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    A la Une: les fonctionnaires en grève au Bénin

    Des opposants au président Talon marchent à Cotonou, Bénin, le 22 juin 2017. Yanick Folly / AFP

    « Grève générale : une journée sans vie hier dans l’administration et les établissements », constate La Nouvelle Tribune à Cotonou. « Le constat est ahurissant », lance le journal. Le mouvement est en effet suivi partout dans la fonction publique : ministères, hôpitaux et écoles.

    A l’origine de la contestation : les récentes lois votés par les députés qui suppriment le droit de grève aux membres des corps de la santé, de la justice, de l’enseignement, ainsi qu’aux douaniers et aux gendarmes.

    Du coup, « le climat socioprofessionnel se crispe », relève le site d’information Afrique sur 7. « Si les syndicats de santé et les magistrats ont déjà démarré un mouvement de grève depuis le 8 janvier dernier, les fonctionnaires n’entendent plus garantir le service minimum au Bénin pendant 72 heures. (…) Les syndicats estiment s’être fait gruger par les autorités béninoises, précise le site. 'Le Gouvernement n’a pas répondu à nos revendications et en plus, il veut nous priver du droit de protester. Cela est inacceptable', a déclaré un membre de la Fédération des syndicats de l’éducation nationale. Avec les menaces syndicales qui fusent de toutes parts, le Président Patrice Talon devra faire face à une série de grèves dans les jours à venir, pointe encore Afrique sur 7. La question qui taraude tous les Béninois actuellement est de savoir si la Cour constitutionnelle va approuver ces textes controversés. La Cour qui pourrait se prononcer avant la fin de la semaine, d’après des sources concordantes. »

    Effet domino ?

    Attention, pointe pour sa part La Tribune Afrique, « le pays risque d'être paralysé par cette grève à effet domino qui s’étend dans les syndicats comme un feu de forêt. Difficile d’évaluer avec exactitude le coût économique de la grève. Mais nul besoin de résoudre des équations compliquées pour avancer que l’économie béninoise risque de prendre un sérieux coup d’arrêt. »

    La Tribune Afrique qui relève également « l’intransigeance de Patrice Talon qui négocie au forceps tous les imbroglios sur le front social au Bénin. Jusque-là, le gouvernement béninois n’a donné aucun signe d’apaisement depuis les premières menaces des syndicats de faire grève. »

    En effet, confirme Aujourd’hui au Burkina, « bien que les syndicats soient sur ses talons, le président béninois semble décidé à tenir bon. Non seulement le président milliardaire béninois n’hésite pas à congédier son gouvernement et à en former un nouveau, mais face aux magistrats, il a décidé d’engager le bras de fer, à ses risques et périls. (…) Et Patrice Talon semble être décidé à aller jusqu’au bout de sa logique : l’ex-magnat du coton, milliardaire devenu président, veut régenter le pays comme un PDG dirige sa boîte. » Et Aujourd’hui de s’interroger : « réussira-t-il ? Son intransigeance résistera-t-elle à la détermination des syndicats ? Les populations, principales 'victimes' de ce bras de fer, vont-elles rester longtemps bouche-bée à regarder cette guerre ? Et finalement, est-ce que l’Assemblée nationale s’en laissera conter au point de vouloir faire un rétropédalage, question de sauver l’exécutif ? Rien n’est moins sûr. En tous les cas, conclut le quotidien ouagalais, c’est la première contestation majeure de l’autorité du nouveau président béninois (…). Il faut maintenant espérer une issue heureuse et rapide avec le moins de pots-cassés possibles. »

    Dialogue au Togo ?

    A la Une également, la crise politique au Togo voisin… Crise qui se poursuit depuis début septembre entre pouvoir et opposition.

    « Peut-on encore croire au dialogue ? », s’interroge Wakat Séra. En tout cas, « l’espoir renaît pour le retour sous l’arbre à palabres à Conakry, estime le site burkinabé, où le président guinéen, Alpha Condé, qui a rencontré les opposants, essaiera de jouer son va-tout pour rabibocher les parties en conflit. Lui-même ayant été persécuté pendant longtemps pas les régimes de Sékou Touré et Lassana Conté, Alpha Condé saura-t-il puiser dans sa grande besace d’ancien opposant historique pour renouer le fil du dialogue entre opposants et pouvoir ? Le challenge est de taille pour le président de l’Union africaine qui tentera de sauver le soldat Faure des griffes acérées d’opposants déçus et persuadés que seule la pression de la rue et non la force des urnes, décidera de l’alternance au Togo. »

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