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    Agnès Varda à l'honneur du festival Premiers plans d’Angers

    La réalisatrice française Agnès Varda, le 11 novembre 2017 à Los Angeles. REUTERS/Mario Anzuoni

    Cinéma aujourd’hui avec notre invitée culture Agnès Varda. A 89 ans, c’est la doyenne du cinéma français. Elle a fait des films impérissables comme Cléo de 5 à 7 ou Sans toit ni loi, elle est aussi plasticienne et photographe. Le festival Premiers plans d’Angers (du 12 au 21 janvier) lui rend hommage.

    RFI : le Festival Premiers Plans est le festival des premiers films, des premiers courts métrages des jeunes cinéastes… Le fait que ce festival vous rende hommage, est-ce aussi une façon de parler de votre éternelle jeunesse d’Agnès Varda ?

    Agnès Varda : Surtout pas éternelle jeunesse. Non ! Vieillesse vivace  ! C’est ça qu’il faut dire. Vieillesse vivace, cheveux à deux couleurs, pour rigoler… Bonne humeur, quoi qu’il arrive. Parce que, les vieux qui râlent et les vieux qui parlent de leur maladie, pour moi c’est le cauchemar. Donc il faut être un vieux simplement décent.

    J’ai revu vos premiers films ici et ce qui me frappe c’est que, depuis toujours, il y a une vraie liberté. Il y a quelque chose de très léger, de très ludique dans vos films. C’est là votre caractère ?

    Non, parce qu’il faut avoir de la tristesse et de la mélancolie. Mais ce qu’on propose aux gens… Il faut partager quelque chose. La preuve, c’est qu’on est si content quand il y a du monde dans les salles ! Moi, quand je suis applaudie, ça me fait très plaisir.

    Vous avez été très, très chaleureusement applaudie quand vous avez reçu un Oscar d’honneur. A Hollywood ! C’était en novembre dernier. Qu’est-ce que vous avez ressenti au moment de monter sur le podium ?

    Oh ! Vous savez, là… Je ne suis pas timide. Donc ça, ce n’est pas un problème. Ce que j’ai ressenti c’est qu’il y avait devant moi le monde d’Hollywood. Il n’y avait que des stars et des gens qui représentent des sommes énormes d’argent. Cela veut dire qu’il y a de la place pour le cinéma « courageux ». Il y a de la place pour le cinéma marginal. Cela veut dire qu’ils sont contents de me voir. Donc, ils sont contents de voir mes films.

    Est-ce que ce n’était pas aussi un peu un acte de féministe de donner un Oscar à Agnès Varda ?

    Ce n’est pas nouveau pour moi le combat. Le combat continue. Le féminisme, ça a gagné beaucoup, beaucoup. Il y a beaucoup de réalisatrices, beaucoup de techniciens. Ça a changé depuis que je suis jeune. Mais le combat pour les mentalités… Il y a du boulot.

    Est-ce que vous pensez qu’on vit un moment crucial du féminisme ?

    On vit un moment de société. Un moment de société, parce que ce n’est pas le féminisme, c’est la conscience, maintenant, qui est mise en éveil chez les hommes et chez les femmes. Je pense que la crise actuelle va secouer beaucoup, autant les hommes que les femmes. Et c’est bien, il faut qu’il y ait des crises.

    Il y a des excès affreux, pas justes, mais on secoue la société en disant : les hommes se comportent mal avec les femmes. Et les femmes ont trop souvent accepté. Je suis une femme qui a toujours été en colère. Je n’ai pas été agressée parce qu’il y a des femmes qu’on ne peut pas agresser. Même quand j’étais mignonne et jeune. Non, parce que vous avez aussi une attitude. Mais il y a des femmes qui sont plus faibles, qui ont envie de séduire, qui ne se rendent même pas compte des degrés de danger, si j’ose dire.

    Mais justement, cette lettre qui a été signée par cent femmes - dont Catherine Millet et Catherine Deneuve - qui dénonce en fait le puritanisme, qui est antiféministe, d’une certaine façon…

    C’est compliqué. Je ne sais pas si elles ont eu raison de faire cette lettre, de même que je ne sais pas si les autres ont eu raison de... Il ne faut pas que ça devienne la lutte des sexes.

    Qu’est-ce que vous avez envie de leur répondre, à ces femmes  ?

    Je ne réponds pas. Quand on fait signer des gens connus, cela devient de nouveau un acte de mondanité. Ce qui est intéressant, ce serait que 500 femmes – des ouvrières, des travailleuses et des femmes chics – que toutes ensemble, fassent un texte. Mais quand c’est des gens connus, ça redevient un acte de publicité. Je suis contre la publicité, contre l’exagération.

    Justement, je suis féministe et depuis toujours. Tout ce qui a avancé, on l’a fait avec des hommes. Ce qu’il ne faut pas, c’est qu’il y ait cette complicité des hommes entre eux. Justement Weinstein… Il y a eu un truc très intéressant. Le cinéaste Tarantino, il a dit… Quand je pense que je le connais depuis longtemps, je l’aime beaucoup… J’étais au courant de tout ça. Je ne lui ai rien dit à lui, je n’ai rien dit aux autres. Et je m’en veux. C’est-à-dire que si on comprend qu’il ne faut pas être complice de ceux qui agissent mal, il ne faut pas être complice de tout ce qui bouscule la société. Mais on ne peut pas être puritain non plus. C’est rigolo de séduire, c’est rigolo d’aimer… Et ça reste un moteur extraordinaire pour les hommes et les femmes !

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