnes envoyées en rééducation

    « L'étendue des destructions est énorme, ajoute-t-elle. Au début, ils ont commencé à détruire eux-même, ils ont amené beaucoup d’engins de terrassement, et puis à un moment donné ils ont dit aux gens : "Si nous procédons aux démolitions, vous ne garderez rien, donc il faut que vous démolissiez vous-même vos maisons si vous voulez pouvoir garder ce que vous possédez." Voilà quelle est la situation. »

    Les chiffres varient mais plusieurs milliers de religieux ont été éloignés de Larung Gar, en échange parfois d'une compensation financière. Et ils ont été soumis à des obligations particulières, explique Dolma Tsering Teykhang :

    « Cinq cents nonnes, par exemple, ont été éloignées de la région et envoyées en rééducation patriotique. Nous avons vu des vidéos sur lesquelles ces nonnes chantent des hymnes de loyauté au communisme. Ce à quoi elles ont été forcées. Au Tibet, pour entrer dans un monastère, le premier critère c'est qu'il faut avoir montré sa loyauté au régime communiste. »

    « Il faut être enraciné dans sa propre langue »

    Agée de 61 ans, Dolma Tsering Teykhang est enseignante. Elle a travaillé pendant plus de 26 ans en Inde dans des écoles tibétaines.  Au-delà son aspect religieux, l'acculturation des jeunes Tibétains commence par l'éducation et la langue. « Les autorités chinoises découragent l’enseignement du tibétain et imposent celui du mandarin », confie-t-elle.

    Et d'ajouter : « Ceux qui maîtrisent le mandarin sont favorisés pour obtenir un emploi ou profiter des opportunités qui s'offrent à eux au Tibet. La Chine favorise le mandarin pour procéder à un lavage des cerveaux. On donne aux enfants des repas et des vêtements gratuits à l’école élémentaire, on leur enseigne une histoire déformée du Tibet, comme étant partie intégrante de la Chine, et à l’âge de l’enseignement secondaire, ces jeunes sont envoyés à l'intérieur de la Chine, où ils oublient leur langue, où ils sont transformés. »

    « Apprendre les langues étrangères, c’est bien, c’est avoir plusieurs cordes à son arc, mais il faut être enraciné dans sa propre langue, c'est essentiel. La Chine, au moyen de l’éducation, pousse les jeunes au déracinement, à l’acculturation, et en même temps produit des Tibétains loyalistes au régime chinois, à qui elle accorde une promotion sociale », considère l'enseignante.

    « Que ce soit les affaires, l’éducation, tout est fait pour les Chinois de l'ethnie han. Les Tibétains n'ont droit qu’à un traitement de seconde zone. Ils sont méprisés, parce quand ils ne sont pas loyaux à la propagande chinoise, les Chinois disent qu'ils se dorent au soleil du socialisme. Mais ici, ce qu'on voit, c'est qu'il y a des gens qui continuent de s'immoler. »

    Le jeune Tashi Wangchuk attend son procès

    Pékin assimile la défense de la langue tibétaine à un acte séparatiste. Le jeune Tashi Wangchuk en a fait les frais. Cet entrepreneur de 30 ans, défenseur de la culture tibétaine, réclamait un enseignement bilingue dans les écoles des provinces autonomes tibétaines. Arrêté il y a deux ans, inculpé pour incitation au séparatisme, il attend son procès en prison et risque quinze ans de réclusion.


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