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    Harcèlement: Theresa May rappelle à l’ordre ses ministres

    La Première ministre britannique Theresa May. REUTERS/Toby Melville

    Après le scandale de harcèlement sexuel qui a secoué la classe politique fin 2017, la Première ministre britannique a prévenu cette semaine son cabinet que le code de conduite ministériel venait d’être modifié et que tout comportement inapproprié serait sanctionné. Pour certains, cette modification est une manière détournée de reconnaître qu’avant cette libération récente de la parole, un comportement déplacé était toléré à Westminster.

    Lorsque le scandale a éclaté en Grande-Bretagne, dans le sillage des révélations de l’affaire Weinstein, les responsables politiques ont reconnu avoir longtemps préféré ignorer le problème et minimiser les conséquences du comportement abusif de certains parlementaires. Theresa May n’avait pas caché son embarras, sa colère et sa détermination à rappeler à l’ordre la classe politique. Dans les faits, les accusations de harcèlement sexuel et de comportement déplacé ont fait tomber plusieurs têtes au sein du gouvernement : le ministre de la Défense Michael Fallon a dû démissionner en novembre après avoir été accusé d’avoir posé une main sur le genou d’une journaliste au cours d’un dîner en 2002. Quelques semaines plus tard, le vice-premier ministre, Damian Green, proche de Theresa May, a également été forcé de prendre la porte après avoir menti au sujet d’images pornographiques découvertes sur son ordinateur parlementaire. De nombreux autres députés ont aussi fait l’objet d’une enquête pour conduite inappropriée, conduisant les dirigeants de tous les principaux partis politiques à promettre d’introduire de nouvelles garanties pour le personnel parlementaire.

    De nouvelles règles dans le code de conduite ministériel

    Le nouveau code précise pour la première fois que « tout comportement inapproprié, d’intimidation, de harcèlement ou de discrimination entraînera des sanctions » et les ministres pourront tout simplement perdre leur poste. Parallèlement, la présidente du Parlement, la députée conservatrice Andrea Leadsom, travaille depuis plusieurs mois avec un groupe de travail des différents partis composant le parlement pour mettre en place fin janvier un nouveau système de plainte dans l’espoir de changer la culture à Westminster, depuis longtemps accusée d’être machiste. Une ligne d’assistance téléphonique qui est déjà à la disposition du personnel parlementaire va être étendue et le soutien apporté aux victimes renforcé. Pour finir, la nouvelle procédure devrait entraîner des sanctions plus sévères comme la suspension ou le renvoi des députés mis en cause.

    Des réactions mitigées au sein du Parlement

    Dans l’ensemble, les parlementaires ont fait savoir que les règles ajoutées à ce code ministériel qui existe depuis les années 90, auraient pu aller plus loin. Ces règles, révisées le plus souvent lorsqu’un nouveau scandale éclate, ont été critiquées par un syndicat représentant les employés de la fonction publique. En effet, le texte ne précise pas qui sera chargé d’enquêter à l’avenir sur des accusations, et le syndicat craint un système manquant de transparence et d’indépendance qui ne protègera pas les employés victimes d’abus et ne les incitera pas non plus à dénoncer un comportement déplacé. D’autant que même après avoir été contraints à la démission, les ministres resteront députés et pourront continuer à s’asseoir sur les bancs du Parlement et pourront faire traîner la procédure contre eux puisqu’une autre structure sera chargée des plaintes contre les députés.


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